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La quête du bien-être pour donner un sens à sa vie

Un homme médite les jambes croisées et les mains jointes dans une classe de yoga.
La pratique d'activités de pleine conscience comme le yoga réduit les symptômes d'anxiété et de dépression. Photo: iStock / Rawpixel Ltd
Carolle-Anne Tremblay-Levasseur

La bourse a chuté, il a perdu son emploi et sa vie a basculé. En 2008, Érik Giasson a fait une dépression. Comme des milliers d'autres, il s'est mis à la recherche du bonheur grâce au yoga et à la pratique spirituelle. La quête du bien-être : la solution ou la conséquence?

Cette connexion avec soi-même, les entreprises de bien-être offrent de la rétablir. Les applications comme Breathe, Calm ou Headspace suggèrent des périodes de méditation quotidienne. Des voyages de yoga aux quatre coins de la planète proposent aux participants un apprentissage aussi spirituel que physique.

Toute la journée, je reçois des courriels et des appels de gens qui ont des vies remplies de réussites d’un point de vue social : une grosse maison, un conjoint, des enfants, de l’argent… et ils ne sont pas nourris.

Érik Giasson, maintenant yogi et copropriétaire des studios de yoga Wanderlust, à Montréal

Selon lui, ces personnes cherchent une seule et même chose, la connexion.

Érik Giasson et Geneviève Guérard sourient à la caméra. Érik Giasson et Geneviève Guérard sont propriétaires des studios de yoga Wanderlust à Montréal. Photo : Studio Wanderlust Montréal

« Quand on est uniquement dans sa tête, on est toujours à une plusieurs pensées… plusieurs peurs de la vie : on n’est pas connecté à sa vie. Il y a un filtre entre nous et notre vie. » - Érik Giasson

Le plaisir de bouger

Le Mouvement HappyFitness organise des retraites tropicales et des week-ends où les participants sont invités à délaisser leur appareil mobile pour « encourager les vrais échanges avec de vraies personnes ».

Nos corps sont faits pour bouger le plus possible. On s’est bâti un mode de vie qui nous force à l’immobiliser pendant plus de huit heures par jour. En soi, c’est un problème.

Chloé Rochette, fondatrice du Mouvement HappyFitness

Selon elle, le sentiment de bonheur doit tenir une place importante dans les activités qui y sont liées, sinon elles deviennent des corvées.

Chloé Rochette entend insuffler du plaisir dans la pratique du sport. Pour elle, l’activité physique doit procurer un bien-être psychologique.

C’est pourquoi l’industrie du bien-être propose, selon elle, un exercice bénéfique : celui d’analyser son mode de vie et de cerner les changements à apporter, le cas échéant.

Ce n’est pas parce qu’on dit dans un magazine d’aller faire du CrossFit que ça va être la solution pour toi. Est-ce que quand tu vas au CrossFit tu te sens bien? Est-ce que ça t’apporte du bonheur? Est-ce que quand tu sors de là tu es fier de toi?

Chloé Rochette

La science de la pleine conscience

La pratique de la pleine conscience consiste à retenir son attention sur une seule chose comme la respiration, observer les moments de distraction de l’esprit et les éliminer, puis se concentrer à nouveau.

Cette activité est étudiée depuis près de 30 ans, explique Nancie Rouleau, professeure titulaire à l’École de psychologie de l’Université Laval.

On peut considérer aujourd’hui que la pratique de la pleine conscience réduit l’anxiété et les symptômes dépressifs, mais aussi retarde les rechutes de dépression pour les personnes qui font des dépressions chroniques, ce qui est un gain clinique très important.

Nancie Rouleau

Elle voit d’un bon œil la popularité de la pleine conscience qui agit comme méthode complémentaire pour améliorer le bien-être.

Maintenant intégrée dans des thérapies psychologiques, la pleine conscience peut s’articuler autour de périodes de méditation, de yoga ou encore de toutes activités contemplatives.

C’est dans l’intérêt de tous de prendre le temps de s’approprier son moment présent et ainsi de se procurer une plus grande qualité de vie.

Mme Rouleau, présentement professeure invitée à l’Université de Harvard au Center for Mindfulness and Compassion

Toutefois, elle prévient que la science n’a pas encore évalué tous les effets potentiellement négatifs de cette pratique.

Le risque de la prison dorée

L’équilibre doit rester roi, explique Érik Giasson. Dans la vie quotidienne, la quête du bien-être ne s’articule pas autour d’obligations strictes et écrasantes.

Il ne faut pas que ça devienne des prisons dorées. Moi, j’ai essayé de faire ça pendant deux ans… la barbe, la robe, les colliers dans le cou, le végétarisme, pas d’alcool, pas de sexe. Ce n’est pas vrai. Tu ne fais pas place à ton côté humain.

Érik Giasson

Mme Rouleau ajoute qu’une personne désirant en apprendre davantage sur la pleine conscience doit se tourner vers des cours certifiés et un enseignant détenant une expertise dans ce domaine. Ce n’est pas toute l’offre de services en pleine conscience qui a été étudiée et approuvée pour ses bienfaits.

On sait par exemple que la personne qui va enseigner la pleine conscience est un déterminant important dans l’efficacité de l'exercice.

Nancie Rouleau

L’enseignant doit pratiquer la méditation depuis longtemps et détenir une formation approuvée, sinon les effets restent limités, soutient-elle.

Elle explique que la méditation et les activités de pleine conscience ne constituent pas une solution à tous les maux en santé mentale. Il est primordial d’évaluer ses besoins avec des professionnels de la santé, et ainsi opter pour les formes de thérapies appropriées.

Art de vivre