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Environ 250 millions de dollars « prisonniers » d’une plateforme canadienne d’échange de cryptomonnaie

Édifice de la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse en 2018.
La veuve du fondateur de la plateforme d'échange de cryptomonnaie Quadriga, Gerald Cotten, a déposé une déclaration sous serment à la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse le 31 janvier 2019. Photo: Radio-Canada / Frédéric Wolf
Anaïs Elboujdaïni

QuadrigaCX, une plateforme d'échange de cryptomonnaie de Vancouver, la plus grande du genre au Canada, a demandé jeudi la protection des créanciers en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

QuadrigaCX doit près de 250 millions de dollars à environ 115 000 clients en cryptomonnaie et en monnaie fiduciaire, révèle la déclaration sous serment obtenue par le média CoinDesk. De cette somme, environ 180 millions de dollars sont en bitcoins, en litecoins et en ethereums.

Cette déclaration sous serment a été déposée à la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse par la veuve du fondateur de QuadrigaCX, Jennifer Robertson.

Dans un message publié sur le site de la plateforme, la compagnie révèle avoir beaucoup travaillé à résoudre ses problèmes de liquidité, « notamment en tentant de localiser et de sécuriser [ses] très importantes réserves de cryptomonnaie détenues dans des portefeuilles "hors ligne" ».

Or, l’accès à ces portefeuilles « hors ligne », ou cold wallets, était détenu par le fondateur de QuadrigaCX, Gerald Cotten, qui est mort en Inde en décembre dernier.

Les compagnies comme QuadrigaCX ont des portefeuilles hors ligne pour éviter de garder la majorité de leurs avoirs en ligne, ce qui rend les fonds vulnérables au piratage informatique.

Une représentation visuelle du bitcoinUne représentation visuelle du bitcoin Photo : Getty Images / Dan Kitwood

Le fondateur d’Académie Bitcoin et chercheur associé à l’Institut économique de Montréal, Jonathan Hamel, estime qu’il y a très peu de recours pour les clients dont l’argent est resté sur la plateforme.

« Les experts recommandent constamment de ne pas laisser d’argent sur ces plateformes. Vous devez retirer les fonds immédiatement », explique-t-il.

Les propriétaires légitimes des soldes qui sont en quelque sorte prisonniers de QuadrigaCX ont un peu couru après [leur perte], puisque c’est un comportement très risqué [de laisser des sommes sur ces plateformes].

Jonathan Hamel, fondateur d'Académie Bitcoin

Dean Skurka, du site Bitbuy.ca, souligne qu'il est de plus en plus urgent de réglementer les bourses de cryptomonnaie et l'industrie dans son ensemble.

Le journaliste Nikhilesh De, du média CoinDesk, abonde dans le même sens. « Cette affaire soulève beaucoup de questions : nous sommes face à une industrie où il est possible qu'une seule personne ait les codes d'accès à 250 millions de dollars, résume Nikhilesh De. Maintenant que cette personne est morte, tous ces montants sont inaccessibles. »

S’il s'avère impossible de retrouver les accès à ces portefeuilles hors ligne, Jennifer Robertson indique dans sa déclaration sous serment que les sommes issues de la vente de la plateforme serviront à rembourser les clients dont l’argent est bloqué sur le site.

Les responsables de QuadrigaCX doivent comparaître devant la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse le mardi 5 février pour des audiences préliminaires.

La firme comptable Ernst & Young est agit comme tierce partie indépendante dans cette affaire.

Colombie-Britannique et Yukon

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