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De macabres photos des victimes trouvées dans l'ordinateur de McArthur

Le reportage de Philippe Leblanc
Cédric Lizotte

Les audiences sur la détermination de la peine du tueur en série Bruce McArthur, qui a avoué avoir tué huit hommes entre 2010 et 2017, ont débuté lundi à Toronto. Les détails – certains effrayants – des meurtres ont été dévoilés en cours de matinée.

Les témoignages des amis et familles des victimes ont, depuis, débuté.

Dès le début de l'exposé des faits, l'avocat de la Couronne Michael Cantlon a révélé que des photos de la plupart des victimes, prises après leur mort, avaient été découvertes dans l'ordinateur de Bruce McArthur.

Dans ces photos, le modus operandi du tueur en série se dévoile. Presque tous les cadavres des victimes ont été mis en scène, puis photographiés par le tueur. Les victimes aperçues sur les images ont été tuées par strangulation à l'aide d'un tourniquet.

Des détails choquants

Plus d'une quinzaine de photos d'Andrew Kinsman ont été trouvées, toutes prises le 26 juin 2017. M. Kinsman est mort par strangulation, selon l'exposé des faits. Il a été porté disparu le 28 juin 2017.

D'autres photos, de Soroush Mahmudi et de Dean Lisowick, ont aussi été trouvées dans l'ordinateur de McArthur, elles aussi les montrant sans vie et offrant des détails macabres sur les circonstances qui ont mené à leur mort.

Skandaraj Navaratnam, lui, avait été porté disparu le 15 septembre 2010, mais a été tué le 6 septembre. McArthur se rendait au bar Black Eagle, dans le quartier gai de Toronto, les dimanches, et c'est là qu'il a rencontré M. Navaratnam. 31 photos de son cadavre ont été trouvées sur l'ordinateur de McArthur. Les policiers ont aussi trouvé des objets personnels de M. Navaratnam chez McArthur, entre autres un bracelet sur lequel son nom est ciselé.

Soixante-quatre photos du cadavre de Majeed Kayhan, prises elles aussi avec une mise en scène bizarre, ont aussi été trouvées.

Soroush Mahmudi est également mort par strangulation, et les photos de son cadavre montrent le même tourniquet utilisé pour tuer les autres victimes. Encore une fois, une mise en scène morbide semblable est utilisée.

La même mise en scène apparaît une fois de plus sur les photos du cadavre de Dean Lisowick.

La Couronne a également rappelé qu'au moment de l'arrestation de McArthur, un homme ligoté à son lit avait été découvert en sa compagnie. L'homme est toujours en vie. De plus, la Couronne a rappelé que les policiers avaient retrouvé McArthur grâce à de l'ADN qui avait été découvert dans sa minifourgonnette.

Le récit offert par la Couronne au sujet de Selim Esen reste le même : des photos ont été trouvées sur les appareils électroniques de McArthur montrant le cadavre de M. Esen dans une mise en scène similaire à celles d'autres victimes.

Me Cantlon a d'ailleurs rappelé que, lors d'un incident datant du 20 juin 2016, un homme, qui avait réussi à échapper à McArthur et à appeler le 911, avait expliqué à la police que le meurtrier lui avait demandé de se coucher sur un manteau de fourrure dans sa minifourgonnette pour ensuite tenter de l'étrangler. À ce moment, McArthur avait expliqué aux policiers qu'il s'agissait d'un jeu sexuel consensuel qui avait été trop loin. Les policiers l'avaient cru, puis relâché.

Selon la Couronne, la préméditation des actes de McArthur ne fait aucun doute. C'est d'ailleurs en découvrant un dossier sur l'ordinateur de McArthur qui était dédié à une personne toujours en vie que les policiers ont décidé d'arrêter le meurtrier.

McArthur a plaidé coupable

Les restes de ses victimes avaient été trouvés dans des pots de fleurs et dans un ravin derrière une propriété de Toronto où travaillait McArthur, grand-père et jardinier paysagiste.

Des documents de cour montrent que les victimes de McArthur disparaissaient lors de jours fériés, ce qui lui permettait d’enterrer leurs restes dans les jardinières d'une maison de l'artère Mallory lorsque la propriétaire des lieux allait à la campagne. Il avait ainsi accès à sa résidence.

La plupart des victimes fréquentaient le quartier gai de Toronto, tout comme Bruce McArthur.

Le traitement de l’affaire McArthur par la police de Toronto a d’ailleurs aigri les relations entre le corps policier et la communauté gaie, qui a accusé les enquêteurs d'avoir tardé à prendre au sérieux la disparition de plusieurs hommes gais, en plus d'avoir nié initialement qu'un tueur en série soit à l'œuvre.

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