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  • En Pologne, une première fissure dans le mur de fer du totalitarisme communiste

    L'animateur Bernard Derome annonce le début des négociations dites de la table ronde en Pologne. Au dessus de son épaule, une mortaise avec une carte de la Pologne et le sigle du syndicat Solidarité en polonais

    Le 5 février commençaient les négociations dites de la table ronde en Pologne.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    En février 1989, le pouvoir communiste polonais doit composer avec l'opposition. Une négociation dite de la « table ronde » aboutira plus tard dans l'année à des élections multipartites et partiellement libres. Les journalistes de Radio-Canada témoignent de ces changements qui annoncent le démantèlement prochain de l'empire soviétique.

    Montée et démontée plusieurs fois en cinq mois, la fameuse « table ronde » polonaise a finalement trouvé son utilisation.

    Jacques Merlinot, journaliste à Varsovie

    Le pouvoir polonais forcé au dialogue

    Au début 1989, rien ne va plus pour le gouvernement communiste du président polonais, le général Jaruzelski.

    L’économie agonise. Les étals des marchés sont presque vides. Le pays est endetté jusqu’au cou.

    Le pouvoir à Varsovie sait que pour sauver la Pologne du désastre, il lui faudra l’appui de l’opposition.

    En effet, sans l'opposition pour jouer le rôle de tampon avec le peuple, le gouvernement ne pourra mettre en vigueur des politiques d’austérité économique — forcément très impopulaires — exigées par les bailleurs de fonds internationaux.

    Le gouvernement Jaruzelski n’a donc pas le choix.

    Il invite une opposition, coalisée sous la bannière du syndicat Solidarité que dirige Lech Walesa, à venir discuter d’une réforme politique en Pologne.

    Téléjournal, 5 février 1989

    Les pourparlers commencent le 5 février 1989, comme le rappelle le journaliste Jacques Merlinot dans un reportage présenté au Téléjournal le 6 février 1989 et qu’anime Bernard Derome.

    Les négociations se tiennent autour d’une immense table ronde qui devient un symbole pour les Polonais.

    D’entrée de jeu, Lech Walesa exige le rétablissement des libertés fondamentales et des élections démocratiques.

    Le gouvernement communiste ne fera cette concession que si le syndicat Solidarité appuie son programme de réforme économique.

    La discussion aboutit le 5 avril 1989 à l’Accord de la « table ronde ».

    L’événement est historique. Les communistes acceptent un scrutin partiellement libre dans lequel s’affronteront plusieurs partis politiques.

    Ce jour-là, une brèche, qui part de Varsovie, lézarde le mur de fer qui confine l’Europe de l’Est sous le joug du communisme.

    Un printemps en Pologne

    Dans trois jours, dimanche, les Polonais vont écrire une page importante de leur histoire. Ils vont voter.

    Simon Durivage

    Le Point, 15 juin 1989

    Le journaliste Gilles Gougeon s’est rendu en Pologne juste avant ce scrutin historique.

    Gilles Gougeon arrive dans un pays qui doit apprendre à toute vitesse l’art de la démocratie qu’il a oublié depuis 1945.

    Solidarité doit s’organiser dans l’urgence alors qu’il n’est redevenu légal que depuis quelques semaines.

    Cette faiblesse, le syndicat la compense par un avantage que ne possède plus le pouvoir communiste : l’appui de la population.

    Le journaliste nous ramène des images qui valent mille mots sur le rapport de force entre les deux ennemis.

    Que dire quand on voit les travailleurs d’une usine métallurgique pleurer, chanter leur joie et même s’agenouiller lorsqu’on retourne la bannière — interdite jusque-là — de Solidarité à leur lieu de travail!

    On comprend que le communisme va être balayé en Pologne… et peut-être ailleurs en Europe de l’Est.

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