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  • Envoyé spécial
  • Maiquetía, ou le malheur des Vénézuéliens

    En raison d'un grave problème d'inflation, la monnaie vénézuélienne ne vaut plus rien. Photo: Radio-Canada / Jean-Michel Leprince
    Jean-Michel Leprince

    Maiquetía est une petite ville de 90 000 habitants de l'État de Vargas, à environ une heure de Caracas. Vargas est connu pour ses plages où les Caraqueños vont relaxer les dimanches, des plages populaires où tout est bon marché. Ce repos, ils en ont besoin, au lendemain des manifestations monstres du 2 février, 20 ans jour pour jour après la prise du pouvoir par Hugo Chavez, pour oublier les tracas d'une vie quotidienne qui n'est pas facile.

    Ce chiffre, comme celui des 2 millions de réfugiés vénézuéliens à l’étranger paraît surréaliste de loin. Il devient concret quand on parle aux gens du marché de Maiquetía.

    « Ici, au Venezuela, c’est la survie. Je travaille comme un âne 7 jours sur 7 sans aucun repos, sinon je n’y arrive pas. Il faut avoir de l’argent pour acheter, mais les gens n’en ont plus parce que l’inflation est très forte », dit Erica Colina, marchande de produits ménagers vendus au litre, les produits de marque étant introuvables ou trop chers.

    Ramon Ferrer, hors de lui, nous a abordés avec à la main un sac de farine de maïs pour faire des arepas, les galettes typiques des Vénézuéliens. « Ce sac coûtait 2 bolivars il n’y a pas longtemps, maintenant il en vaut 3000. Tout est extrêmement cher, c'est horrible. Le pays est à terre. Nous avons un mauvais gouvernement, une mauvaise administration. Il n’y a pas d’économistes pour sortir le pays du pétrin. Les richesses du pays, on nous les vole. »

    Les responsables de ce larcin? « Le gouvernement, ceux qui les administrent, et la PDVSA (compagnie pétrolière d’État) », ajoute M. Ferrer.

    Teodulo Arteaga, pour sa part, confie que sa famille a éclaté sous les pressions économiques. « Mes deux fils, de l’Université Centrale du Venezuela, ont dû s’en aller au Pérou à cause des salaires de misère, de crève-faim. »

    Des baigneurs dans la ville de Maiquetia, au VenezuelaÀ Maiquetia, les conditions économiques sont particulièrement difficiles, mais heureusement, la baignade est toujours gratuite. Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Leprince

    Une économie en chute libre

    Les économistes ont constaté une contraction du produit intérieur brut de 45 % depuis 2013 et la situation ne fait qu’empirer. L'économie nationale devrait poursuivre sa dégringolade et se contracter de 29 % cette année.

    Tout est cher, et les gens n’achètent plus. L’argent comptant, dévalué, est remplacé par les cartes de débit. Dans la rue, une dame veut acheter un peu de viande, mais sa carte ne passe pas, manque de fonds.

    « Les ventes ont beaucoup baissé, les prix sont trop élevés. Pour que la situation s’améliore, il faudrait que, comme nous l’espérons, "ceux-là" quittent le pays », dit Ana Santana, une bouchère.

    Pour Sandra Ramirez, marchande de légumes, « la solution c’est le changement. Nous devons avoir un nouveau président ».

    Le chef de l'État, Nicolas Maduro, n’est pas près de céder le pouvoir comme lui demande une grande partie de la communauté internationale.

    La situation est catastrophique. Elle le sera encore plus lorsque l’embargo américain sur les pétrodollars vénézuéliens frappera. Le gouvernement Maduro souffrira. Le peuple du Venezuela, aussi, forcément.

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