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Le réchauffement des océans, la cause de l’épidémie qui décime les étoiles de mer

Une étoile de mer est infectée par le syndrome de dépérissement et est blême.
Le syndrome de dépérissement de l'étoile de mer est fatal pour l'animal. Photo: AFP
Radio-Canada

Le réchauffement des océans a été l'élément déclencheur de l'épidémie qui a tué des millions d'étoiles de mer depuis 2013, montre une équipe internationale. Le problème est si grave que certaines populations auraient complètement disparu depuis 2013.

Une nouvelle étude révèle que le « syndrome de dépérissement des étoiles de mer », causé par un virus, profite du réchauffement des eaux pour frapper ces animaux.

Les étoiles de mer ne sont pas outillées pour répondre à cette menace, comme l’explique Joseph Gaydos, co-auteur de l’étude, à la Presse canadienne.

Une augmentation des températures rend les étoiles de mer plus susceptibles d'attraper une maladie déjà présente, surtout parce que leur système immunitaire n’est pas très complexe.

Joseph Gaydos, Université de Californie

Le réchauffement des eaux, qui peut atteindre 4 degrés Celsius à certains endroits sur les côtes pacifiques de l’Amérique du Nord, est attribuable aux changements climatiques, selon les auteurs.

Des populations en péril

Cette épidémie, qui dure depuis 2013, a de lourdes conséquences pour les individus infectés. La maladie provoque notamment des lésions et la désintégration de leurs bras en substance visqueuse, et mène à la mort.

C’est un peu « comme une apocalypse de zombies », déclare Joseph Gaydos.

Il souligne qu’une étoile peut avoir 24 bras, mais qu’ils « commencent à tomber » du jour au lendemain. Cette maladie agit « très rapidement », ajoute-t-il.

Deux photos, un avant-après, montrent qu'en un mois d'intervalle, aucune étoile de mer n'a survécu à l'infection par le syndrome de dépérissement des étoiles de mer.Avant-après du passage du syndrome de dépérissement des étoiles de mer, en octobre 2013. Photo : Neil McDaniel, neilmcdaniel.com

Le soleil de mer, Pycnopodia helianthoides, qui est la plus grande espèce connue d’étoile de mer, est particulièrement vulnérable au syndrome, selon Drew Harvell, professeur à l’Université Cornell et co-auteur de l’étude.

Le soleil de mer était auparavant abondant dans les littoraux, mais l’espèce est aujourd’hui inexistante au large des côtes californiennes et se fait rare près de l’Alaska.

Drew Harvell, co-auteur de l’étude

Des impacts considérables

Une telle perte pourrait avoir d’importants impacts sur l’ensemble des écosystèmes.

Par exemple, le soleil de mer est un prédateur actif. Il chasse notamment les oursins, qui eux dévorent rapidement les forêts d’algues marines. Ces forêts sont essentielles à la santé des environnements marins.

Les oursins sont abondants sur le rocher de Sackinaw, aucune algue n'est présente, après que les étoiles de mer soient disparues.Les oursins abondent sur le rocher de Sackinaw après la disparition des étoiles de mer. Photo : Neil McDaniel, neilmcdaniel.com

Des scientifiques et des citoyens ont effectué des milliers de plongées entre 2006 et 2017 afin d’observer l’évolution de ces animaux. Ils notaient une légère hausse de la population avant les débuts de l’actuelle épidémie.

Les résultats de leur étude sont publiés dans la revue Science advances (Nouvelle fenêtre).

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