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L'ex-président catalan Carles Puigdemont toujours déterminé à poursuivre le combat

Le procès des indépendantistes catalans incarcérés en Espagne est injuste, plaide l'ex-président catalan Carles Puigdemont depuis son exil en Belgique. Photo: Reuters / Denis Balibouse
Karim Ouadia

Douze leaders indépendantistes catalans, dont neuf incarcérés en Espagne, subiront leur procès en février, à Madrid. En entrevue à 24/60 depuis la Belgique, où il vit en exil depuis l'automne 2017, l'ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont estime qu'il est de son devoir de continuer à « dénoncer cette situation inacceptable ».

« Ils ne peuvent même pas s'exprimer », dit-il au sujet de ses compagnons d'armes indépendantistes accusés, selon le cas, de rébellion, de sédition, de désobéissance et/ou de détournement de fonds, ce qui pourrait leur valoir de 7 à 25 ans de prison.

L'ex-président ne comprend pas que l’on puisse les considérer comme des criminels pour avoir convoqué un référendum sur l'autodétermination suivi d'une déclaration unilatérale d'indépendance qui a entraîné la mise sous tutelle de la Catalogne, en octobre 2017.

Nous sommes des citoyens européens parfaitement libres dans toute l’Europe […] sauf en Espagne.

L'ex-président catalan Carles Puigdemont

M. Puigdemont précise que « la Constitution espagnole ne rejette pas le droit d’autodétermination. En fait, elle le reconnaît », dit-il s’appuyant sur l’article 96 de ces textes fondamentaux, qui stipule clairement « que tous les traités internationaux signés par le Royaume d’Espagne font partie de l’ordre interne de l’État ».

« Il y a le Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui a été ratifié par l’Espagne en 1977 et dont le premier point est : tous les peuples ont droit à l’autodétermination », explique-t-il.

Deux poids, deux mesures

« Le problème n’est pas que l’Espagne ne reconnaît pas ce droit, mais qu’elle ne le respecte pas pour la Catalogne », ajoute M. Puigdemont, qui décoche au passage quelques flèches en direction de l’Union européenne et souligne son incohérence en la matière.

C’est quand même quelque chose d’étonnant que dans le cadre de l’Union européenne, un référendum puisse être parfaitement légal dans le cas de l’Écosse et que dans le cas de l’Espagne, c’est un crime.

L'ex-président catalan Carles Puigdemont

« Personne ne doit être emprisonné ni jugé pour avoir obéi au mandat d’un Parlement légitime », dit-il, rappelant que les indépendantistes catalans disposaient de la majorité des sièges à l'Assemblée législative catalane.

Carles Puigdemont juge inacceptable de voir, dans une démocratie occidentale, des prisonniers politiques, des exilés politiques et la persécution d'opposants dont la liberté d’expression est brimée.

Oui, c’est un prix très lourd, mais on doit continuer à se battre.

L'ex-président catalan Carles Puigdemont

M. Puigdemont entend continuer à parcourir l’Europe et le monde pour « dire que les Catalans veulent exercer leur droit à décider de leur avenir comme le reste des peuples du monde. Et que l’Espagne n’est pas une démocratie exemplaire ».

Pourquoi une Catalogne indépendante?

Le leader indépendantiste explique qu'un État indépendant donnerait aux Catalans « les outils et les ressources » pour faire face aux défis qui les attendent. Il énumère également une série de revendications restées sans réponses.

La Catalogne, souligne-t-il, ne reçoit pas les investissements requis pour améliorer ses infrastructures.

On n’a pas respecté notre langue. On ne peut pas parler catalan au Parlement espagnol […] le seul chemin pour continuer à être une nation respectée est de devenir un État indépendant.

L'ex-président catalan Carles Puigdemont

Un dialogue est-il encore possible?

« Oui, je plaide pour un dialogue politique », dit M. Puigdemont, qui affirme avoir montré sa bonne foi en laissant ouverte une fenêtre de dialogue, dont Madrid a profité pour préparer la répression.

L'ex-président catalan se dit toujours disposé à discuter. Il rappelle que le socialiste Pedro Sanchez « est devenu premier ministre de l’Espagne grâce à notre soutien ».

Le conservateur Mariano Rajoy a été renversé et remplacé par M. Sanchez à la tête du gouvernement espagnol en juin 2018. L'entrée en fonction du nouveau gouvernement indépendantiste de Quim Torra à Barcelone a ensuite entraîné la levée de la tutelle de la Catalogne.

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