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Négociations cruciales entre les États-Unis et la Chine à Washington

Le drapeau de la République de Chine flottent aux côtés de celui des États-Unis, à Washington.
Une délégation chinoise est arrivée cette semaine à Washington pour négocier une sortie à la crise commerciale opposant les deux pays. Photo: Reuters / Hyungwon Kang
Reuters

Les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine entrent aujourd'hui dans une phase décisive avec la venue à Washington d'une délégation menée par le vice-premier ministre chinois Liu He, à un mois de la fin de la trêve décrétée par les deux plus grandes puissances économiques mondiales.

Il s'agit des discussions commerciales à plus haut niveau depuis que le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping ont convenu, début décembre, en marge du sommet du G20 à Buenos Aires, de ne pas imposer de droits de douane supplémentaires et de trouver un accord dans les trois mois.

Aux yeux de personnes informées des discussions et selon des analystes, peu d'éléments laissent suggérer que Pékin a jusqu'à présent répondu aux préoccupations principales de Washington, qui concernent notamment les usages chinois en matière de propriété intellectuelle et l'accès au marché.

Les États-Unis accusent la Chine d'obliger les sociétés américaines à partager leurs technologies si elles veulent faire des affaires sur place.

L'administration américaine a mis en œuvre des droits à l'importation sur des centaines de produits chinois afin de faire pression sur la Chine pour qu'elle accepte de modifier ses pratiques commerciales, dans le but affiché de rééquilibrer les échanges entre les deux pays.

Donald Trump menace de relever de 10 % à 25 % ses droits de douane sur 265 milliards de dollars de produits chinois importés, à partir du 2 mars, si aucun accord n'est trouvé entre les deux parties.

Les négociations prévues mercredi et jeudi à Washington incluent notamment une rencontre entre Donald Trump et Liu He, dans un contexte de tensions accrues entre Washington et Pékin.

Les États-Unis ont dévoilé lundi les chefs d'inculpation contre le géant des télécommunications Huawei, deux de ses filiales et sa directrice financière, Meng Wanzhou, les accusant de fraude bancaire et électronique visant à contourner les sanctions contre l'Iran.

Un homme à l'air sévère se tient droit assis à une table derrière un micro.Le vice-premier ministre chinois Liu He. Photo : Associated Press / Mark Schiefelbein

Un « précipice » entre les deux camps

D'après le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, qui participera aux négociations menées du côté américain par le représentant au Commerce Robert Lighthizer, le cas Huawei est distinct des discussions commerciales.

M. Mnuchin a par ailleurs dit s'attendre à ce que les discussions commerciales aboutissent à des progrès importants.

Toutefois, une source proche du dossier a déclaré à Reuters que, « s'agissant des problèmes structurels, des transferts de technologie contraints, un écart important – si ce n'est un vaste précipice – demeure entre les deux camps ».

Il n'y a par ailleurs « aucune garantie » que la Chine tienne sa promesse d'augmenter ses achats de produits américains pour rééquilibrer la balance commerciale entre les deux pays, a dit une personne au fait des négociations.

Les représentants chinois démentent toute coercition dans les transferts de technologie et soulignent les mesures déjà prises par Pékin, comme la baisse des taxes sur les automobiles importées et un projet de loi destiné à favoriser les investissements étrangers.

Un homme portant des lunettes et un complet avec une cravate sort d'un véhicule noir entouré de deux agents de sécurité.Le secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin Photo : Getty Images

D'après l'agence de presse Chine Nouvelle, le Parlement chinois votera en mars une loi qui interdira les transferts de technologie forcés et les « interférences » illégales du gouvernement dans les pratiques commerciales étrangères.

Pour permettre une avancée dans les négociations, il faudra qu'un accord soit trouvé sur la mise en place d'un mécanisme de contrôles réguliers pour veiller à ce que Pékin respecte ses engagements, ont dit de hauts représentants de l'administration américaine, Washington entendant se réserver le droit de relever les droits de douane en cas d'infractions.

Mais à un mois de la fin programmée de la trêve entre les deux pays, il est peu probable de les voir proposer la meilleure offre possible, selon Erin Ennis, la présidente du Conseil américano-chinois des entreprises.

« Je ne vois pas d'avancée majeure » cette semaine, a-t-elle dit, ajoutant espérer « des progrès suffisants pour être en mesure de parvenir à un accord à la fin des 90 jours » de trêve.

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