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Envoyé spécial

Manifestations dans un climat tendu à Caracas

Illustration de Hugo Chavez sur un mur avec un passant

Une illustration du défunt président Hugo Chavez sur un mur du quartier 23 de Enero, à Caracas.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Leprince

Jean-Michel Leprince
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La tension est palpable au Venezuela, où les partisans du président Nicolas Maduro et ceux de l'opposant Juan Guaido, soutenu notamment par les États-Unis, descendront dans les rues de la capitale Caracas samedi. Les deux hommes se disputent le pouvoir, au moment où les manifestants souligneront le 20e anniversaire de la révolution bolivarienne du défunt socialiste Hugo Chavez.

Vendredi, à la veille de ces grandes manifestations, la télévision d’État VTV a montré le président vénézuélien Nicolas Maduro au milieu de répétitions des forces armées visant à neutraliser les partisans du leader de l’opposition, Juan Guaido, qui se présente comme le président légitime intérimaire jusqu’à l’organisation d’élections libres et démocratiques.

Le pouls du quartier 23 de Enero

Ce quartier emblématique de Caracas, bastion de la révolution bolivarienne d’Hugo Chavez, est un baromètre de la ferveur militante du parti au pouvoir. Une demi-douzaine de fois, nous l’avons mesuré lors d’élections nationales, régionales, ou de référendums pour amender la constitution.

Le 23 de Enero exprimait subtilement, par l’abstention surtout et par les critiques diplomatiquement voilées, son désaccord.

Un imposant édifice de logements et des bidonvilles.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

HLM et bidonvilles dans le 23 de Enero

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Leprince

Le 23 de Enero est un gigantesque complexe de HLM construit dans les années 1950. Son nom commémore un coup d’État qui mettait fin à la dictature du général Marcos Pérez Jimenez, le 23 janvier 1958.

Des blocs de béton, véritables nids de guêpes propices au crime et à la guérilla. Le 23 de Enero abritait les Tupamaros, une sorte de guérilla urbaine qui savait se concilier parfois les faveurs du pouvoir.

Hugo Chavez votait toujours dans le 23 de Enero. Sa sépulture se trouve dans le Cuartel de la Montaña, une caserne située sur un sommet, juste à la limite du quartier. Mais dans le 23 de Enero, Hugo Chavez n’est pas mort, et pour beaucoup, il est un saint avec sa chapelle.

Une chapelle au  sommet d'une colline et des habitations Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Cuartel de la Montaña, où repose Hugo Chavez

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Leprince

« Nous ne devons pas changer de gouvernement »

Des secteurs du 23 de Enero, comme le Sierra Maestra, ont réussi à s’organiser et à pallier les lacunes des services publics. Ils ont l’eau courante, le téléphone, Internet et la sécurité publique.

Des bâtiments et des bidonvillesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sierra Maestra, un quartier bien organisé malgré les lacunes des services publics

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Leprince

Ils le doivent uniquement à leur sens de l’organisation, dirigés par le leader communautaire Octavio Anderson. Il critique le gouvernement actuel.

Il y a des défauts, il n’y a pas de contrôle sur ce que le gouvernement fournit, il existe des entreprises fantômes qui s’approprient les dollars. Mais la gestion de Nicolas Maduro n’est pas en cause, non, nous ne devons pas changer de gouvernement.

Une citation de : Octavio Anderson, leader communautaire

Si on en croit ses leaders sociaux, le 23 de Enero soutient donc le président Maduro.

Le problème ne serait ni sa compétence ni son honnêteté. Ni celle de son gouvernement, de ses proches ou des hauts gradés de l’armée. Ni même la corruption des puissants. Ni le désastre économique qui a entraîné la fuite de centaines de milliers de concitoyens.

La défense de la patrie

La question, c’est la défense de la patrie. Face à une invasion possible des Américains avec la complicité de la Colombie pour s’approprier les richesses du pays, c’est-à-dire le pétrole − les plus grandes réserves du monde − et aussi l’or, les diamants, le coltan.

Une invasion? Ce sera un autre Vietnam, en pire, pour l’impérialisme américain, a dit Nicolas Maduro.

Le 23 de Enero est donc mobilisé. La propagande patriotique est puissante dans un pays où les médias indépendants ont progressivement disparu des ondes et des kiosques et survivent grâce à Internet et aux médias sociaux.

Washington, de façon peu subtile, n’a jamais démenti les rumeurs de présence de militaires à la frontière de la Colombie et du Venezuela. Un cadeau pour Nicolas Maduro? Les yeux du monde entier suivront les manifestations de samedi au Venezuela.

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