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Le Canada veut que le Groupe de Lima maintienne la pression sur le régime Maduro

Des manifestants turcs affirment leur soutien envers le président du Venezuela à Istanbul, en Turquie.

La crise politique au Venezuela a accentué la polarisation des relations internationales entre des démocraties et des pays plus autoritaires.

Photo : Reuters / Huseyin Aldemir

La Presse canadienne

Le Canada et ses alliés du Groupe de Lima utiliseront leur rencontre de lundi, à Ottawa, pour trouver de nouveaux moyens afin de soutenir l'opposition vénézuélienne, et d'atténuer la crise des réfugiés qui secoue le Brésil et la Colombie.

L'ordre du jour de la réunion des ministres des Affaires étrangères de plus d'une douzaine de pays de l'Occident était en train d'être finalisé, vendredi, notamment parce que la crise au Venezuela est en train de se dérouler.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, sera l'hôte du sommet de deux jours, qui se tiendra après les manifestations prévues samedi au Venezuela, organisées pour réclamer la démission du président socialiste Nicolas Maduro.

Le Canada a déjà versé 2,2 millions de dollars pour la crise humanitaire au Venezuela, qui a forcé trois millions de personnes à quitter leur domicile pour les régions environnantes.

Selon certaines sources, le Canada ne bonifiera pas le montant, étant donné que M. Maduro ne permet pas à l'aide humanitaire d'entrer au pays.

Selon ces responsables, bien que la réunion de lundi ne soit pas une conférence pour recueillir des fonds, les dirigeants discuteront de possibles nouveaux moyens politiques et financiers pour appuyer le politicien qu'ils voient comme le réel président par intérim, Juan Guaido.

Les questions centrales de ces discussions seront : comment pouvons-nous continuer de faire pression sur M. Maduro pour qu'il démissionne et qu'il permette une nouvelle élection? Que pouvons-nous faire en matière d'appui financier, mais aussi en matière d'appui en général?

Différents sujets de discussion

Une possibilité serait de réaffecter les millions de dollars d'actifs saisis des dirigeants corrompus vénézuéliens pour aider les pays qui doivent composer avec l'afflux de réfugiés.

Cette proposition vient du groupe de réflexion de Washington, l'Inter-American Dialogue, et du Centre for International Governance Innovation (CIGI) de Waterloo, en Ontario.

« C'est une façon d'exiger des comptes aux membres individuels du régime », a indiqué Fen Hampson, du programme international de sécurité du CIGI.

La rencontre de lundi sera aussi l'occasion de réitérer l'appel à la démission de Nicolas Maduro, pour qu'il cède sa place à Juan Guaido, qui a reçu l'appui du Groupe de Lima, des États-Unis et d'autres pays démocratiques.

M. Guaido a été élu président de l'Assemblée nationale du Venezuela en décembre et a revendiqué la présidence par intérim du pays en raison des dernières élections, qu'il jugeait illégitimes.

Les négociations à Ottawa permettront d'élaborer « la voie à suivre pour s'assurer que l'attention du monde entier demeure sur l'opposition, parce que nous sommes à un moment charnière », a indiqué une source.

« La dernière chose que nous voulons, c'est que l'attention du monde se détourne et que M. Maduro soit encouragé à s'accrocher. »

Le Canada très impliqué

Dans les derniers jours, Justin Trudeau s'est impliqué personnellement dans cette crise, discutant avec des dirigeants étrangers, dont les premiers ministres de l'Irlande et de l'Italie.

Dans sa conversation de mardi avec le président du Conseil européen, Donald Tusk, M. Trudeau a « souligné l'importance que la communauté internationale envoie un message fort, unifié et clair » sur la crise, pour appuyer M. Guaido, a précisé le bureau du premier ministre.

M. Trudeau est aussi resté en contact avec les dirigeants des pays voisins du Venezuela, qui sont directement affectés par la crise, a indiqué l'ambassadeur colombien au Canada.

« La force du Groupe de Lima réside dans l'unité de nos voix pour demander de la démocratie au Venezuela », a déclaré l'ambassadeur de Colombie au Canada, Federico Hoyos.

Cette rencontre survient alors que le Canada est fortement critiqué sur sa gestion de la politique étrangère, marquée par plusieurs tensions, notamment avec la Chine et l'Arabie saoudite.

Roland Paris, professeur à l'Université d'Ottawa et ancien premier conseiller en politique étrangère de Justin Trudeau a déclaré au sujet du sommet : « Ce sera une rencontre importante, mais cela ne peut nuire au gouvernement, politiquement, de mettre en valeur le leadership du Canada en matière internationale. »

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