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Francophonie canadienne : l'avant et l'après Doug Ford

Un homme.
Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford Photo: La Presse canadienne / Nathan Denette
Radio-Canada

Des professeurs, des politiciens, des journalistes et des membres de la francophonie se rassemblent jeudi à l'Université d'Ottawa pour une journée d'étude sur la francophonie canadienne et le Québec. Y aura-t-il un avant et un après Doug Ford?

En novembre dernier, le gouvernement conservateur de Doug Ford procédait à des compressions dans les services en français de l'Ontario, suscitant la colère des communautés francophones du pays.

Le 1er décembre 2018, des milliers de Franco-Ontariens ont manifesté partout dans la province pour crier haut et fort leur mécontentement.

La journée d'étude, qui a débuté par une allocution de la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, propose de comprendre ce mouvement de contestation et d'entrevoir ses répercussions.

Je m'attends à ce qu'il y ait une discussion qui vienne alimenter le débat public, mais je ne m'attends pas à de réponses catégoriques, a indiqué d'emblée Benoît Pelletier, professeur à la Faculté de Droit de l'Université d'Ottawa et ancien ministre responsable de la francophonie canadienne au Québec, en entrevue à l'émission Les Matins d'ici.

Selon lui, la mobilisation francophone qui a suivi l'annonce des coupes du premier ministre Ford est un phénomène [...] un événement majeur qui était surprenant et qui a un caractère qui est relativement inexplicable.

M. Pelletier a surtout souligné l'élan de solidarité de la part des Québécois.

On parlait beaucoup, avant, de l'indifférence des Québécois par rapport à la francophonie canadienne. On savait qu'il y avait une méconnaissance. [...] On parlait d'une attitude relativement condescendante des Québécois par rapport aux francophones des autres provinces et territoires. Avec cette solidarité qui s'est développée autour des coupes de M. Ford, je pense que là on a vu qu'il n'y en a plus d'indifférence, a-t-il décrit.

Lors d'une mêlée de presse, la ministre québécoise responsable de la Francophonie canadienne, Sonia LeBel, a abondé dans le même sens.

On est conscient que, depuis les 50 dernières années, il y a eu un positionnement peut-être un peu paternaliste de la part du Québec.

Sonia LeBel, ministre québécoise responsable de la Francophonie canadienne

C'est sûr qu'on a eu de grandes batailles à mener avec la loi 101 [...], mais il faut aussi réaliser qu'on a des camarades hors Québec, a déclaré la ministre.

Elle croit que le Québec a un rôle à jouer dans la défense de la langue, y compris en dehors des frontières de la province.

On est prêt à redéfinir ensemble le rôle important que le Québec peut jouer de par notre fonction, le fait qu'on est majoritairement francophones, mais aussi en étant à l'écoute et sensible aux réalités des autres, a-t-elle poursuivi.

Pour M. Pelletier, la question est maintenant de savoir qui va pouvoir fédérer le mouvement.

Pour moi, ça passe par un leadership politique, a-t-il ajouté. Et c'est là que j'interpelle le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec [...] pour qu'ils assument un leadership politique. Ça fonctionne en matière linguistique.

M. Pelletier croit que l'avenir au Canada passe par l'apprentissage des deux langues, c'est ça le message qu'il faut renouveler dans ce pays.

Avec les informations de Gilles Taillon

Ottawa-Gatineau

Francophonie