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Venezuela : le pétrole canadien ne profitera pas des sanctions américaines

Un chevalet de pompage près de Cremona, au sud de l'Alberta.

Selon un rapport de la banque RBC, il sera impossible pour l’or noir canadien de remplacer les quelque 500 000 barils de pétrole lourd vénézuélien importés chaque jour par les États-Unis.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'Irak et le Mexique seront les premiers bénéficiaires des sanctions imposées par Washington à PDVSA, l'entreprise pétrolière d'État vénézuélienne. Analystes et dirigeants d'entreprises affirment que le manque de pipelines d'exportation et les limites de production imposées par le gouvernement de l'Alberta empêcheront le pétrole canadien de remplir l'espace laissé vacant dans les raffineries du golfe du Mexique.

Les États-Unis ont annoncé au début de la semaine que les entreprises américaines ne pourraient plus payer le pétrole vénézuélien. Elles pourront continuer d’importer le précieux liquide, mais les profits de ces transactions seront déposés dans un compte contrôlé par les États-Unis. Washington affirme que les fonds seront remis au Venezuela à la suite d’un éventuel départ du président Nicolas Maduro.

Ces sanctions doivent entrer en vigueur le 28 avril prochain.

« Il y a quelques années, un événement comme celui-ci aurait été d’une grande importance pour nous, affirmait cette semaine le président de l’Association canadienne des producteurs pétroliers, Tim McMillan. Nous aurions pu répondre à cette demande excédentaire. Mais, quand nos capacités d’exportations sont pleines, les prix internationaux sont pratiquement une considération secondaire. »

Tim McMillan accord une entrevue dans les bureaux de son association. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président de l'Association canadienne des producteurs pétroliers, Tim McMillan, affirme que les nouveaux plafonds imposeront des coûts importants aux entreprises albertaines.

Photo : Radio-Canada

À l’automne 2018, le Western Canadian select (WCS), le principal indice de mesure des prix du pétrole canadien, se négociait régulièrement à moins de 15 $ le baril. L’écart avec le brut américain était fréquemment de plus de 40 $ le baril.

Les réductions des productions imposées par le gouvernement de l’Alberta depuis le 1er janvier 2019 ont contribué à faire remonter les prix.

Cette remontée des prix ne change toutefois rien au manque de voies d’exportation. Selon un rapport de la RBC, il sera donc impossible pour l’or noir canadien de remplacer les quelque 500 000 barils de pétrole lourd vénézuélien importés chaque jour par les États-Unis.

Le pétrole canadien aurait pourtant été tout qualifié pour remplacer le pétrole de ce pays d’Amérique du Sud. Le Venezuela, comme l’Ouest canadien, extrait du pétrole lourd qui demande un processus de raffinage plus complexe que le pétrole conventionnel. Le golfe du Mexique, notamment le Texas, compte plusieurs raffineries en mesure de traiter ce type de pétrole.

Selon la RBC, le manque à gagner sera vraisemblablement comblé par le Mexique, qui produit également du pétrole lourd, et l’Irak.

« C’est vraiment un problème de transport, affirme le président de l’Association des services pétroliers du Canada, Gary Mar. Le transport par train permet d’exporter plus de 300 000 barils par jour. Certaines projections avancent qu’on pourrait atteindre 750 000 barils par jour d’ici 3 ou 4 ans. Pour vous donner une idée, c’est presque autant que ce que transporterait Keystone XL. »

Selon M. Mar, si le pipeline était déjà en activité, le Canada serait en mesure de profiter des déboires du Venezuela.

Avec des informations d'Axel Tardieu

Avec les informations de Reuters, et La Presse canadienne

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