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chronique

L’hébergement et le tourisme, une niche pour les commerçants innus

Plusieurs touristes prennent des photos et admirent le paysage de la Côte-Nord.
Plusieurs touristes prennent des photos et admirent le paysage de la Côte-Nord. Photo: Radio-Canada
Luc André

La filière de l’hébergement et du tourisme est encore peu explorée par les Innus sur la Côte-Nord. Et il semble que ce soit d’abord les femmes qui investissent ce secteur économique. Sans compter le conseil de bande de Uashat mak Mani-utenam qui s’est lancé dans l’aventure de se doter d’un hôtel avec un succès certain.

L'économie innue se conjugue aussi au féminin. Deux femmes innues opèrent chacune une entreprise touchant l’hébergement des touristes et des visiteurs.

À Uashat, Josée Leblanc est propriétaire de la Boutique Hôtel Amérindien Agara. L’établissement met dix chambres à la disposition des clients.

La décoration des habitations rappelle la culture traditionnelle des Innus et illustre la vie nomade dans le territoire du Nitassinan.

La Boutique Hôtel crée ainsi de l’emploi tout en faisant travailler sept artisans qui fournissent la boutique d’artisanat de l’hôtel.

Josée Rock a préféré investir dans le complexe MV de Havre-Saint-Pierre. On parle d’une affaire importante : on compte une centaine de chambres et le nombre d’employés atteint 15 personnes.

L’entrepreneure, qui est aussi propriétaire de l’Épicerie innue à Maliotenam, a le souci de retenir le plus possible ses employés. Le salaire horaire est de 15 dollars de l’heure, alors que dans la plupart des établissements du genre, le salaire minimum constitue plutôt la norme.

Durant la saison estivale, l’entreprise cible les touristes venus visiter l’Archipel-de-Mingan.

L’hiver la clientèle est constituée avant tout de visiteurs qui participent à des tournois de hockey.

Les Innus construisent un Quality Inn

Enfin, on retrouve cette fois à Uashat, le complexe hôtelier que le conseil de bande innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam a inauguré en 2015 sous la bannière Quality Inn.

Un investissement majeur de huit millions de dollars. Cet hôtel situé à l’entrée de la communauté et de la ville de Sept-Îles compte soixante et une chambres avec salles de réunions et une salle à manger pour les petits déjeuners. Le taux d’occupation est de 80% à l’année. La clientèle est composée à 25% d’Autochtones.

L’hôtel emploie plus de vingt-cinq personnes dont 95 pour cent sont des Innus. Selon la directrice de l’hôtel, Mylène Babin Duclos, le roulement du personnel est important. C’est particulièrement le cas à la réception où la connaissance de l’anglais est importante. Or, peu d’Innus maîtrisent cette langue.

Les employés sont syndiqués. Ils profitent d’avantages sociaux et gagnent tous 15 dollars de l’heure et plus.

Le roulement de personnel est cependant important, en raison d’horaires difficiles très souvent incompatibles avec la vie de famille.

Ce qui n’empêche pas l’hôtel qui appartient aux Innus de connaître du succès.

Depuis trois ans que l’hôtel existe, nous connaissons toujours des surplus d’opération. Les deux dernières années, nous avons gagné deux prix de reconnaissance pour la qualité de notre service 

Mylène Babin Duclos, directrice Qulity Inn

.Ces prix annuels célèbrent les propriétés les mieux cotées parmi un peu plus de 325 hôtels de la chaîne Choice Hotels. Les hôtels qui remportent un prix Or doivent se classer dans le premier 10% des hôtels les mieux côtés par les clients.

Selon le consultant Guy Conrad Bouchard qui est un habitué de l’hôtel le service est de grande qualité et les réceptionnistes comme les proposés aux chambres sont polis et respectueux et la propreté est impeccable.

Pour monsieur Bouchard, les promoteurs ont bien fait leur travail.

D’abord ils ont bien choisi l’emplacement de l’hôtel qui est situé sur la route 138 à l’entrée de la ville de Sept-Îles. L’hôtel a de plus été construit sur les terrains du centre commercial les Galeries Montagnaises qui appartient aussi aux Innus et qui permet aux visiteurs de pouvoir magasiner à proximité.

L’hôtel permet enfin l’accès à pied à des restaurants et au Musée Shaputuan consacré à la culture innue.

Ces différentes expériences en tourisme et en hébergement montrent qu’il s’agit là d’une filière qui peut devenir rentable. La base demeure la qualité des services. La valeur ajoutée que peuvent y apporter les Innus a trait à leur culture singulière, car de plus en plus de visiteurs se montrent curieux de l’histoire et de la vie des Premières Nations.

L'économie autochtoneL'économie autochtone avec Luc André Photo : Radio-Canada

Luc André est originaire de la communauté innue de Maliotenam. Il est diplômé en administration et a travaillé pendant plus de trente ans en développement économique. Il connaît de l'intérieur les difficultés auxquelles font face les nations autochtones pour se doter des outils économiques nécessaires à leur émancipation. De plus, il a été aux premières loges de ces petits « miracles » qui parfois surgissent et qui démontrent que les Autochtones sont les mieux placés pour gérer leurs propres affaires.

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