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Québec solidaire met au défi la ministre Guilbault de visiter la prison Leclerc

Plan panoramique de l'établissement Leclerc.

L'établissement de détention Leclerc, à Laval, est classé comme prison à sécurité très élevée.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Québec solidaire met au défi la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, d'aller visiter la prison Leclerc, à Laval, qui serait au bord de la « crise humanitaire ».

En entrevue à La Presse canadienne, jeudi, le député solidaire Alexandre Leduc s'est dit choqué de voir la ministre tolérer la détérioration des conditions de détention des femmes dans cette prison.

« On qualifie un État, une société, voire une civilisation à la manière dont elle traite ses détenus, s'est-il insurgé. Je ne nous donnerais pas une grosse note dans cet exemple-là, de la prison Leclerc ».

Une requête en injonction a été déposée jeudi matin à Saint-Jérôme devant la Cour supérieure du Québec au nom de deux détenues qui dénoncent notamment la mauvaise qualité de l'eau, le manque de chauffage ainsi que les fouilles à nu, qui seraient effectuées de manière inappropriée.

La Cour supérieure a refusé d'accorder une injonction pour forcer la prison à améliorer ses conditions de détention.

La prison Leclerc a jadis été fermée par le fédéral, parce que jugée vétuste. Québec s'en est ensuite porté acquéreur, parce que ses propres établissements étaient surpeuplés.

En 2016, devant les plaintes de la Coalition d'action et de surveillance sur l'incarcération des femmes du Québec (CASIFQ), le ministre de l'époque, Martin Coiteux, avait laissé entendre que l'installation des détenues à l'établissement Leclerc n'était que transitoire.

« Cela fait trois ans que nos organisations alertent les autorités compétentes sur l'inhumanité des conditions de détention des femmes et la violation de leurs droits fondamentaux, a commenté Lucie Lemonde, porte-parole de la Ligue des droits et libertés, dans un communiqué. La ministre Guilbault ne peut plus continuer de faire la sourde oreille. »

« On nous rapporte des problèmes de rats, de salubrité, de chauffage. [...] Est-ce qu'on tolérerait ça pour un prisonnier canadien dans un autre pays, par exemple? s'interroge M. Leduc. On commencerait à voir des pressions politiques, on ferait de grandes campagnes pour le sortir de ces conditions-là. »

Il propose d'accompagner la ministre lors d'une mission d'observation à l'établissement Leclerc, pour qu'elle constate elle-même l'urgence de déplacer les détenues. « On est à la frontière d'une crise humanitaire à Laval, en 2019, c'est quelque chose qui est assez surréaliste », a-t-il déclaré.

Mme Guilbault n'était pas disponible dans l'immédiat pour répondre à la demande de M. Leduc, jeudi.

Québec solidaire n'exclut pas de faire front commun avec les autres partis d'opposition pour faire avancer le dossier.

Les travaux parlementaires à Québec reprennent mardi prochain.

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