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La vraie fausse viande devrait-elle s'appeler « viande »?

Une boucherie... végétalienne

Une boucherie végétalienne à Halifax propose des réinventions de plats populaires, sans aucun produit d'origine animale. L'emploi de certains mots pour décrire ces mets heurte des sensibilités dans l'industrie agroalimentaire.

Chez Real Fake Meats, « les vraies fausses viandes » en français, la chef Lauren Marshall propose une version entièrement végétalienne du sandwich officiel d’Halifax : le donair, habituellement fait de boeuf bien assaisonné.

En plus de versions sans viande de mets connus, l'établissement offre du bacon et du pepperoni sans produits d’origine animale.

Mais ces imitations de viande, qui suscitent la curiosité d’un grand nombre de personnes, dérangent certains.

L'an dernier, le Missouri est devenu le premier État américain à définir que la viande est un aliment issu des animaux. Cette loi interdit aux entreprises de faire ce que le gouvernement qualifie de fausse représentation en parlant de bacon végétarien, steak végétarien ou saucisses végétariennes, par exemple.

Plusieurs groupes, dont Tofurky, une compagnie de dinde végétarienne, ont répliqué avec des poursuites judiciaires.

Au Canada, l’industrie bovine n’est pas opposée à l’idée.

Nous voulons nous assurer que les clients reçoivent des informations très claires sur les produits qu’ils achètent, dit Joyce Parslow, la directrice des relations avec les consommateurs chez Bœuf Canada.

Leur principal argument est donc d’éviter de semer la confusion chez le consommateur.

Je ne pense pas que de traiter les consommateurs comme des imbéciles est une bonne chose. Je pense que les gens sont en mesure de faire la part des choses, dit de son côté Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l’Université Dalhousie, à Halifax. Mais encore là, on voit que c'est une industrie qui réagit.

De son côté, la propriétaire de Real Fake Meats est loin d'être préoccupée par cette levée de boucliers.

Si elle doit absolument inclure les mots végétarien ou végétalien sur ses produits, elle n’y voit aucun inconvénient. C’est bien d’être fiers qu’un produit soit végétarien, lance-t-elle.

D’après un reportage d’Olivier Lefebvre

Nouvelle-Écosse

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