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Les carambolages sont évitables si l'on adapte sa conduite

Plusieurs véhicules bouchent la voie. On voit aussi des remorqueuses et des autos dans le fossé, de part et d'autre de la route.

Un carambolage de plusieurs dizaines de véhicules s'est produit sur l'autoroute 40, le 27 janvier 2019.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Wagner

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'hiver particulièrement rigoureux cette année en Amérique du Nord peut devenir un cauchemar pour les automobilistes. Et plus on est pressé, plus on est à risque. Car ce sont ceux qui ne modifient pas suffisamment leur conduite en fonction des conditions routières et météorologiques qui représentent un danger.

Les carambolages sont-ils causés par une météo capricieuse ou par des automobilistes inadaptés?

Chose certaine, ces accidents à collisions multiples surviennent en toutes saisons. Les carambolages peuvent être causés par du brouillard, des tempêtes de sable, des éblouissements dus au soleil, de la pluie, de la pluie verglaçante, de la glace noire, de la neige, des bourrasques et par ce qu'on appelle le phénomène du voile blanc, comme ce qui est survenu récemment sur l’autoroute Félix-Leclerc, dans la région de Lanaudière.

Au Québec, on compte toutefois plus de carambolages l'hiver que l'été. Selon des chiffres de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), de 2012 à 2017, c'est en janvier qu'on a répertorié le plus grand nombre d'accidents automobiles de 10 véhicules ou plus.

En janvier, pour ces années-là, on dénombrait au Québec un total de 34 accidents de ce type, tandis qu'il y en avait eu 16 pour les mois de mars et de décembre ainsi que 13 lors des mois de novembre. Lors des mois de février, 6 accidents de 10 véhicules ou plus sont survenus de 2012 à 2017.

Donc, les carambolages répertoriés par la SAAQ sont survenus en plus grand nombre lors de mois où les conditions hivernales rendent la conduite plus difficile. Pour tous les autres mois, on compte moins de cinq accidents de ce type, de 2012 à 2017.

Le grand nombre de carambolages survenus en janvier s’expliquerait en partie par l’accroissement de la circulation sur nos routes à l’occasion des Fêtes.

Le facteur humain, plus grand responsable

Qu’on se le dise, l’automobiliste pourra toujours pester contre le manque d’abrasifs ou encore le manque d’arbres le long des routes, le facteur humain reste déterminant. Mais comment se produisent les carambolages?

D’abord, par une première perte de contrôle d’un véhicule situé au début de la chaîne. Et peu importe la nature de ce premier incident – appelons-le l’événement zéro –, c’est le facteur humain qui va jouer par la suite.

Selon Marco Harrison, directeur de la Fondation CAA-Québec pour la sécurité routière et ancien policier de la Sûreté du Québec, « ce qui se produit bien souvent, c’est que la vitesse du flot de circulation des véhicules qui vont se percuter est souvent trop élevée et la distance entre les voitures n’est pas assez grande ».

Par conséquent, le ou les automobilistes ont très peu de temps pour réagir. Seuls les conducteurs qui seront éloignés de ce flot de véhicules pourront y échapper.

Bien sûr, les experts en conviennent, quand survient un événement météorologique fortuit, éviter de se retrouver pris dans un carambolage peut être difficile. Mais les conditions météo saisonnières devraient au départ avoir incité le conducteur à moduler sa stratégie de conduite.

Non seulement en roulant plus lentement, compte tenu des conditions du sol et des conditions atmosphériques, mais aussi en prévoyant que faire un trajet l’hiver ou dans de mauvaises conditions ne devrait pas se planifier de la même manière que par temps sec et sous un beau ciel bleu, ajoute M. Harrison.

Essayer de gagner du temps à tout prix est un mauvais comportement pour un automobiliste.

Marco Harrison, directeur de la Fondation CAA-Québec pour la sécurité routière
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Courtoisie Audrey Lévesque

Pour éviter les carambolages

On peut tout de même se demander de combien de temps un automobiliste a-t-il besoin pour éviter une collision ou, pire, un carambolage.

Selon Martin Lavallière, professeur de kinésiologie au Département des sciences de la santé de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et membre du Réseau de recherche en sécurité routière du Québec, il faut avoir au moins deux secondes avec la voiture qui nous précède pour réagir adéquatement afin d’éviter une collision ou encore un carambolage. On ajoutera quelques secondes à ce minimum selon les conditions, précise le chercheur, « jusqu’à six secondes s’il le faut ».

Un temps de réaction qui sera évidemment mis à mal si l’automobiliste est distrait soit par ses passagers, soit par son utilisation du téléphone au volant, ou par sa fatigue. Et avoir le temps requis pour réagir ne sera pas toujours suffisant, car il faut aussi faire la bonne manœuvre selon les conditions routières. Freiner ou ralentir, selon les possibilités.

Le chercheur rappelle une évidence que certains automobilistes semblent oublier : « Il faut que la conduite soit notre priorité lorsqu’on est au volant. » Si on veut utiliser son téléphone, il serait préférable de céder le volant ou alors d'opter pour le transport en commun, souligne Martin Lavallière.

M. Lavallière étudie en ce moment, à l’aide de simulateurs de conduite à l’UQAC, le comportement de conducteurs âgés. Parfois, certains oublient de vérifier l'angle mort ou de regarder dans le rétroviseur.

Notre but est d’aider l’automobiliste à améliorer son comportement, comme une sorte de formation continue, pour permettre au conducteur d’éviter les collisions.

Martin Lavallière, professeur à l'UQAC

Martin Lavallière et son équipe de Saguenay créent de cette façon des leçons de conduite personnalisées. Des manières de faire qui pourraient éventuellement être reprises par les écoles de conduite traditionnelles.

Les aides à la conduite et les carambolages

À l'heure actuelle, les aides à la conduite et les véhicules autonomes ne serviraient pas à grand-chose dans le cas d'un carambolage, selon des experts. Car si l’aide en question est visuelle, elle ne servira pas à prévenir un accident si la visibilité est nulle. Ce n’est que lorsqu'on aura des véhicules connectés et que tous les véhicules le seront qu’on pourra, selon eux, davantage éviter les carambolages et autres accidents.

Mais ce n'est pas pour demain et, en attendant, il faut travailler sur le facteur humain et modifier nos stratégies de conduite, conclut Martin Lavallière.

Le reportage de Richard Massicotte a été diffusé aux Années lumière, à ICI Radio-Canada Première.

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