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Québec confiera le stockage des données publiques au privé

Le gouvernement caquiste souhaite également se diriger vers l’infonuagique publique, gérée par des joueurs comme Amazon, Google, ou encore Microsoft. Photo: Radio-Canada
Delphine Jung

Le gouvernement du Québec a annoncé lundi le regroupement des 457 centres de traitement informatique (CTI) au sein de seulement deux centres de grande surface, et ce, sur une période de trois ans. Du même coup, l'État veut transférer 80 % de ses données à des services d'hébergement en ligne privés, comme ceux d'Amazon, de Google ou encore de Microsoft.

Cette centralisation doublée d'une dématérialisation devrait permettre de réaliser des économies de l'ordre de 100 millions de dollars, affirme Québec, qui souhaite également améliorer les services offerts.

« Nous sommes […] fiers de respecter notre engagement d'entamer la consolidation des CTI du Québec, mais aussi de prendre le virage vers l'infonuagique publique, tout comme l'ont fait les leaders mondiaux en transformation numérique », a expliqué Éric Caire, ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, lors d'un point presse, lundi.

Ces CTI recueillent et conservent les données que le gouvernement utilise pour offrir des services aux citoyens. Le projet de centralisation doit se dérouler en deux phases.

Image représentant des branchements de câbles de réseautage dans un périphériqueCâbles de réseautage dans un périphérique Photo : iStock

« Nous souhaitons qu’au moins 80 % de nos données soient envoyées en infonuagique publique, c’est un minimum », a dit M. Caire, en parlant du recours à de l'hébergement privé.

Les 20 % de données restantes devraient être stockées dans des serveurs du gouvernement du Québec.

Le but est « d’améliorer l’efficience du gouvernement, de mieux servir la population et d’innover dans la gestion de l’État. Ce projet va permettre de réduire les coûts associés à l’exploitation de ces centres et de réduire nos dépendances aux ressources externes en étant moins dispersé », a poursuivi M. Caire.

Le coût de la première phase du projet est estimé à 150 millions de dollars, a-t-il précisé.

À plus long terme, ces économies permettront de « récupérer plus que les investissements initiaux et de sauver des sommes très importantes pour l'avenir », a ajouté le ministre délégué.

Le fait que les CTI ne soient pas regroupés entraîne des coûts élevés, qui « privent le développement de projets informatiques plus utiles pour la population », a-t-il encore déclaré.

D’après lui, certains de ces centres ne respectent pas les normes établies : les entrées ne sont pas protégées, tous les espaces ne sont pas ventilés pour éviter les surchauffes, etc.

Protection des données personnelles

Le stockage de données par de grandes entreprises privées suscite toutefois certaines inquiétudes, notamment parce que la plupart de leurs serveurs sont installés aux États-Unis.

Or, certaines associations de défense de la vie privée ne recommandent pas ce genre de service en raison des programmes de surveillance des États-Unis.

Interrogé à ce sujet, M. Caire a rappelé qu’Amazon détient des serveurs au Québec, notamment à Varennes.

Il a indiqué que le gouvernement allait « s’assurer que nos données ne seront pas stockées à l’étranger ».

Plus « concret » que les libéraux

L’ancien président du Conseil du Trésor, Pierre Arcand, avait déjà annoncé la centralisation et le stockage des données pour permettre de réaliser des économies.

Le gouvernement libéral estimait que ces économies représenteraient 300 millions de dollars sur 10 ans.

« On est arrivés et il n’y avait rien. Il y a eu une annonce [de la part du gouvernement précédent], mais il n’y avait pas d’analyse, pas de projection. On s’en allait dans le brouillard le plus total. Nous, on a planifié un projet, on l’a chiffré, c’est du concret », a rétorqué M. Caire pour se démarquer du gouvernement précédent.

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