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Une historienne appelle à la prudence avant de retirer des monuments de personnages historiques controversés

Une statue

Cette statue de Louis Riel devant le palais législatif est un des récents monuments de Winnipeg qui évoque l'histoire des Autochtones.

Photo : Radio-Canada / TREVOR LYONS

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Retirer les monuments historiques et renommer des lieux pour éliminer les personnages qui commémorent l'histoire colonialiste du Canada peut représenter un danger, affirme l'auteure et historienne manitobaine Jacqueline Blay.

« On ne peut pas effacer l’histoire, qu’elle soit positive ou négative », affirme Mme Blay.

Oublier l’histoire ou la mettre de côté représente un danger, selon elle.

« Il faut se rappeler notre histoire pour éviter de la répéter », dit-elle.

Mme Blay donne l'exemple du nom du quartier Wolseley, à Winnipeg, qui tire son nom de l’officier britannique Garnet Wolseley, qui était venu prendre possession du Manitoba au nom du Canada.

« En venant prendre possession du Manitoba, il avait indiqué très clairement qu’il voulait s’emparer de [Louis] Riel », explique Jacqueline Blay, ajoutant que les écrits de Wolseley démontrent que l’officier avait très peu de respect pour le chef des Métis et, du même coup, le peuple métis.

Elle admet cependant que la discussion sur cette question est nécessaire et importante.

« Qu’on enlève les statues ou qu’on les laisse, il va falloir expliquer pourquoi le geste a été posé », ajoute l’historienne.

Une priorité qui n’en est pas une

Cette semaine, le maire de Winnipeg, Brian Bowman, lançait un sondage en ligne nommé « Redécouvrir Winnipeg » qui doit permettre de lancer des discussions sur la question de la représentation de l'histoire des Autochtones dans des lieux publics.

Cependant, un récent sondage de la firme Probe Research, commandé par CBC Manitoba, révèle que la question ne serait pas une priorité pour la population.

Seulement 39 % des Autochtones, Métis et Inuits manitobains interrogés pensent que le fait de supprimer des statues et de changer le nom des lieux qui commémorent les personnages historiques de l'histoire colonialiste du Canada devrait être considéré comme un aspect majeur de la réconciliation.

Méthodologie : 

La collecte des données s’est déroulée du 28 octobre au 26 novembre 2018 à l'aide d’appels téléphoniques et d’un panel web auprès d'Autochtones, de Métis et d'Inuits du Manitoba de plus de 18 ans. Au total, 502 personnes ont répondu au sondage. Il est impossible de calculer une marge d'erreur sur un échantillon non probabiliste comme celui-ci.

Le sondage a également interrogé les répondants autochtones sur la question de renommer le boulevard Grandin.

La route du sud de Winnipeg porte le nom de monseigneur Vital-Justin Grandin, prêtre catholique et évêque qui a fait pression sur le gouvernement fédéral pour qu'il finance la construction de pensionnats autochtones.

Bien qu’il ait défendu les droits des Métis, il était également convaincu que les membres des Premières Nations devaient être « civilisées » et considérait les pensionnats comme le moyen d'y parvenir.

Le sondage indique que 57 % des répondants ont déclaré que le nom de la route devrait demeurer, mais qu'il fallait prendre des mesures pour informer la population au sujet de monseigneur Grandin. Un quart des personnes interrogées souhaiteraient que la route change de nom, et 14 % préféreraient simplement conserver le nom.

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