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Meurtre dans un CHSLD : la victime ne voulait pas finir comme sa mère

Michel Cadotte à sa sortie du palais de justice le 7 janvier 2019

Michel Cadotte est accusé d'avoir tué sa conjointe, Jocelyne Lizotte, qui souffrait de la maladie d'Alzheimer.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La défense a commencé à faire entendre ses témoins au procès de Michel Cadotte, accusé du meurtre non prémédité de sa conjointe, qui souffrait de la maladie d'Alzheimer. Six témoins, dont l'accusé et un psychiatre, vont défiler devant les jurés.

Un des deux avocats de la défense, Nicolas Welt, a expliqué aux jurés qu'il entendait démontrer que Michel Cadotte a tué sa femme alors qu'il était désespéré, dépressif.

Michel Cadotte a vu l'état de sa femme se dégrader, ce qui lui a causé de la tristesse, de la souffrance, un stress intense et une fatigue extrême. C’est dans un état troublé, alors qu’il était au bout de ses ressources, qu'il a tué Jocelyne Lizotte, le 20 février 2017, au CHSLD Émilie-Gamelin, où elle vivait, a exposé M. Welt.

La défense a fait entendre le témoignage de la sœur de la victime, Johanne Lizotte. Cette dernière a raconté que sa sœur lui avait dit à maintes reprises qu'elle ne voulait pas finir attachée sur un fauteuil, comme leur mère, elle aussi atteinte de la maladie d'Alzheimer, et qu'elle préférait mourir que de perdre sa dignité. Johanne Lizotte a aussi mentionné que son beau-frère était très patient, très attentionné avec sa sœur.

La défense a aussi fait entendre le témoignage de Lorraine Aubé-Roy, thérapeute en réadaptation qui a soigné Jocelyne Lizotte. Elle a décrit l'état de la patiente : elle ne communiquait presque pas, marchait très difficilement et dépendait des autres pour tout.

Le jour de la mort de sa patiente, elle a croisé Michel Cadotte dans l'ascenseur. Lorsqu’elle lui a demandé comment il allait, il a répondu : « Bof… ». Il l'a remerciée pour les soins qu'elle donnait à sa femme et lui a souri.

La sœur de l'accusé, France Cadotte, a aussi témoigné. Elle a raconté que son frère était devenu dépressif à partir du moment où il a placé sa femme. Il lui avait aussi parlé de ses difficultés au travail.

À une question de l’avocat de la poursuite, elle a répondu que c’était au son de sa voix qu’elle avait déduit que son frère était dépressif. Elle ne l’avait pas vu depuis huit ou neuf ans et ils se parlaient au téléphone ou communiquaient sur Facebook de temps en temps.

L'avocat Nicolas Welt a déclaré aux jurés dans sa déclaration initiale que la défense ne contesterait pas le fait que M. Cadotte a mis fin aux jours de son épouse. La défense plaidera plutôt que M. Cadotte ne peut être tenu criminellement responsable du meurtre en raison de son état d'esprit au moment des faits.

L'avocat a promis aux jurés que M. Cadotte expliquera lui-même comment il a vécu ces événements de l'intérieur.

Avec des informations de Karine Bastien, de Marc Verreault et de La Presse canadienne

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