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Les contrôles policiers à Halifax sont moins fréquents, mais les personnes noires sont encore ciblées

Une voiture de la Police régionale d'Halifax

Police régionale d'Halifax

Photo : Radio-Canada / CBC/Craig Paisley

Radio-Canada

Le nombre de contrôles policiers a diminué de près de 30 % de 2017 à 2018 à Halifax. Mais encore une fois, les personnes des minorités visibles sont démesurément sujettes à ces vérifications, comparativement aux personnes blanches.

Les données montrent que les contrôles ont baissé de 28 % de 2017 à 2018. Malgré cette diminution, une analyse de CBC a découvert que les personnes noires sont sujettes à des contrôles quatre fois plus souvent que des personnes blanches. Les personnes identifiées par les policiers comme étant Arabes ou provenant du Moyen-Orient avaient quant à elles trois fois plus de chances de se faire contrôler par un policier.

Le directeur du département de criminologie à l’Université d’Ottawa, Michael Kempa, trouve ces données alarmantes. Moralement, ce n’est pas une bonne chose. Mais c’est fidèle à ce qu’on voit dans d’autres villes canadiennes.

Dans la plupart des cas, les contrôles impliquent une interaction entre un policier et une personne ou un groupe de personnes. Parfois, le policier note ses observations, sans qu’il y ait communication. Ces contrôles sont enregistrés et incluent des détails sur la personne, dont son âge, son genre, son ethnicité ainsi que le lieu et les raisons de l’interaction.

Un peu moins de 4600 personnes ont fait l’objet d’un tel contrôle du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2018. Michael Kempa indique que des études semblables dans d’autres villes canadiennes montrent que les personnes des minorités visibles sont sujettes à ces vérifications trois ou quatre fois plus souvent que les personnes blanches.

Je crois en fait que ces nouvelles données pour Halifax sont conservatrices, dit-il. Si ça se trouve, elles sont même sous-estimées.

Toujours la même cible

Un travailleur social, qui œuvre auprès d’élèves afro-néo-écossais, dit que les contrôles le font sentir comme s’il était un ennemi de la société.

Ashley Taylor croit qu’il attire l’attention des policiers parce qu’il est noir, parce qu’il porte des tresses rastas et parce qu’il conduit une Mercedes. Comme travailleur social, il est souvent appelé à se rendre dans des quartiers où la criminalité est élevée.

Un homme noir, Ashley Taylor, est au volant de son véhicule.

Ashley Taylor concède que les contrôles policiers sont moins fréquents qu'ils ne l'étaient, mais il se sent toujours ciblé.

Photo : Radio-Canada / CBC/Craig Paisley

Ashley Taylor affirme qu’il était sujet à des vérifications impromptues environ trois fois par année avant 2017. Depuis, ça ne lui est arrivé qu’une seule fois. La fréquence n’est peut-être pas aussi élevée, mais les données demeurent les mêmes, dit-il. On est encore la cible, j’imagine.

Après la publication de données en 2017, qui montraient que les Noirs étaient sujets à des vérifications policières trois fois plus souvent que les Blancs, la Commission des droits de la personne de la Nouvelle-Écosse a mandaté le criminologue Scot Wortley, de l’Université de Toronto, d’étudier les contrôles policiers et leurs impacts sur les communautés minoritaires à Halifax. Son rapport doit être publié le 27 mars.

Afin de respecter le travail de Scot Wortley, nous ne commenterons pas le dossier des contrôles policiers avant la publication de son rapport, indique l’agent John MacLeod, de la police régionale d’Halifax.

Peur des plaintes

Selon le criminologue Michael Kempa, la baisse du nombre de contrôles est attribuable à plusieurs facteurs.

L'écusson des policiers d'Halifax, sur la manche d'un policier.

Insigne de la Police régionale d'Halifax.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Cette notion est entrée dans la conscience collective. Les gens y sont sensibles et sont conscients qu’il y a quelque chose de malsain derrière ça. Ils ont plus tendance maintenant à défendre leurs droits face aux policiers, croit-il.

Et individuellement, les agents ont peut-être moins tendance à arrêter et questionner des citoyens, parce qu’ils craignent des plaintes contre eux, affirme Michael Kempa.

D'après les informations de Jack Julian, de CBC.

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