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Procès du policier accusé de la mort d'Abdirahman Abdi : un premier expert témoigne

L'agent Daniel Montsion à l'extérieur du palais de justice d'Ottawa.

L'agent Daniel Montsion à l'extérieur du palais de justice d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Judy Trinh

Radio-Canada

Les membres de la communauté somalienne et de la coalition Justice pour Abdirahman sont venus en grand nombre pour le procès de l'agent de police accusé de la mort d'Abdirahman Abdi. Les procédures judiciaires ont débuté lundi au palais de justice d'Ottawa.

L'Unité des enquêtes spéciales (UES) de l'Ontario accuse l'agent Daniel Montsion d'homicide involontaire, d'agression armée et de voies de fait graves en lien avec la mort de M.Abdi. Il a plaidé non coupable lundi matin à ces trois chefs d'accusation.

Abdirahman Abdi, un Canadien d'origine somalienne de 37 ans, a perdu tous signes vitaux lors d'un affrontement avec deux agents du SPO, le 24 juillet 2016. Il est mort des suites de ses blessures le lendemain. Selon des proches, l'homme souffrait de problèmes de santé mentale.

Plusieurs membres de la communauté somalienne, des journalistes et des proches de l'accusé n'ont pas pu assister à la première journée de procès, puisque la salle était trop petite. La situation devrait être corrigée dès mardi.

Daniel Montsion est entré et sorti du palais de justice de la rue Elgin avec le président de l'Association des policiers d'Ottawa, Matt Skof, à ses côtés. Il portait des lunettes de soleil sombres.

Bien qu'il fasse face lui-même à des accusations d'abus de confiance et d'entrave à la justice, M. Skof soutiendra M. Montsion tout au long de son procès.

Huit témoins doivent comparaître pour la Couronne lors du procès de M. Montsion. La plupart d'entre eux ont assisté à l'arrestation d'Abdirahman Abdi depuis leurs logements de la rue Hilda, où l'affrontement s'est terminé. Les autres se trouvaient dans le café Bridgehead situé à proximité.

Certains des témoins sont des membres de la famille. Il leur a été demandé de quitter la salle d'audience lundi afin de ne pas altérer leur témoignage. Il s'agit d'une procédure habituelle dans un tel procès.

Lors de sa déclaration d'ouverture, la Couronne dit croire que des coups injustifiésà la tête et au corps ont causé la crise cardiaque fatale d'Abdirahman Abdi. L'avocat adjointPhilip Perlmutter a mentionné que le procès portait sur une arrestation qui a mal viré.

La Couronne a indiqué vouloir répondre à deux questions au cours de ce procès : l'agent Montsion a-t-il a fait preuve d'une force excessive lors de l'intervention policière? Et est-ce que c'est cette intervention du policier qui a mené à la mort d'Abdirahman Abdi le 24 juillet 2016?

Le premier témoin de la Couronne - un enquêteur en médecine légale - est passé à la barre.

Abdirahman Abdi

Abdirahman Abdi, 37 ans, est mort en juillet dernier.

Photo : Courtoisie de la famille

La fin tragique d'Abdirahman Abdi a suscité de vives réactions, notamment dans la communauté somalienne.

De nombreuses voix s'étaient élevées pour dénoncer la force employée lors de son arrestation. Plusieurs témoins avaient qualifié l'intervention policière de « musclée ».

Je crois que les gens sont anxieux, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du corps policier, a soutenu le chef du SPO, Charles Bordeleau, la semaine dernière.

Nous avons un collègue qui est accusé d'un crime assez sérieux et il passe à travers des circonstances difficiles. Et du côté de la communauté, nous avons perdu un membre de la communauté, donc ça touche bien des gens, a-t-il dit.

Justice réclamée

La coalition Justice pour Abdirahman, formée quelques jours après sa mort, demande depuis sa fondation des changements afin d'augmenter l'égalité raciale à Ottawa.

Toutefois, il n'y a pas de vrai changement tangible, a affirmé la porte-parole du groupe, Dahabo Ahmed-Omer.

Nous ne savons pas ce qui s'est vraiment passé ce jour-là, ce qui a conduit un agent de police à apparemment prendre la vie de quelqu'un, a commenté pour sa part, Farhia Ahmed, coprésidente de Justice for Abdirahman.

Dahabo Ahmed Omer dans les studios de Radio-Canada Ottawa-Gatineau.

La communauté somalienne d'Ottawa se réunit pour recueillir des fonds afin d'aider les survivants de l'attentat survenu à Mogadiscio.

Photo : Radio-Canada / CBC

Depuis la mort de M. Abdi, les policiers d'Ottawa ont formé un groupe de sensibilisation pour améliorer les liens avec la communauté somalienne, réformer leur comité consultatif communautaire, en plus de mettre en place des mesures pour augmenter la diversité au sein du corps policier.

Qu'est-ce qu'on a appris depuis la mort d'Abdirahman Abdi? Je ne comprends pas pourquoi on laisse la police répéter ces violences encore et encore, s'interroge Desmond Cole, militant de Black Lives Matter (BLM).

En revanche, aucune de ces initiatives n'a pu rassurer la communauté face à ses interactions avec les autorités, selon Mme Ahmed-Omer.

Le procès de l'agent Monstion devrait durer 12 semaines alors qu'un juge déterminera s'il est criminellement responsable de la mort d'Abdirahman Abdi.

Avec les informations de Laurie Trudel

Ottawa-Gatineau

Procès et poursuites