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Greg Ritchie, victime d'un affrontement mortel avec la police, avait des problèmes de santé mentale

Une casquette de baseball sur un trottoir enneigé.

Une casquette de baseball pour homme, retrouvée non loin de l'affrontement mortel avec la police.

Photo : Radio-Canada / Giacomo Panico

CBC

Des membres de la famille de Greg Ritchie, un homme âgé de 30 ans qui a été abattu par la police d'Ottawa jeudi, ont déclaré vendredi qu'il souffrait de maladie mentale et qu'il se rendait dans une pharmacie pour acheter des médicaments au moment où l'affrontement mortel avec la police est survenu.

Chantel Ritchie et son mari Nick Ritchie - le frère de la victime, un Autochtone de 30 ans - ont récemment quitté Kitchener, en Ontario, pour s'installer à Ottawa et ont invité la victime, qui souffrait de maladie mentale depuis son plus jeune âge, à vivre avec eux.

Jeudi matin, Greg Ritchie est mort après avoir été atteint par balle par un policier d'Ottawa, dans le secteur du centre commercial Elmvale Acres, boulevard Saint-Laurent, confirme l'Unité des enquêtes spéciales (UES) de l'Ontario.

Des auto-patrouilles du Service de police d'Ottawa.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Plus d'une douzaine d'auto-patrouilles se sont déplacées pour l'intervention.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

De « bonne humeur »

Nous avons essayé de l'aider. Nous avons été au Centre [de santé autochtone] Wabano… et ils nous ont aidés. Ça prenait du temps, mais ils prenaient des mesures pour sa prise en charge médicale, a expliqué Chantel Ritchie, dans une entrevue téléphonique à CBC, jeudi soir.

Greg Ritchie était de bonne humeur après avoir reçu son paiement du Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées et acheté du café, a raconté Mme Ritchie.

Son frère lui a demandé quels étaient ses plans pour la journée.

Il a répondu : "Je vais sortir. Je veux prendre mes médicaments parce que j'ai vraiment mal à la tête et que je ne me sens pas bien. J'ai l'impression que j'ai besoin de médicaments, a-t-elle poursuivi tout en précisant qu'il se remettait d'une commotion cérébrale.

Nick Ritchie a dit à Greg de mettre son manteau et a ajouté que la pharmacie - dont la victime était un client régulier depuis son déménagement à Ottawa - n'ouvrait pas ses portes avant 8 heures le matin.

À 7 h 53, la police d'Ottawa a été appelée relativement à un incident suspect dans un centre commercial.

« Un cri qui glaçait le sang »

Un enregistrement audio de Broadcastify, un site qui donne accès aux appels d’urgence, indique que Greg Ritchie a été vu entrant dans le centre commercial avec un couteau à la main.

L'UES de l'Ontario a confirmé plus tard que l'homme avait une arme, sans spécifier laquelle. Elle a également déclaré qu’un policier avait été légèrement blessé lors de l’affrontement. Des sources ont parlé de coupure au front à CBC. Un agent impliqué dans l'affrontement mortel avait été précédemment accusé de voies de fait causant des lésions corporelles. Il a été acquitté par la suite.

Peu de temps après que Greg Ritchie a quitté son domicile, le couple a entendu de l'agitation à l'extérieur et Nick Ritchie s'est levé pour regarder.

Il a regardé par la fenêtre, mais il ne pouvait pas vraiment voir les lieux [le stationnement où l'affrontement avait eu lieu], a expliqué Chantel Ritchie.

Et puis, un peu plus tard, il a entendu un cri, un cri qui glaçait le sang comme si quelqu'un craignait pour sa vie. Et tout de suite après, nous avons entendu des coups de feu. Je ne sais pas combien, mais il y en avait plus de deux... et nous les avons entendus de notre immeuble, a-t-elle ajouté.

Nick Ritchie s'est levé pour vérifier la cage d'escalier, où son frère faisait souvent de l'exercice parce qu'il avait peur de sortir, mais il n'y était pas. Il a ensuite appelé la pharmacie pour demander si son frère était venu et il a reçu une réponse négative.

Pendant ce temps-là, Chantel Ritchie s'est rendue dans le salon d'où elle pouvait voir la police s'occuper de quelqu'un allongé au sol. Son téléphone ne lui permettait pas de zoomer suffisamment pour voir qui c'était, alors elle a pris une caméra vidéo.

Nous priions pour qu'on lui dise de quitter les lieux ou quelque chose du genre [...], mais je pense que Nick savait [ce qui s'était passé], a-t-elle poursuivi. Quand j'ai zoomé, ils mettaient quelqu'un sur une civière et ça pouvait être lui.

Le couple est sorti pour parler à la police qui a confirmé l'identité de la victime et l'a dirigé vers l'hôpital où la mort de Greg Ritchie a été constatée.

Ça nous a brisé le coeur, parce que ce que nous redoutions est arrivé ce jour-là, et nous l'avons entendu, nous l'avons vu. Il n'y a rien que nous aurions pu faire et nous étions juste là.

Chantel Ritchie

Ce n'est pas ce genre de personne, vous savez... Il est facilement effrayé. On sait qu'il était terrorisé dans un moment comme celui-là. Il avait peur d'aller dans une épicerie… d'être dans une foule, parce qu'il a peur que les gens veuillent lui faire du mal ou ne l'aiment pas à cause de son apparence, a-t-elle indiqué. Et honnêtement, nous avons vu la réaction des gens qui ne font que jeter un coup d'œil. Il était membre des Premières Nations, il a déjà été sans abri et il avait peur.

Et ça nous fait vraiment mal de ne pas avoir pu être là à ce moment pour pouvoir le calmer, parce ça ne se serait pas produit si nous avions été là, croit Mme Ritchie.

Les pointes de flèche et les artefacts lui permettaient de se sentir en sécurité

Nick et Greg Ritchie, tous les deux ojibwés, ont été enlevés à leur mère et confiés à une « grande » famille d'accueil qui travaillait pour que leur mère soit intégrée à la vie de ses enfants. Très tôt, Greg Ritchie a eu des problèmes de santé mentale.

Ses symptômes se sont aggravés et, vers l'âge de 11 ans, il a essayé de se suicider, a expliqué Chantel Ritchie.

Il a été transféré et placé dans un autre foyer.

Chantel Ritchie l'a rencontré pour la première fois en 2012.

J'ai tout de suite pu voir qu'il souffrait de maladie mentale, mais quand il était avec sa famille, il était très heureux. Il était très attaché à sa culture et à ses ancêtres. Il a parfois montré qu'il ressentait de la douleur en lien avec ce qui était arrivé à son peuple… Mais il était heureux d'être avec sa famille, d'assister aux pow-wow et d'aider à organiser ces événements, a-t-elle déclaré.

Parfois, il maintenait des feux sacrés lors de cérémonies et passait du temps dans les bois et les rivières à la recherche de pointes de flèche. Cela l'a également réconforté de recréer des pointes de flèche et d'autres artefacts. Il les gardait avec lui, parce que cela lui permettait de se sentir en sécurité. Nous lui disions toujours : "Ne les emporte pas avec toi", car nous avions peur que cela se produise, a-t-elle conclu.

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