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Voici pourquoi Drake boude les Juno

Un homme avec un manteau jaune sans manches a les bras dans les airs, lors d'une performance musicale.
Drake en prestation Photo: getty images for coachella / Christopher Polk
Angie Landry

Celui qu'on connaît pour être l'ambassadeur canadien du hip-hop à l'international, le rappeur Drake, est (encore) le grand absent des nominations aux prix Juno, dont la liste a été annoncée mardi. Pourquoi? Parce qu'il s'en fiche un peu. Explications.

Pour la deuxième année consécutive, l’équipe du rappeur n'a pas soumis l'album de Drake à l'examen de l'Académie canadienne des arts et des sciences de l'enregistrement (CARAS), dont la date limite pour soumettre une candidature était le 9 novembre dernier. Pourtant, son plus récent album, Scorpion, est sorti à l’été.

Que faut-il donc en déduire? « C’est une question pour lui et son équipe », croit pour sa part le président-directeur général du CARAS, Allan Reid.

Mais pour la petite histoire, c’est que depuis son couronnement à titre de nouvel artiste de l'année en 2010, l’organisation des Juno aurait, selon le publiciste torontois Dalton Higgins, carrément boudé l’artiste.

Sur la scène musicale “urbaine” canadienne, on a toujours eu le sentiment que Drake avait été snobé à partir de la 40e cérémonie, en 2011, a-t-il déclaré par courriel à Variety.

Cette année-là, même s’il était finaliste dans six catégories, l’interprète de Hotline Bling est reparti bredouille. En 2016, il était en lice pour cinq prix. Sans repartir les mains vides, il n’a reçu qu’un prix soulignant le rayonnement à l’international de son oeuvre.

Un homme est accroupi dans le noir, sur une scène Photo : Getty Images / Photo by John Phillips

Dalton Higgins, qui est aussi auteur de la biographie de Drake Far From Over (Loin d'être terminé), a consacré un chapitre entier à Drake et aux Juno intitulé Juno Diss? (Un manque de respect des Juno?).

Il était le plus grand artiste de rap d'Amérique du Nord, sans parler du Canada, et n'avait rien gagné dans son pays d'origine. Cela ressemblait à une énorme gifle, à la fois pour lui et certaines autres entités puissantes du secteur de la musique canadienne.

Dalton Higgins
Le chanteur Drake regarde vers la caméra, entouré de jeunes femmes Photo : Drake/YouTube

Adapter son électorat

Mais pourquoi aussi peu d’amour pour Drake?

Parce que les Juno avaient légèrement de rattrapage musical à faire, estime Dalton Higgins.

Il fallait donc s'adapter à ce que la scène musicale offre, et à ce que le public écoute désormais. Simplement. Ça a aussi été le cas pour les Grammy et l'Académie nationale des arts et des sciences (NARAS). Ainsi, la CARAS a dû s’efforcer d’atteindre des électeurs plus « urbains » et plus jeunes, des progrès qu'Higgins concède avoir vus ces dernières années.

Le leadership aux prix Juno d'aujourd'hui, par rapport à l'époque, est considérablement plus fort, et l’organisation se lie maintenant à des gens qui savent vraiment ce qui se fait sur la scène rap.

Dalton Higgins

En attendant, on ne sait toujours pas si Drake se présentera au gala des Grammy à Los Angeles le 10 février prochain, où il est le deuxième artiste le plus nommé, dans sept catégories, dont les trois premiers prix : disque de l'année, album de l'année et chanson de l'année.

De son côté, l'organisation des Juno croise les doigts et espère que celui qui vante régulièrement son Toronto natal n'hésite pas à revenir au bercail... au moins le temps de la cérémonie des Juno en 2020.

Avec les informations de Variety

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