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Jeux de la Francophonie : l’Acadie encaisse « un coup dur »

Les porte-drapeaux du Nouveau-Brunswick, du Canada et du Québec précèdent les athlètes et artistes.
Le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue du Canada. Il aurait ainsi bien représenté les communautés francophones minoritaires du pays, souligne Louise Imbeault, présidente de la Société nationale de l'Acadie. Ci-dessus : l'équipe canadienne à l'ouverture des Jeux de la Francophonie d'Abidjan en 2016. Photo: La Presse canadienne / Jonathan Hayward
Pierre-Philippe LeBlanc

La décision du gouvernement du Nouveau-Brunswick de se retirer de l'organisation des Jeux de la Francophonie de 2021 est dure pour l'Acadie, selon la présidente de la Société nationale de l'Acadie, Louise Imbeault.

La Société nationale de l’Acadie est vraiment très déçue de cette décision-là, parce que c’est vraiment un coup dur à l’Acadie, affirme Louise Imbeault.

En tant que province bilingue comptant une importante population francophone et en tant que membre de l’Organisation internationale de la Francophonie, le Nouveau-Brunswick était en quelque sorte un phare pour l’ensemble des communautés francophones minoritaires du Canada, estime Louise Imbeault.

Louise Imbeault, présidente de la Société Nationale de l’Acadie (SNA).Louise Imbeault, présidente de la Société Nationale de l’Acadie (SNA). Photo : Radio-Canada

La province avait pourtant réussi à accueillir le Sommet de la Francophonie en 1999, rappelle-t-elle. On a réussi à faire venir le monde entier au Nouveau-Brunswick. C’est un événement qui a porté l’Acadie, mais qui a porté aussi le Nouveau-Brunswick, et tout le monde en a profité, dit-elle.

Le retrait de la province est particulièrement triste pour les jeunes athlètes et artistes de toute origine qui comptaient participer aux Jeux, ajoute Mme Imbeault.

C’est une occasion de rencontre exceptionnelle, et là, on vient de renoncer à ça. [...] C’était une occasion de faire se rencontrer davantage les francophones et les anglophones, parce que tous étaient appelés à y participer, souligne Louise Imbeault.

Une remise en question, selon laSANB

La décision du gouvernement Higgs constitue « une remise en question fondamentale » de l'importance de la province au sein de la fédération canadienne, mais aussi de la place de l'Acadie au sein de la francophonie, estime la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB).

L’organisme croit que la décision du gouvernement Higgs met en évidence l'existence d'un Canada à deux vitesses : l'un où les provinces riches peuvent jouer sur la scène internationale et l'autre où les provinces pauvres sont condamnées à une éternelle gestion de décroissance.

Robert Melanson en entrevue« Je trouve que c’est une très bonne nouvelle », affirme Robert Melanson, président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick. Photo : Radio-Canada

Le Nouveau-Brunswick sera d'autant plus marginalisé, poursuit laSANB, si sa place au sein de la Francophonie internationale est remise en question, compte tenu du levier économique et social potentiel que représente l'Organisation internationale de la Francophonie.

Un recul important, selon la FCFA

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada s’explique mal la décision du Nouveau-Brunswick.

Je trouve absolument aberrant que l’issue de la saga qui dure depuis un mois et demi soit l’annulation des Jeux de la Francophonie à Moncton et Dieppe. Il me semble qu’avec tous les partenaires qui étaient autour de la table, il aurait dû être possible de trouver une solution. Quand on veut, on peut, et il faut se demander si la volonté était vraiment au rendez-vous, affirme Jean Johnson, président de laFCFA.

Jean Johnson en entrevueJean Johnson, le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne se dit inquiet pour les francophones en milieu minoritaire. Photo : Radio-Canada

L’organisme national estime que la décision de Fredericton va entraîner des conséquences sur l’Acadie et sur tout le Canada, notamment sur leur réputation au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie.

C’est une autre tuile pour les Acadiens et les Acadiennes, après la contestation de leurs acquis linguistiques au cours de la campagne électorale provinciale de l’automne dernier. Et plus largement, c’est toute la francophonie canadienne qui vient de subir un autre recul, ajoute Jean Johnson.

Vive déception pour le comité organisateur

Le comité national des Jeux de la Francophonie 2021 (CNJF) dit être très déçu, mais sans perdre tout espoir.

Le CNJF croit toujours qu’il est possible d’organiser des Jeux qui offriront des expériences de calibre international aux participants et participantes, qui auront des retombées économiques pour la province et les municipalités hôtesses et consolideront la place du Nouveau-Brunswick et du Canada sur la scène internationale, affirme Tracey Suley, directrice des communications et du marketing des IXes Jeux de la Francophonie – Moncton-Dieppe 2021.

Dans l’attente des prochaines étapes du gouvernement fédéral sur l’avenir des Jeux 2021 au Canada, nous demeurons tout aussi dévoués à leur succès et travaillerons avec Ottawa pour examiner toutes les options possibles pour favoriser la réussite des Jeux au Canada, ajoute-t-elle.

Le recteur de l'Université de Moncton, Jacques Paul Couturier, voyait dans les Jeux l'occasion de faire rayonner son université sur la scène internationale.

Il faut s'interroger comme collectivité, quels sont nos objectifs en matière de Francophonie internationale !

Jacques Paul Couturier

Jacques Paul Couturier ne veut pas s'avancer quant à l'effet de l'annulation des Jeux de la Francophonie sur les projets d'infrastructure à l'Université de Moncton.

Nouveau-Brunswick

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