•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Consigne sur les bouteilles de la SAQ : Québec promet d'agir

Au Québec, les bouteilles sont envoyées dans les centres de tri avec les autres matières recyclables. Photo: Radio-Canada
Jean-Philippe Robillard

Alors que de plus en plus de voix réclament une consigne sur les bouteilles vendues à la Société des alcools du Québec (SAQ), le ministre de l'Environnement Benoit Charette promet d'agir et de statuer dans les prochains mois.

Le nouveau ministre de l'Environnement promet qu'un nouveau « plan détaillé » sera présenté dans les mois à venir.

« C’est une des avenues qui est envisagée depuis une vingtaine d’années. C’est malheureux qu’il n’y ait aucun gouvernement qui a réussi à trancher la question du verre, notamment à travers une consigne », souligne-t-il.

C'est notre intention de trancher.

Benoit Charette, ministre québécois de l'Environnement

Le ministre déplore qu'encore aujourd'hui, du verre récupéré par les Québécois se retrouve dans des sites d'enfouissements.

« On a un taux de récupération qui est très élevé, mais un taux de recyclage qui, lui, est très bas », explique M. Charette.

Au Québec, près de la moitié seulement du verre récupéré est recyclé. Le reste se retrouve dans des sites d’enfouissements.

Pressions citoyennes

Pendant que le ministre promet d’intervenir, dans le petit village de Racine, en Estrie, un groupe de citoyens tente de faire pression sur la SAQ.

Ils veulent que la société d’État impose une consigne sur les bouteilles de vin et de spiritueux.

La bière, ça marche, c’est consigné. Tout le monde le fait. Quand tu vas acheter ta bière, tu ramènes ta bière, ce n’est pas compliqué!

Jean-Claude Thibault, porte-parole Opération verre vert

Avec ses voisins, Jean-Claude Thibault, qui est porte-parole de l'Opération verre vert, a commencé à récupérer les bouteilles. Il dit en avoir recueilli près de 150 en seulement trois semaines.

« Alors, ils viennent déposer leurs bouteilles de vin, leurs bouteilles de whisky, que notre SAQ malheureusement ne consigne pas encore », dit-il.

Un homme portant un chapeau, un manteau et un foulard gesticule avec ses bras en parlant avec un journaliste lors d'une entrevue à l'extérieur.Jean-Claude Thibault, porte-parole Opération verre vert Photo : Radio-Canada

À part au Québec et au Manitoba, partout ailleurs au Canada, on retrouve des consignes sur les bouteilles de vin et des emplacements pour aller les déposer afin qu’elles soient récupérées.

Au Québec, les bouteilles sont envoyées dans les centres de tri où elles se retrouvent pêle-mêle avec les autres matières recyclables. Une situation que déplore Jean-Claude Thibault.

« On est mûr pour la faire, la consigne. C’est sûr et certain », laisse-t-il tomber.

Solution coûteuse

La présidente directrice générale d’Éco Entreprises Québec, Maryse Vermette, prévient que la consigne pourrait coûter cher à implanter.

« Il faut mettre en place toute une infrastructure pour recevoir ces matières-là. Actuellement, les détaillants n’ont pas la capacité d’accueillir les bouteilles de vin et de spiritueux. Il faudra donc une infrastructure qui est très coûteuse, parce qu’il faut mettre en place des points de dépôt. »

Pour Mme Vermette, la solution pour augmenter la quantité et la qualité de verre recyclé au Québec, c’est de moderniser les centres de tri en injectant de 20 à 30 millions de dollars.

Mais pas question de créer une consigne. « Si on dédouble avec un autre système, on va payer deux systèmes pour gérer la même matière », estime-t-elle.

En 2015, une étude commandée pour la SAQ estimait à plus de 250 millions de dollars sur cinq ans les coûts pour implanter des centres de dépôt indépendants afin de permettre de récupérer les bouteilles consignées.

L’étude évaluait les coûts d’implantation à 100 millions de dollars et les frais annuels d’exploitation à 30 millions.

Politique provinciale

Politique