•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le responsable de la tragédie des Broncos s'est excusé, les larmes aux yeux

Un dessin professionnel de Jaskirat Singh Sidhu au moment où il s'est levé pour faire une déclaration à la cour
Jaskirat Singh Sidhu lorsqu'il a pris la parole devant les tribunaux et les familles des victimes de la tragédie des Broncos. Photo: Cloudesley Rook-Hobbs
Radio-Canada

Lors de la dernière journée d'audience de détermination de sa peine, Jaskirat Singh Sidhu a pris la parole, les larmes aux yeux, devant la cour et les proches des victimes. À la suite des arguments finaux de la Couronne et de la défense, la juge a annoncé qu'elle rendrait sa décision le 22 mars prochain, à Melfort, en Saskatchewan.

Jaskirat Singh Sidhu a plaidé coupable à 29 chefs d'accusation de conduite dangereuse d'un véhicule à moteur. La Couronne demande une peine de 10 ans d'emprisonnement pour chaque chef d'accusation, à purger simultanément. De son côté, la défense n'a pas remis de suggestion en ce sens.

Durant la présentation de ses arguments, la Couronne a également exigé que les années d'emprisonnement du responsable soient suivies par une période de 10 ans sans qu'il ait la possibilité de conduire un véhicule à moteur. La défense a trouvé que la demande est sévère, mais n'a pas dit qu'elle était en désaccord.

À la fin de la présentation des arguments de la défense, Jaskirat Singh Sidhu s’est levé, la tête basse et en pleurant. « Je ne peux même pas imaginer ce que vous traversez », a-t-il dit aux membres des familles, qui pleuraient aussi, dans la salle.

« Je suis sorti de mon camion et j’ai entendu des enfants pleurer », a-t-il poursuivi. « J'ai mis du temps à voir et ensuite à réaliser que c’était un autocar [qui était accidenté]. »

« J'assume toute la responsabilité de ce que s’est passé. Ça s’est passé en raison de mon manque d’expérience. Je suis tellement, tellement, tellement désolé », dit-il avant de se rasseoir.

Son intervention a duré moins de 5 minutes.

Les audiences de détermination de la peine du responsable de la collision entre l'autocar des Broncos de Humboldt et un camion semi-remorque ont commencé lundi. En tout, environ 90 déclarations de victimes ont été déposées à la cour.

L’un des deux avocats de la défense, Mark Brayford, a souligné, pendant la présentation de ses arguments, que toute peine signifierait probablement que M. Sidhu ne sera plus autorisé à vivre au Canada en raison de son statut récent de résident permanent.

Le 6 avril 2018, la collision entre le camion conduit par Jaskirat Singh Sidhu et l'autocar des Broncos a causé la mort de 16 personnes et a fait 13 blessés.

Deux jeunes hommes portant des chandails des Broncos s'enlacent. La tragédie des Broncos, qui a coûté la vie à 16 personnes le 6 avril 2018, a complètement ébranlé la petite communauté de Humboldt, en Saskatchewan. Photo : Reuters

Les arguments de la Couronne

Au moment de présenter ses arguments jeudi matin, le procureur de la Couronne, Thomas Healey, a demandé à la juge de tenir compte des faits et des déclarations de victimes présentées à la cour lors des trois derniers jours d’audience.

Le procureur dit avoir examiné 23 cas d’accidents mortels, dont 3 ont causé un plus grand nombre de morts. « Je souligne qu’il n’y a eu aucun cas de conduite dangereuse d’une si grande ampleur dans l’histoire du Canada », a-t-il dit à la juge Inez Cardinal.

Ceci n’est pas juste un accident, c’est un crime.

Thomas Healey, procureur de la Couronne

Les audiences de détermination de la peine du responsable de la collision entre l'autocar des Broncos de Humboldt et un camion semi-remorque ont commencé lundi. Au total, environ 90 déclarations de victimes ont été déposées à la cour.

Les arguments de la défense

« M. Sidhu a plaidé coupable parce qu’il se sent coupable », a déclaré Glen Luther, l'un des avocats de la défense.

Le deuxième avocat de M. Sidhu, Mark Brayford, a ensuite pris la parole en disant qu’il était important pour son client qu’il entende les témoignages des proches des victimes lors des derniers jours.

« Mon client est triste et profondément secoué », a dit Me Brayford. Hier, ce dernier a rencontré Scott Thomas, dont le fils, Evan, est mort dans la tragédie. Les deux hommes ont pleuré et se sont réconfortés l'un l'autre.

« Une partie de sa faute [à Jaskirat Singh Sidhu] est d’avoir accepté de travailler dans le secteur du camionnage en manquant d’expérience », a dit Me Brayford.

En août 2017, M. Sidhu a entrepris une formation et a obtenu son permis pour conduire un camion semi-remorque. « Le test pour avoir un permis de conduire professionnel dure une semaine. M. Sidhu n’avait pas d’expérience de la conduite d’engins commerciaux avant son permis récemment acquis », a déclaré Me Brayford.

Le 17 mars 2018, trois semaines avant la collision, il a obtenu un emploi dans une compagnie de camionnage. Il a été accompagné par une autre personne pendant deux semaines, avant de prendre la route seul la troisième et dernière semaine.

La collision « est un cas typique d’inexpérience … [M. Sidhu] est le premier à admettre que son geste est inexcusable », dit l’avocat. « Il n’avait jamais conduit sur cette route en hiver. Il a raté un tournant. »

M. Sidhu n’a pas choisi d’ignorer l’arrêt obligatoire.

Mark Brayford, avocat de Jaskirat Singh Sidhu

L'avocat a déclaré qu'avant l'accident M. Sidhu s'était perdu et s'était arrêté pour vérifier une carte, à 50 kilomètres du lieu de l'accident.

Par la même occasion, le chauffeur s’était également arrêté pour réparer les bâches à l'arrière de son semi-remorque, qui se détachaient, ce qui le préoccupait, selon les propos de son avocat.

Un jeune homme portant un complet avec une cravate sort à l'extérieur d'un bâtiment accompagné d'un autre homme, barbu et portant un turban.Jaskirat Singh Sidhu (à droite) à sa sortie du centre où les audiences ont eu lieu, à Melfort, en Saskatchewan. Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

*Vous utilisez un téléphone mobile? Suivez les publications Twitter des journalistes ici (Nouvelle fenêtre).

Avec les informations d’Omayra Issa et Lise Ouangari, et Jason Warick de CBC News

Accident de la route

Justice et faits divers