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Les francophones sortiraient-ils gagnants de la refonte du système de santé?

Un médecin écrit sur un bloc de papier.

La province compterait remplacer les agences régionales de planification par un organisme centralisé chargé de superviser le système de santé.

Photo : iStock

Charlotte Mondoux-Fournier

Alors que le système de santé ontarien fait face à une possible réorganisation, certains se questionnent sur les impacts de cette refonte sur les services de santé en français. Les avis sont mitigés.

Après le dépôt du rapport Devlin pour améliorer les soins de santé et éliminer la médecine de couloir en Ontario, la chef du NPD Andrea Horwath a rendu publique l’ébauche d’un projet de loi qui pourrait abolir les Réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS).

Ce brouillon propose la création d’une super agence de santé. Certains établissements de santé pourraient également disparaître ou être fusionnés.

Denis Constantineau, le directeur général du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury se veut rassurant.

Il salue le fait que le projet de loi préliminaire semble vouloir garder en vie les deux voies d’accès francophones prioritaires au système de santé : les entités de planification de services en français et le conseil consultatif des services de santé en français.

C’est également une priorité pour Gilles Marchildon, le directeur général de Reflet Salvéo, l’une des six entités qui visent à répondre aux besoins spécifiques des communautés francophones.

Gilles Marchildon, directeur général de Reflet Salvéo.

Gilles Marchildon, directeur général de Reflet Salvéo, un organisme qui vise à améliorer l'accès aux services de santé en français dans la région de Toronto.

Photo : Radio-Canada

C’est un modèle qui a fait ses preuves… Il pourrait y avoir des changements structurels, mais l’important c’est que la communauté puisse continuer d’avoir son mot à dire, dit-il.

Les 6 entités de planification de services en français en Ontario

  • Entité 1 de planification des services de santé en français Érié St. Clair/Sud-Ouest
  • Entité 2 de planification pour les services en français dans les régions de Waterloo, Wellington, Hamilton et Niagara
  • Reflet Salvéo pour les services dans les régions Centre-Ouest, Centre-Toronto et Mississauga Halton,
  • Entité 4 de planification pour les services de santé en français du Centre, Centre-Est et Simcoe Nord Muskoka
  • Réseau des services de santé en français de l'Est de l'Ontario
  • Réseau du mieux-être francophone du Nord de l'Ontario

M. Constantineau ajoute toutefois qu’il faut rester vigilant et protéger les acquis des francophones.

Il faut que les francophones soient entendus et que les particularités de la communauté francophone soient prises en ligne de compte, dit-il. La réalité du francophone à Hearst est très différente de la réalité des francophones à Welland et de celui à Cornwall.

Michel Grignon, professeur et membre du Centre d'économie et d'analyse des politiques de santé à l'Université McMaster appelle lui aussi à la prudence.

Selon lui, les Franco-Ontariens vivant dans des milieux où il y a moins de francophones pourraient être les grands perdants de la refonte du système de santé par souci d’économie.

Pour les francophones qui vivent dans des zones où il y a peu de francophones, avoir un médecin, un psychiatre, ou un fournisseur de soins qui parle français peut être considéré comme une dépense supplémentaire.

Michel Grignon, professeur à l’Université McMaster

De plus, avec la fusion de certains centres de santé, certains francophones pourraient devoir parcourir de plus longues distances afin d’être servis en français.

Toronto

Soins et traitements