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D'ex-ministres de l'Environnement demandent à Legault d'appuyer le Pacte pour la transition

La cheminée d'une usine émet de la fumée.
L’activité industrielle des humains pollue l’atmosphère, ce qui a des répercussions en série sur le climat. Photo: iStock / starekase
Delphine Jung

Six anciens ministres de l'Environnement du Québec demandent dans une lettre au gouvernement Legault d'adopter la proposition de projet de loi sur le climat soumise en décembre par le metteur en scène Dominic Champagne.

Clifford Lincoln, Lise Bacon, Paul Bégin, Thomas Mulcair, Daniel Breton et Isabelle Melançon favorisent l'adoption dès maintenant par l'Assemblée nationale du projet de loi visant à assurer le respect des obligations climatiques du Québec.

Yves-François Blanchet, qui a été ministre de l’Environnement, appuie également les principes de ce projet de loi, mais s’abstient de le signer, puisqu’il est récemment devenu chef du Bloc québécois.

Dans cette déclaration, les signataires affirment que « tout en donnant force de loi aux cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre », ce projet vise à obliger le gouvernement à prendre des décisions « compatibles » et « cohérentes » avec l’atteinte de ces cibles.

« Sans être la panacée, de telles mesures favoriseront [...] une plus grande compréhension et acceptation par la population des efforts collectifs et individuels qu’exigera le respect de nos obligations climatiques », peut-on lire dans la déclaration.

Le texte législatif soumis au gouvernement a été écrit par l’avocat spécialisé en droit de l’environnement Michel Bélanger et par l’ancien légiste Mario Denis après la création du mouvement du « Pacte pour la transition écologique », lancé par le metteur en scène Dominic Champagne.

Des mains tiennent un rouleau de papier orné d'un ruban rouge et une carte disant « À François, de 254 414 signataires du Pacte pour la transition ».Dominic Champagne a offert le texte d'un projet de loi « clé en main » à François Legault. Photo : Radio-Canada

Québec doit respecter ses propres objectifs

Cette proposition législative demande au gouvernement de respecter les cibles de réduction des émissions de GES qu’il s’est lui-même fixées.

« Il ne s’agit pas de s’imposer des obligations écrasantes, mais d’avoir le courage de répondre à celles que le défi climatique rend indispensables. L’idée n’est pas d’aller au-delà de ces cibles, mais au moins de les respecter. Cela ne va pas empêcher certains projets d’aller de l’avant », assure l’avocat.

La province s’est en effet engagée, à l’occasion de la COP21, à respecter la cible de réduction des émissions de GES de 37,5 % d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 1990.

« Il s’agit de la cible la plus ambitieuse au Canada, une cible cohérente avec l’urgence d’agir et avec notre volonté de développer le Québec de façon durable et responsable », explique-t-on sur le site du ministère de l’Environnement.

Le projet de loi prévoit aussi de renforcer substantiellement le suivi, la reddition de compte et la transparence de l’action climatique du gouvernement.

« La politique des petits pas n’est plus une option »

Michel Bélanger estime que cela va donner des outils pour permettre au gouvernement de prendre des décisions éclairées et, pour cela, il demande aux politiciens de dépasser la partisanerie.

Pour lui, ces anciens ministres sont « les mieux placés pour comprendre combien cela peut être difficile de faire avancer les questions environnementales ».

L’avocat les a donc contactés un à un. « J’ai été très touché par leur enthousiasme. La solution doit venir de la solidarité, et il faut écarter la petite mesquinerie », dit-il.

« Il n’est jamais trop tard pour s’impliquer dans la lutte contre le réchauffement climatique. Je ne pense pas qu’ils donnent des leçons à rebours. Certains d’entre eux ont même reconnu qu’à leur époque, ils auraient pu faire plus », ajoute l’avocat.

Les signataires assurent également que « la politique des petits pas n’est plus une option, ni pour l’environnement ni même pour l’économie également menacée par ce réchauffement ».

Clifford Lincoln concède que, déjà à son époque, il y avait « urgence » et que le Québec accusait un certain retard.

C’était le début de la conscience environnementale au Québec, mais c’était déjà très difficile d’avancer politiquement. Il fallait agir comme un missionnaire, se battre avec les autres ministères comme celui des Forêts, de l’Économie ou encore des Affaires municipales.

Clifford Lincoln, ancien ministre de l'Environnement (1985-1988)

Pour l’ancien ministre, il faut désormais opter pour des priorités claires et essayer de mobiliser la société civile.

« C’est une question collective, car l’environnement fait partie de notre patrimoine profond. On peut faire comme Trump et nier le réchauffement climatique ou se mobiliser pour les générations à venir », ajoute-t-il.

En décembre dernier, le premier ministre François Legault avait déjà indiqué qu’il n’avait pas l’intention de déposer ce projet de loi.

Il avait ajouté que les cibles des réductions des gaz à effet de serre seraient extrêmement difficiles à atteindre pour 2020, tout en se disant satisfait du processus actuel d’évaluation environnementale.

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