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Bâtir des ponts entre la communauté LGBTQ+ et les policiers d'Ottawa et de Gatineau

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Le drapeau arc-en-ciel est l'emblème de la communauté gaie depuis 1978.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plusieurs intervenants auprès de la communauté LGBTQ ne sont pas satisfaits des efforts faits pour améliorer leur relation avec les divers corps policiers de la région. Ils réclament davantage d'occasions de sensibilisation et des outils plus inclusifs.

Ces revendications surviennent à la suite du plaidoyer de culpabilité de Bruce McArthur, mardi. Pour Samuel Gauthier, intervenant responsable du programme Entre Hommes du Bureau régional d'Action Sida (BRAS), c'est un grand soulagement pour la communauté gaie, principalement celle de Toronto.

Le soulagement est de courte durée et laisse un goût amer au directeur du Centre canadien pour la diversité des genres et de la sexualité, Jeremy Dias. Il dénonce la lenteur avec laquelle les policiers de Toronto sont intervenus et se demande si, en agissant plus vite pour retrouver McArthur, il aurait été possible de sauver des vies.

Il explique que les membres de la communauté LGBTQ sont déçus et frustrés de voir qu'on les traite différemment lorsqu'ils sont victimes d'un crime, par méconnaissance.

« Ça fait 30 ans qu'on demande que la police d'Ottawa fasse de la sensibilisation entre la communauté LGBTQ et la police, pis ça fait 30 ans qu'ils disent non. »

— Une citation de  Jeremy Dias, directeur du Centre canadien pour la diversité des genres et de la sexualité

Travailler avec les policiers

Du côté de la police Ottawa, il existe un comité de liaison qui engage la discussion sur les réalités LGBTQ. M. Dias souligne toutefois que plusieurs réunions ont été annulées, dans les derniers mois.

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Jeremy Dias, fondateur du Centre canadien pour la diversité des genres et de la sexualité

Photo : Radio-Canada

Le Service de police d'Ottawa a refusé notre demande d'entrevue, par respect pour le dossier de McArthur qui est toujours en cour.

Cependant, la porte-parole du Service de police d'Ottawa, Amy Gagnon, indique par courriel, que la Section de la diversité développe des relations au sein de la communauté LGBTQ afin d'améliorer [leur] relation en tant que policer avec les membres de la communauté, de maintenir la communication et d'établir un lien de confiance.

Samuel Gauthier mentionne, en entrevue, qu'à Gatineau, il n'y a pas de dialogue entre la police et la communauté gaie, malheureusement. Il accuse un manque de volonté de la part du corps policier qui gagnerait à connaître les réalités des hommes gais.

Toujours selon M. Gauthier, ces réalités ne s'arriment pas nécessairement avec la loi. Ces hommes sont donc plus vulnérables, ils s'exposent à plus de risques.

« Ils ne savent pas à qui s'adresser, ils veulent être accueillis comme monsieur madame tout le monde. »

— Une citation de  Samuel Gauthier, intervenant responsable du programme Entre Hommes du bureau régional d'Action Sida

Le même traitement pour tous

Outre la sensibilisation auprès des corps policiers, M. Dias veut que le service de déclaration en ligne de la police d'Ottawa soit accessible aux transgenres.

Actuellement, il faut mentionner son sexe dans le formulaire électronique qui permet de dénoncer un crime. Cela représente un problème pour les gens qui ne s'identifient ni comme une femme ni comme un homme, les seuls choix proposés.

La directrice en promotion de la santé pour Action Canada pour la santé et les droits sexuels, Frédérique Chabot, affirme qu'il y a beaucoup de chemin à faire pour construire une réelle confiance avec les corps policiers. Elle ajoute qu'il faudra travailler pour réparer le tort fait à cette communauté qui a été surveillée et criminalisée par les forces de police.

« Quand on voit des corps policiers qui cartent des personnes racisées, [...] ça continue d'accumuler des sentiments de non-confiance pour ces services sociétaires-là »

— Une citation de  Frédérique Chabot, directrice en promotion de la santé pour Action Canada pour la santé et les droits sexuels

Elle commente l'affaire McArthur, se disant en colère qu'il se soit passé tant d'années avant que la police de Toronto n'intervienne. Ces disparitions-là n'ont pas été prises au sérieux [...] jusqu'à ce qu'un homme blanc soit disparu, indique-t-elle en entrevue.

Tous les intervenants interrogés se sont dits prêts à travailler de concert avec les policiers pour améliorer la condition de la communauté LGBTQ. Mme Chabot conclut en rappelant l'importance de cultiver le respect pour la différence.

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