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Trop de médicaments pour les troubles de comportement disent les médecins

Médecin debout en entrevue devant une affiche rouge du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le pédiatre Jean-Benoît Bouchard

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des pédiatres du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de l'ensemble du Québec dénoncent la prescription abusive de médicaments pour traiter les troubles de comportement chez les enfants.

Le Dr Jean-Benoît Bouchard, qui travaille à la Clinique de pédiatrie du Saguenay, a cosigné une lettre rédigée par une cinquantaine de médecins de la province inquiets de voir le nombre d’ordonnances exploser.

Leur missive a été publiée dans des quotidiens nationaux jeudi.

On pense qu'il faut que les gens se remettent en question au niveau du diagnostic et au niveau du traitement et ça commence par nous comme médecins. On voulait sensibiliser la population et sensibiliser aussi nos confrères et consoeurs,

Jean-Benoît Bouchard, pédiatre

Selon l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes de 2017, 29 % des élèves de la région rapportaient avoir reçu le diagnostic d'un trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Deux fois plus au Québec

Les médecins s'appuient sur de récentes statistiques qui révèlent que le nombre de prescriptions en lien avec le TDAH est deux fois plus élevé au Québec qu’ailleurs au Canada.

En 2014-2015, environ 6,4 % des patients âgés de 6 à 25 ans se sont fait prescrire des médicaments pour le TDAH, tandis que la moyenne canadienne se situe à 3,3 %. Cette situation a incité un groupe de 48 professionnels de la santé, dont 45 pédiatres, à sonner l’alarme.

La professeure et chercheure en sociologie à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) Marie-Christine Brault questionne elle aussi l'utilisation abusive de médicaments pour ces cas spécifiques.

Au Québec, le nombre de prescriptions pour les patients de 0 à 25 ans est passé de 2,7 % en 2006 à 5,8 % en 2015.

Marie-Christine Brault note que dans certaines régions, les prévalences sont plus élevées que pour d’autres.

« On peut se questionner sur ce qui se passe à l'intérieur de ces régions-là. On sait aussi que les enfants qui viennent de milieux socio-économiques défavorisés ont de plus grandes chances d'avoir le diagnostic de TDAH et que les garçons ont plus de chances aussi d'avoir le TDAH », explique-t-elle.

De l’avis des médecins, les parents et le milieu scolaire font partie de la solution.

La psychologue à la retraite Fabienne Boudreault a évolué dans le milieu scolaire pendant des années.

Elle a vu l'émergence des cas de TDAH depuis la fin des années 90.

Elle croit que les médicaments demeurent un outils, mais que ce n’est pas la panacée.

« On cherche la solution qui va être rapide et efficace. La médication est souvent rapide et efficace, mais pas à long terme. Puis c'est trop. On a voulu faire de cette solution-là une solution à tout. Est-ce qu'on ramène le balancier? Parce que là, on est en train de perdre le contrôle », soulève Fabienne Boudreault.

D’après un reportage de Frédéric Tremblay

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