•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Tragédie de Humboldt : le conducteur du semi-remorque n'aurait pas dû être sur la route

Un jeune homme portant un complet avec une cravate sort à l'extérieur d'un bâtiment accompagné d'un autre homme, barbu et portant un turban.
Jaskirat Singh Sidhu (droite) à sa sortie du palais de justice de Melfort, en Saskatchewan Photo: La Presse canadienne / Ryan Remiorz
Radio-Canada

Visé par 70 violations des réglementations provinciale et fédérale sur le transport en 11 jours, Jaskirat Singh Sidhu, le chauffeur du camion ayant embouti l'autobus transportant l'équipe de hockey des Broncos de Humboldt, n'était pas censé prendre le volant le 6 avril dernier.

Selon un document signé par deux responsables du ministère saskatchewanais des Autoroutes, M. Sidhu « aurait été soumis à une déclaration de mise hors service de 72 heures […] l'empêchant de conduire un véhicule utilitaire » s’il avait subi une inspection le jour de la mort de 16 personnes lors de la collision entre son semi-remorque et l'autocar de l'équipe de hockey junior.

Ces infractions concernent l’absence de rapports fiables quant aux distances parcourues par le chauffeur qui ne remplissait pas convenablement ses carnets de bord.

Les inspecteurs recensent 51 infractions de la réglementation fédérale en plus de 19 infractions de la réglementation provinciale par M. Sidhu.

M. Sidhu ne comptabilisait pas ses heures au travail ou en repos, ne notait pas les villes et les provinces où il se déplaçait ni quels véhicules devaient être réparés.

Le rapport ajoute que si M. Singh avait documenté avec précision son temps de travail le 1er avril, cela « aurait eu pour conséquence que le conducteur aurait été en violation du temps de service maximal de 14 heures dans une journée ».

« Nous sommes vivement préoccupés par l'ordre du jour de Jaskirat Singh Sidhu le 6 avril 2018, car des questions demeurent sans réponse relativement au carnet de bord incomplet de cette journée », indique le rapport.

Les carcasses des véhicules.Humboldt, à la croisée des autoroutes 35 et 335, le 7 avril 2018 Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Lundi, il a été déclaré au tribunal que le conducteur n’était pas sous l’influence de l’alcool ou de drogues, qu’il n’était pas en excès de vitesse et n’utilisait pas un téléphone cellulaire au moment de l’impact.

Il a également été raconté que M. Sidhu n’a pas appuyé sur le frein de son camion au moment de l’accident, malgré de multiples panneaux de signalisation dont un signe d’arrêt clignotant de 1,5 mètre à l’intersection où s’est produite la collision.

« Coup de poing » pour les familles

« Je suis complètement horrifiée d’apprendre que cet accident était parfaitement évitable », déclare à CBC Michelle Straschnitzki dont le fils Ryan est partiellement paralysé depuis l’accident.

Le dévoilement de ce rapport est comme « un coup de poing au ventre » explique-t-elle.

« Honnêtement, je crois que le cas de M. Sidhu est symptomatique d’une industrie du camionnage qui est problématique », estime pour sa part Scott Thomas, père d’une des victimes.

« J’ai souvent dit qu’il faut que plusieurs choses aillent mal pour en arriver à une tragédie de la sorte », ajoute-t-il.

Pour le président de l’Alliance canadienne des camionneurs, Steve Laskowski, des appareils électroniques certifiés doivent être implantés dans les transports du pays le plus rapidement possible.

« C’est très important de suivre les règles parce que nous savons que les plus grands facteurs menant aux accidents de la route sont humains et la fatigue joue un rôle là-dedans », explique M. Laskowski au réseau CBC.

Selon l’Alliance canadienne des camionneurs, il est difficile de mettre en application la réglementation justement en raison des carnets de bord incomplets ou falsifiés.

L’organisme recense tout de même 9400 cas d’infractions liées aux heures de service entre 2010 et 2015.

Environ un quart de ces cas sont liés à des dépassements d’heures travaillées et 11 % de ces cas sont liés à des « carnets de bord en double » ou à la « falsification de carnet de bord ». La moitié de ces cas sont liés à « l’incapacité de maintenir ou de produire un carnet de bord ».

Jaskirat Singh Sidhu a plaidé coupable aux 29 chefs d’accusation de conduite dangereuse portés contre lui pour éviter aux familles des victimes d’avoir à vivre un long procès.

Sukhmander Singh, le propriétaire de la compagnie employant le chauffeur, fait face quant à lui à huit chefs d’accusation pour avoir enfreint de règles de sécurité routière.

Avec les informations de CBC, et La Presse canadienne

Accident de la route

Justice et faits divers