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Jeux de la Francophonie: Sherbrooke a-t-elle fermé la porte trop rapidement ?

La finale du 100 m aux Jeux de la francophonie d'Abidjan, remportée par Dylan Sicobo des Seychelles. Le Canadien Bismark Boateng (no 18) a gagné le bronze.
La finale du 100 m aux Jeux de la francophonie d'Abidjan. Photo: AFP / Issouf Sanogo
Radio-Canada

Le désistement du Nouveau-Brunswick de l'organisation des Jeux de la Francophonie de 2021 cause bien des remous à Sherbrooke. Des conseillers municipaux estiment que l'administration de Steve Lussier aurait dû les consulter avant de fermer la porte à l'idée de reprendre le flambeau de ce rendez-vous sportif d'envergure.

La Ville de Sherbrooke aurait dû enclencher une réflexion plus sérieuse quant à la possibilité d'organiser l'événement plutôt que d'y aller d'un refus catégorique, croit le conseiller Vincent Boutin.

Il rappelle que Sherbrooke était finaliste pour devenir ville hôte au même titre que Moncton.

Il y a un coût à faire ces Jeux, mais il y a aussi un coût à ne pas les faire. C'est un formidable outil pour moderniser nos infrastructures, indique le président par intérim du comité du sport et du plein air.

Il cite en exemple l'édifice CERAS qui mériterait d'être remis à niveau, des travaux qui ne peuvent pas être réalisés par manque d'argent.

Avec des sous provenant des Jeux de la Francophonie, on pourrait refaire ce genre d'infrastructures. Il faut y penser, il faut que le conseil municipal y pense, pas seulement monsieur le maire, insiste-t-il.

La conseillère Évelyne Beaudin est du même avis. Elle estime que Sherbrooke a peut-être une « deuxième chance » à saisir.

Selon elle, une discussion publique et une étude plus approfondie de l'implication financière du projet auraient été « la moindre des choses. »

On veut pouvoir au moins évaluer un projet avant de le rejeter du revers de la main, croit-elle.

De son côté, le conseiller Pierre Tremblay assure que « tout sera mis en marche » pour regrouper autour d'une même table tous les intervenants concernés par ce projet.

Le maire a commis une grave erreur, lance-t-il. J'ai été déçu et choqué de sa réponse. 

Le conseiller municipal Vincent BoutinLe conseiller municipal Vincent Boutin Photo : Radio-Canada

L'argent, le nerf de la guerre

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a annoncé son retrait mercredi en raison des coûts d'organisation, jugés trop élevés.

Le budget du comité organisateur avait varié à trois reprises, passant de 15 millions $ en 2015 à 130 millions $ en 2018, puis à 62 millions $ en 2019.

À l'époque, la ville de Sherbrooke avait plutôt estimé le budget de l'organisation à 50 millions $, une somme qui aurait été partagée équitablement avec les deux autres paliers gouvernementaux.

En 2016, Vincent Boutin était membre du conseil municipal lors de la présentation de la candidature de Sherbrooke dans la course à l'obtention des Jeux de la Francophonie.

On avait fait un plan d'affaires détaillé, explique M. Boutin. Je pense que ce qu'on avait sous la main, comparativement à Moncton, [c'est que] nos chiffres étaient véridiques. Il y a une possibilité de s'asseoir avec le gouvernement et de travailler un compromis pour organiser ces Jeux.

Il faut rouvrir le dossier. À la base, il avait été bien monté, rappelle Pierre Tremblay. Les intervenants s'étaient assurés qu'il y aurait des legs pour les infrastructures et aussi pour la culture.

Le cabinet du maire a indiqué à Radio-Canada que le dossier sera discuté à huis clos avec tous les élus lors du prochain conseil municipal, le 4 février.

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