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À la recherche d'une vache qui rote moins pour sauver la planète

Gros plan de la tête d'un veau dans un enclos. Le veau est numéroté à l'oreille.

Un veau dans le centre de recherche de l'Université de Guelph à Elora.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Colin Côté-Paulette

Des chercheurs de l'Université de Guelph, en Ontario, étudient des vaches laitières afin de créer une race bovine productive, mais qui émettra moins de méthane, un gaz à effet de serre nocif pour l'environnement.

Pour ce faire, une immense cueillette de données est en cours grâce à un partenariat avec l’Université de l’Alberta et des chercheurs en Australie, au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Danemark.

En utilisant la génomique (l’étude des génomes), les scientifiques veulent comprendre l’architecture génétique de la production de méthane des vaches. Selon des estimations, une vache émet entre 80 et 120 kilos de méthane par an.

Il y a des variations entre les bêtes. Avec la même quantité de nourriture, une vache pourrait produire plus de méthane qu’une autre. […] C’est donc possible de faire de la sélection génétique pour avoir une vache qui produit autant de lait, qui est en santé et fertile, mais sans ses impacts environnementaux négatifs, explique la responsable du programme à l’Université de Guelph, Christine Baes.

C’est potentiellement le plus grand programme de la sorte au monde.

Christine Baes, Université de Guelph

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’élevage de bétail contribue à 14,5 % des GES. De ce nombre, la majeure partie provient des vaches lorsqu'elles ruminent.

Toujours selon la FAO, la demande mondiale pour les produits d’origine animale devrait augmenter de 70 % d’ici 2050.

Comment mesure-t-on le méthane?

Chacune des 150 vaches du centre de recherche de la municipalité d'Elora est munie d’une petite puce électronique à l’oreille.

Ce dispositif sert à identifier le bovin pour la cueillette d’une foule de données, allant de son comportement aux éléments nutritifs de son lait en passant par sa génétique.

Dans le cas du méthane, la vache entre sa tête dans une machine Greenfeed. À l’intérieur, de la nourriture attrayante attend la bête. Pendant que cette dernière se régale, l’appareil mesure les émissions de méthane.

Une vache à côté d'une grosse boîte métallique.

La machine "Greenfeed", qui mesure le méthane.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

La machine identifie la vache grâce à la puce à son oreille, ce qui lui permet d’attribuer les quantités calculées à une vache en particulier.

Selon les semaines, les vaches sélectionnées feront plusieurs tests par jour.

On voit une vache de derrière qui mange dans la tête dans une boîte métallique.

Une vache entre sa tête dans la machine "Greenfeed", qui permet de mesurer ses émissions de méthane.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Pièges à éviter

Les chercheurs doivent éviter de se pencher sur une seule caractéristique génétique qui expliquerait la production de méthane et s’assurer de prendre une multitude de données en compte.

Si on veut élever une race de vache autour d’un trait particulier, les autres traits vont se détériorer, et c’est ce qu’on ne veut pas, précise Mme Baes.

Bien qu’un des objectifs de la recherche est d’élever des vaches meilleures pour l’environnement, on tente aussi de rendre la bête de sorte qu'elle produise davantage et mieux.

On cherche à trouver les parties du génome qui ont la plus grande influence sur les caractéristiques qui nous intéressent, mais ce qu’on veut, c’est que le tout évolue dans le bon sens pour la production [laitière] au Canada et dans le monde, indique un doctorant en génétique animale à l’Université de Guelph qui travaille sur le projet, Adrien Butty.

Le centre de recherche d’Elora de l’Université de Guelph, construit au coût de 25 millions de dollars, a ouvert ses portes en 2015.

Le programme de recherche sur les vaches s’y poursuivra au moins au cours des dix-huit prochains mois.

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