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Visite historique du pape François à Abou Dhabi

Le pape François dans un avion

Le pape François s'est adressé aux journalistes pendant le vol vers Abou Dhabi.

Photo : Reuters / Tony Gentile

Agence France-Presse

Les autorités des Émirats arabes unis ont reçu en grande pompe dimanche le pape François, premier chef de l'Église catholique à fouler le sol de la péninsule arabique, berceau de l'islam.

Juste avant de s'envoler pour Abou Dhabi pour cette visite historique, le souverain pontife a pressé les parties impliquées dans le conflit au Yémen de « favoriser de manière urgente le respect des accords établis » pour une trêve à Hodeida, essentielle à l'acheminement de l'aide internationale.

« Je suis avec grande préoccupation la crise humanitaire au Yémen. La population est épuisée par le long conflit et de très nombreux enfants souffrent de la faim [...]. Le cri de ces enfants et de leurs parents monte devant Dieu », a lancé le pape argentin.

Avant de quitter Rome, il a également publié un message sur Twitter : « Je me rends [aux Émirats arabes unis] comme un frère pour écrire ensemble une page de dialogue et parcourir ensemble les chemins de paix. Priez pour moi! »

Selon son programme, cette visite doit être dominée par le dialogue entre les religions. Une rencontre interreligieuse internationale est prévue pour lundi.

Une ambiance festive

L'ambiance dans la matinée autour de la cathédrale Saint-Joseph d'Abou Dhabi était celle des grands jours, a constaté une journaliste de l'AFP.

Des fidèles se pressaient sous une pluie inhabituelle aux abords du bâtiment, décoré aux couleurs du Vatican et des Émirats arabes unis, pour obtenir les derniers billets de la messe papale de mardi, présentée comme le plus grand rassemblement à se tenir dans le pays, avec plus de 130 000 fidèles.

À bord de l'avion qui l'amenait aux Émirats, le pape a dit avoir appris qu'il pleuvait à Abou Dhabi. « Dans ces pays, ceci est perçu comme un signe de bénédiction », a-t-il souligné.

À l'approche de la visite, le père Élie Hachem, qui officie à la cathédrale Saint-Joseph, s'extasiait et n'avait que le mot « historique » à la bouche. Selon lui, le pape vient avec « un message de paix » et entamera son programme de mardi par une visite à cette cathédrale.

Environ un million de catholiques, des travailleurs asiatiques pour la plupart, vivent aux Émirats, où ils peuvent pratiquer leur religion dans huit églises.

Doris D'souza, venue pour sa part spécialement de Goa, dans le sud-ouest de l'Inde, dit avoir « sauté sur l'occasion d'assister à la messe » de mardi, dès qu'elle a appris la visite du pape.

Shane Gallagher, un expatrié irlandais, affirme lui aussi être « excité » par la visite du souverain pontife et par le fait qu'elle ait lieu dans un pays musulman. « On aura une semaine superbe », dit-il.

« Je pense que la visite offre un témoignage étonnant sur la tolérance des Émirats », ajoute une Américaine de 39 ans, Collins Cochet Ryan.

Dissidence

Les responsables de la fédération n'ont cessé d'insister sur ce thème, en particulier lié à la rencontre prévue entre le pape et le cheikh Ahmed al-Tayeb, l'imam d'Al-Azhar, l'institution phare de l'islam sunnite, qui se trouve au Caire.

Les Émirats ont toujours cherché à projeter l'image d'un pays ouvert et tolérant, même s'ils exercent une politique de « tolérance zéro » à l'égard de toute dissidence, notamment celle des adeptes de l'islam politique incarné par les Frères musulmans.

Anwar Gargash, ministre d'État émirati aux Affaires étrangères, n'a pas manqué d'y faire référence dimanche, dans un tweet où il a égratigné le Qatar, boycotté par son pays et trois de ses alliés, qui l'accusent de soutenir des islamistes radicaux, ce que dément Doha.

Il a souligné la différence entre ceux qui accueillent le « mufti du terrorisme », en référence au religieux Youssef al-Qardaoui, considéré comme le chef spirituel des Frères musulmans, qui est protégé par le Qatar, et son pays qui accueille des symboles de « tolérance et d'amour » que sont le pape et l'imam d'Al-Azhar.

Droits de la personne

Après Amnistie internationale, Human Rights Watch (HRW) a appelé dimanche le pape François à profiter de sa visite pour soulever la question des violations des droits de la personne au Yémen, où les forces d'Abou Dhabi interviennent militairement aux côtés de l'Arabie saoudite, et celle de la répression des opposants sur le territoire des Émirats.

« En dépit de ses affirmations sur la tolérance, le gouvernement des Émirats n'a montré aucun intérêt réel pour améliorer son bilan », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de HRW pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

Au Yémen, une trêve entre le gouvernement, soutenu par Riyad et Abou Dhabi, et les rebelles houthis, appuyés par l'Iran, a été difficilement obtenue par l'ONU en décembre. Elle s'applique à la ville portuaire de Hodeida, par où transite l'essentiel des importations et de l'aide humanitaire.

Cette trêve a été saluée comme la meilleure chance pour le Yémen de mettre fin à une guerre meurtrière qui dure depuis quatre ans, mais semble ne tenir qu'à un fil.

Depuis le début de son pontificat, le pape s'est rendu à plusieurs reprises dans des pays dont la population est majoritairement musulmane, comme l'Égypte, l'Azerbaïdjan, le Bangladesh et la Turquie. En mars, il est attendu au Maroc. Il s'agit au total du 27e voyage de ce pape à l'étranger.

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