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Maduro rejette l'ultimatum européen pour une nouvelle élection présidentielle

Nicolas Maduro debout.
Le président vénézuélien Nicolas Maduro ne veut pas organiser une nouvelle élection présidentielle. Photo: Reuters / Handout .
Radio-Canada

Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, contesté par de nombreux chefs d'État, a rejeté dimanche l'ultimatum lancé par plusieurs pays. Il refuse d'organiser une nouvelle élection présidentielle, ce que réclament notamment le Canada et la France.

Dans le cadre d'un entretien avec une chaîne de télévision espagnole, La Sexta, M. Maduro a déclaré qu'il ne ferait pas preuve de « lâcheté face aux pressions » de ceux qui réclament son départ et soutiennent le député de l'opposition, Juan Guaido.

Plusieurs pays européens avaient lancé un ultimatum au président vénézuélien, lui demandant d'annoncer, d'ici dimanche soir, de nouvelles élections présidentielles.

« L'élection de M. Maduro en mai dernier était une farce, c'était une fiction d'élections », avait déclaré plus tôt dans la journée la ministre française chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, au Grand Jury pour RTL, Le Figaro et LCI.

« Ce que répond jusqu'à présent M. Maduro, c'est : "Je veux organiser des élections législatives", sous-entendu : "Je veux me débarrasser du président du Parlement", M. Guaido, qui est justement soutenu par les manifestants. Là encore, cette réponse est une farce, une farce tragique. »

« L'ultimatum se termine ce soir. Si, d'ici ce soir, M. Maduro ne s'engage pas à organiser des élections présidentielles, nous considérerons que M. Guaido est légitime pour les organiser à sa place », a-t-elle ajouté.

La France, l'Allemagne et l'Espagne avaient affirmé le 26 janvier que si Nicolas Maduro n'annonçait pas dans huit jours de nouvelles élections au Venezuela, elles reconnaîtraient l'opposant Juan Guaido comme « président par intérim ».

Dimanche, l’Autriche s'est ajoutée au concert des pays qui ont annoncé reconnaître Juan Guaido comme président intérimaire si Nicolas Maduro ne convoquait pas des élections présidentielles anticipées.

« Je viens d'avoir une très bonne conversation téléphonique avec le président [autoproclamé Juan Guaido], a écrit sur Twitter le chancelier Sebastian Kurz. Il a tout notre soutien pour restaurer la démocratie au Venezuela. »

Le leader de l'opposition au Venezuela, Juan GuaidoLe leader de l'opposition au Venezuela, Juan Guaido. Photo : Reuters / Carlos Garcia Rawlins

Trudeau a discuté avec Guaido

Dimanche, le premier ministre canadien Justin Trudeau a apporté son soutien à Juan Guaido, avec lequel il s'est entretenu par téléphone.

« Les deux dirigeants ont convenu qu’il est important que la communauté internationale envoie un message clair concernant l’illégitimité du régime Maduro et le respect de la constitution vénézuélienne, et que des élections présidentielles libres et justes soient tenues », a écrit le cabinet de M. Trudeau dans un communiqué, tout en saluant « le courage et le leadership dont fait preuve Juan Guaidó pour aider à rétablir la démocratie au Venezuela ».

Ottawa accueillera par ailleurs, lundi, une réunion du Groupe de Lima, une organisation réunissant plusieurs pays d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud visant à trouver une sortie de crise.

Le président américain, Donald Trump, a de son côté évoqué l’idée de déployer des troupes américaines au Venezuela.

« C’est certainement une option », a-t-il déclaré lors d’une entrevue au réseau CBS.

Le président Trump aurait également refusé de rencontrer Nicolas Maduro, dont il ne reconnaît plus la légitimité au profit de M. Guaido.

D'autres militaires rejoignent Guaido

Au lendemain d'importantes manifestations en faveur du gouvernement Maduro et contre celui-ci, de nouvelles figures issues de l'armée vénézuélienne ont décidé de rejoindre le mouvement de contestation.

Un général à la retraite a appelé dimanche ses camarades à tourner le dos à Nicolas Maduro, après que le général de l'armée de l'air Francisco Yanez eut fait défection samedi. Deux majors militaires de l'armée de l'air ont aussi affiché leur soutien à Juan Guaido dans des vidéos diffusées sur le réseau Twitter.

Toujours prête à appuyer le gouvernement en place, la Russie a quant à elle invité dimanche la communauté internationale à aider le Venezuela à régler sa crise économique et sociale plutôt que d'y aller « d'ingérence dangereuse ».

Avec les informations de Reuters, CBC, et Associated Press

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