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Les États-Unis se retirent du traité nucléaire INF avec la Russie

Lancement d'un missile russe Islander-K lors d'un exercice militaire en septembre 2017.

Photo : The Associated Press

Radio-Canada

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, annonce que les États-Unis se retirent jusqu'à nouvel ordre du traité INF sur le désarmement nucléaire avec la Russie. Washington accuse Moscou de ne pas avoir respecté les termes de l'accord. L'OTAN appuie la démarche de Washington.

Le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF), signé en 1987 par les États-Unis et l’Union soviétique, est l’une des pièces maîtresses, avec les accords START et SALT, des importants efforts réalisés pendant la guerre froide pour contrôler les arsenaux nucléaires des deux puissances.

Vendredi, le secrétaire d’État Mike Pompeo a expliqué que la Maison-Blanche suspendra sa participation au traité dès samedi et s'en retirera définitivement dans six mois si Moscou persiste à ne pas en respecter les termes. Les États-Unis réclament « un respect total et vérifiable » des obligations de la Russie en matière de désarmement prévues dans l'INF.

La Russie refuse de prendre des mesures pour revenir à un respect réel et vérifiable du traité. Nous allons informer officiellement la Russie et les autres parties au traité que les États-Unis se retireront du traité INF dans six mois.

Mike Pompeo, secrétaire d'État américain

Signé il y a 32 ans par le président américain Ronald Reagan et le président de l'URSS, Mikhaïl Gorbatchev, l'INF régit l'élimination des missiles nucléaires américains et russes lancés depuis le sol et ayant une portée de 500 à 5500 kilomètres.

Dans les minutes qui ont suivi cette annonce de Washington, l'OTAN s'est rangée aux côtés des États-Unis en déclarant dans un communiqué que « les Alliés appuient pleinement cette démarche ». La chancelière allemande Angela Merkela par ailleurs salué le délai de six mois accordé par Washington, estimant qu'il est important de laisser la porte ouverte au dialogue ».

Un soldat russe présente le nouveau système de missile russe 9M729 lors d'une démonstration à Moscou.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un soldat russe présente le nouveau système de missile russe 9M729 lors d'une démonstration à Moscou.

Photo : The Associated Press / Pavel Golovkin

Depuis plusieurs mois, les États-Unis et l'OTAN accusent la Russie de violer le traité INF en produisant des missiles Novator 9M729 capables de transporter des charges nucléaires et d'atteindre des cibles jusqu'à une distance de 1500 kilomètres. C'est en 2014, sous la présidence de Barack Obama, que les États-Unis avaient pour la première fois accusé Moscou d'enfreindre le traité sur les armes nucléaires de moyenne portée.

Mike Pompeo a de nouveau réclamé vendredi la destruction des missiles Novator 9M729, de leurs lanceurs et des équipements qui leurs sont associés, faute de quoi « le traité aura vécu ».

Le secrétaire d'État a précisé que les États-Unis demeurent malgré tout disposés à poursuivre des négociations avec la Russie si cette dernière démontre un réel intérêt et consent à présenter des résultats vérifiables.

Le retrait sera effectif dans six mois, à moins que la Russie respecte ses obligations en détruisant tous ses missiles, lanceurs et équipements qui violent le texte.

Donald Trump, président des États-Unis

Ottawa blâme Moscou

Le gouvernement du Canada rejette le blâme sur la Russie pour le retrait des États-Unis du traité INF.

Adam Austen, porte-parole de la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, a déclaré que le Canada était déçu que les gestes posés par la Russie aient entraîné cette décision des États-Unis.

Moscou dénonce le refus de négocier des Américains

La Russie affirme de son côté que la portée du Novator n'excède en rien les 500 kilomètres prévus par le traité INF.

Moscou, qui affirme regretter la décision des États-Unis de se retirer du traité INF, accuse Washington d'avoir refusé de négocier avec la Russie pour éviter une telle impasse.

« L'absence de volonté, de la part des Américains, d'écouter le moindre argument et de mener avec nous des négociations sur le fond montre que la décision de rompre ce traité a été prise à Washington il y a longtemps », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Avec les informations de Reuters, Associated Press, et La Presse canadienne

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