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Le SPVM présente au public son projet de caméras portatives

Un policier du SPVM porte une caméra portative.
Le SPVM n'a pas été convaincu par le projet pilote qu'il a mené sur l'utilisation de caméras portatives. Photo: SPVM
Radio-Canada

Les résultats du projet pilote visant à équiper des policiers de caméras portatives ont été présentés au public vendredi matin par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) lors d'une séance de la Commission de la sécurité publique de la Ville.

Dans son rapport, publié mardi sur le site Internet de la commission, le SPVM dresse un bilan plutôt négatif du projet, qui visait à renforcer le lien de confiance entre la police et les citoyens.

Il constate que les caméras n'ont que très peu d'incidence sur le déroulement des interventions. Pendant le projet pilote, il n'y a pas eu de diminution de l'usage de la force par les policiers, ni des actes violents envers eux.

Les auteurs du rapport notent aussi que l’activation manuelle des caméras par les policiers présente des défis en situation d’urgence et que les policiers perçoivent cet outil comme une intrusion dans leur vie privée au travail.

De plus, le SPVM évoque des coûts très élevés pour l’implantation de cette technologie à grande échelle, soit au moins 17,4 millions de dollars sur cinq ans entre autres pour l’acquisition des appareils et la formation des policiers.

Le traitement de l’information recueillie nécessiterait en plus l’équivalent du travail de 200 policiers à un coût de 24 millions de dollars par année, estime-t-il.

Le président de la commission, Alex Norris, a d'ailleurs exprimé son inquiétude par rapport aux coûts de cette technologie.

« On envisagerait de dépenser des centaines de millions de dollars à travers les prochaines décennies dans un système de caméras portatives qui ne recueillerait que des fragments de séquences vidéos », a-t-il souligné.

Quelque 17 000 enregistrements ont été réalisés pendant le projet pilote, pendant lesquels on a capté 13 événements d'usage de la force, dont seulement 8 dans leur entièreté.

Pendant la période de questions, la Ligue des droits et libertés a demandé qu'il y ait une consultation publique afin de faire un débat de fond sur la question.

Une solution aux problèmes de profilage, croit l’opposition

Pour l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville, l’utilisation de ce type de caméra devrait au contraire être la norme pour les policiers. Elle souligne dans un communiqué que les conclusions du rapport sont basées « en grande partie sur les perceptions de ces policiers ».

« C'est la nature humaine : les policiers n'admettront jamais qu'ils ont un comportement différent parce qu'ils portent une caméra. Mais le fait demeure que nos citoyens demandent une plus grande transparence du SPVM, surtout devant les nombreux cas rapportés de profilage racial ou social. Nous demeurons persuadés que les caméras portatives sont une solution réaliste à ce fléau », a indiqué Abdelhaq Sari, vice-président de la Commission sur la sécurité publique et porte-parole d'Ensemble Montréal en matière de sécurité publique.

Pour lui, les policiers n'avaient pas les mêmes préoccupations de coûts lorsqu'il s'est agi d'acquérir d'autres types d'équipements, comme les fusils d'assaut ou les pistolets à impulsions électriques.

Pour sa part, Marcel Savard, un ancien directeur général adjoint de la Sûreté du Québec, a dit à RDI que les policiers seront certainement un jour équipés de caméras, même s'il faudra peut-être y aller progressivement.

« Les caméras portatives, on va y arriver un jour. C’est une question de temps. Il ne faut pas voir ça comme un empêchement de fonctionner ou de faire de la sécurité publique. Les élus vont prendre le temps de regarder les impacts et la faisabilité [de cette mesure]. Et on va probablement demander d’aller plus loin dans la recherche et dans le déploiement [pour voir] comment on pourrait faire ça de façon progressive », croit-il.

Au pays, seule la police de Calgary a doté ses agents de caméras corporelles. Le corps de police de Victoria, en Colombie-Britannique, a indiqué son intention de le faire.

Avec des informations de Marc Verreault et de Valérie-Micaela Bain

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