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Des épiceries de quartier et de proximité vivantes à Sherbrooke

Des liens se tissent avec les clients réguliers.
Des liens se tissent avec les clients réguliers. Photo: Radio-Canada
Mylène Grenier

C'est un lieu pour faire ses emplettes, mais c'est aussi un lieu d'échanges et de sourires où des liens solides se tissent entre les clients et les propriétaires. Bienvenue dans votre épicerie de quartier!

Véronique et Stéphane Quintal ont grandi dans les allées d'une épicerie. Leurs parents ont ouvert La Récolte de Fleurimont il y a environ 40 ans, à Sherbrooke. Le duo a pris le relais il y a 20 ans.

Ma soeur et moi, quand on était petits, on faisait des petites caisses de pommes et on vendait des petites pommes. On n'était pas vieux, lance tout sourire Stéphane Quintal. J'ai commencé à faire de la caisse à huit ans. Là, j'ai ma fille qui a six ans et demi et elle commence à faire de la caisse, ajoute Véronique.

Véronique et Stéphane Quintal, copropriétaires de La Récolte de FleurimontVéronique et Stéphane Quintal, copropriétaires de La Récolte de Fleurimont Photo : Radio-Canada

Ce qu'ils aiment, c'est le contact avec les gens. On leur demande comment ça va. On connaît un peu leur vie, c'est le fun, ajoute la mère de famille.

C'est par ailleurs cette proximité qui permet aux épiceries de quartier de se démarquer des grandes chaînes. Elles misent sur leur présence, la qualité, mais aussi sur des produits maison. Une recette qui semble porter ses fruits auprès des clients qui viennent parfois de deux à trois fois par semaine.

Les grandes surfaces, il va toujours y en avoir. Mais de petites épiceries de quartier comme ça, c'est plus personnalisé. C'est sympathique ici, c'est une famille qui l'opère, le père est toujours là. On s'encourage mutuellement, raconte le restaurateur Robert Fortin. Il achète ses produits depuis deux ans à cette épicerie.

La Récote de Fleurimont n'est pas la seule épicerie de quartier à Sherbrooke. Il n'existe toutefois pas de nomenclature propre à ce type de commerce.

Il existe des épiceries qu'on pourrait qualifier de quartier, mais on a tendance, à Commerce Sherbrooke, à y inclure les commerces d'alimentation spécialisés, boulangerie, boucherie, pâtisserie, poissonnerie. Souvent, ces commerces sont localisés au coeur des quartiers, sur des artères commerciales. Ils peuvent faire venir de la clientèle de l'ensemble de la ville, explique le directeur général de Commerce Sherbrooke, Charles-Olivier Mercier.

Charles-Olivier Mercier, directeur général de Commerce Sherbrooke et Pro-Gestion EstrieCharles-Olivier Mercier, directeur général de Commerce Sherbrooke et Pro-Gestion Estrie Photo : Radio-Canada

Centième anniversaire

En Europe, des milliers de consommateurs participent au défi « Février sans supermarché ». L'initiative, qui en est à sa troisième année, est née pour encourager les commerces indépendants et redécouvrir les épiceries de quartier.

Le mouvement fait du chemin jusqu'ici. Le Marché Prospect, épicerie indépendante sous la bannière Axep, a partagé l'information sur sa page Facebook tout en modifiant un peu le message. Je ne suis pas prête à dire "pas de supermarché". Je préfère y aller plus positif puis encourager nos épiceries de quartier, nos produits locaux, explique la gestionnaire, Sabina Kapetanovic.

Son conjoint et elle habitent le quartier Vieux-Nord à Sherbrooke. L'occasion d'acheter le Marché Prospect s'est présentée et le couple l'a saisie. Le début de l'histoire d'amour avec ce petit commerce a commencé il y a près de trois ans.

Les clients, je les connais souvent par leur nom, je connais leurs préférences. Ils viennent à la caisse, je sais ce qu'ils veulent. Un produit qu'on a reçu un lundi et je sais que madame Gagnon le veut, je peux dire en la voyant rentrer "Madame Gagnon, on a reçu ce que vous cherchiez". Ça, ça fait vraiment chaud au coeur, ajoute Mme Kapetanovic.

Sabina Kapetanovic, gestionnaire Marché ProspectSabina Kapetanovic, gestionnaire Marché Prosect Photo : Radio-Canada

C'est comme la quincaillerie à côté, c'est la vie. On rencontre les amis, les voisins et ils ont un service incroyable, je trouve toujours, enfin souvent ce dont j'ai besoin, raconte Franck Meunier.

On ne se dit pas qu'on est une épicerie ou tout le monde va faire sa grande épicerie ici. On comprend qu'avec les prix, avec les familles, les gens vont ailleurs. Par contre, le soir ou ils ont besoin d'un petit dessert, de lait ou de café, ils viennent ici et ils repartent avec des produits qu'ils ne connaissaient pas ou peu importe, souligne Sabina Kapetanovic.

Le marché fêtera ses 100 ans en 2020.Le marché fêtera ses 100 ans en 2020. Photo : Radio-Canada

Le marché fêtera d'ailleurs son centième anniversaire en 2020. Mme Kapetanovic raconte que les gens du secteur ont à coeur l'épicerie de quartier et l'appelle encore « le Marché Vallée », son nom il y a plusieurs années.

Dix-huit employés travaillent dans ce commerce et certains sont aussi fidèles que les clients, dont Michaël et Jean-Pierre, qui y travaillent respectivement depuis 30 et 22 ans.

Tendance?

Au cours de la dernière année, cinq dossiers en lien avec des commerces d'alimentation spécialisés ont été traités par Commerce Sherbrooke et Progestion Estrie, une entreprise à but non lucratif qui accompagne les entrepreneurs.

Ça doit provenir d'une tendance qu'on a remarquée aussi où le consommateur veut encourager des commerces de proximité, de son quartier, des commerces indépendants. Il se préoccupe beaucoup de sa santé, celle des autres, et préfère petit à petit des commerces qui génèrent moins de déchets, conclut le directeur général de Commerce Sherbrooke, Charles-Olivier Mercier.

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