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Industrie forestière : 2019 inquiète les acteurs du milieu

Si elle a connu une période faste ces deux dernières années, l'industrie forestière pourrait avoir une année 2019 plus difficile.

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Piel Côté

Depuis 2017, l'industrie forestière a connu une période faste avec la hausse du prix du bois et une production de bois exceptionnelle. Cette période contraste avec les années 2008-2012, où les prix étaient au plus bas et que l'industrie forestière était en pleine crise. Les derniers trimestres ont toutefois donné des maux de tête aux principaux acteurs de l'industrie.

Pour les fournisseurs de services et de machinerie, les entrepreneurs forestiers et tous ceux qui gravitent autour de l'industrie forestière, les 24 derniers mois ont été assez exceptionnels.

C'est le cas chez Trionex, une entreprise spécialisée dans le domaine de l'hydraulique et de la pneumatique, qui œuvre dans le domaine de la foresterie depuis cinq ans.

Un homme donne une directive à un employé dans une usine.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pierre Dulac, directeur général de Trionex

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Ç’a été une excellente année pour nous autres en foresterie.

Pierre Dulac, directeur général de Trionex

Comparativement à 2017, le chiffre d'affaires a fait un bon appréciable en 2018.

Je vous dirais une augmentation d'environ 8 % à 10 % en foresterie, confirme M. Dulac. Selon lui, une année normale de croissance devrait osciller aux alentours de 2 %.

L'entrepreneur forestier de Mont-Brun Rudy Mercier résume 2018 comme une année où les moulins demandaient toujours plus de bois.

Ç'a été très bien, il y avait toujours du volume à bûcher, contrairement à d'autres années où on courait après les contingents de bois, explique celui qui s'est lancé en affaires il y a environ cinq ans.

Un homme portant un habit réfléchissant accorde une entrevue à un journaliste hors-champ.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Rudy Mercier, entrepreneur forestier de Mont-Brun

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Il travaille dans l'industrie forestière depuis environ 12 ans et il se souvient que, certaines années, les moulins achetaient moins de volumes et les producteurs ne pouvaient récolter autant qu'ils auraient aimé.

Record pour le Syndicat des producteurs de bois

La région a été le théâtre d'un nouveau record de récolte en forêts privées en 2018, battant ainsi son record de 2017.

Le Syndicat des producteurs de bois de l'Abitibi-Témiscamingue (SPBAT) est une association représentant environ 8000 propriétaires terriens en Abitibi-Témiscamingue.

Au cours de la crise forestière qui a commencé en 2008 et qui s'est terminée vers 2015, il se coupait entre 150 000 et 290 000 mètres cubes de bois, alors qu'en 2017 et en 2018, les producteurs ont récolté, en forêts privées, 534 000 à 555 000 mètres cubes de bois.

Un homme accorde une entrevue à la caméra, assis derrière son bureau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Stéphane Paul, directeur général du Syndicat des producteurs de bois de l'Abitibi-Témiscamingue

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Ces chiffres ne représentent pas l'ensemble du bois coupé dans la région, mais c'est néanmoins un bon indicateur prouvant que l'industrie forestière a repris du poil de la bête au cours des dernières années.

C'est un très bon signe et ça représente environ 32 millions de dollars en retombées économiques dans la région.

Stéphane Paul, directeur général du SPBAT

Pour les producteurs, ça veut dire que les marchés sont bons et nous sommes capables de produire beaucoup de bois en forêts privées, soutient celui qui croit que la forêt privée témiscabitibienne pourrait produire 700 000 mètres cubes.

L'indice Pribec à un sommet

L'indice Pribec a atteint un sommet en juin 2018. Cet indice est une moyenne de prix pour une multitude de produits, comme le 2x4 ou le 2x6, par exemple, ce qui donne une idée du marché.

Plus l'indice est haut, plus les prix sont bons, tout comme les profits.

L’indice Pribec ces dernières années :

  • Janvier 2017 : 468 $
  • Avril 2017 : 586 $
  • Juillet 2017 : 567 $
  • Octobre 2017 : 595 $
  • Janvier 2018 : 573 $
  • Avril 2018 : 645 $
  • Juin 2018 : 746 $ (Record absolu de l'indice Pribec)
  • Octobre 2018 : 482 $
  • Janvier 2019 : 488 $

L'année 2019 s'annonce cependant plus difficile. Alors que l'indice du bois d'œuvre Pribec a atteint un record historique de 746 $ en juin 2018, aujourd'hui, il est plutôt de 488 $, une baisse de 35 %.

Rien de rassurant, selon Rudy Mercier, considérant les risques financiers pris par les entrepreneurs forestiers.

S'il y a trop un gros creux, on tombe mal amanché parce qu'on n'a plus d'argent pour faire nos paiements et tout monte, l'essence, le prix des machineries, etc., dit M. Mercier, ajoutant qu'il a investi près de 2 millions de dollars au cours des cinq dernières années.

La baisse des prix n'est pas de bon augure non plus dans les usines comme celles de Norbord, où l'on produit, entre autres, des panneaux de bois.

Les spécialistes qui suivent le milieu forestier croient que les mises en chantier seront encore inférieures aux mises en chantier que l'on devrait connaître, spécifie-t-il.

Un homme portant un casque de Norbord et des lunettes de protection accorde une entrevue à un journaliste hors-champ.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Claude Lebel, directeur général de l'usine Norbord de La Sarre

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Celui qui était à la direction générale de Norbord jusqu'à tout récemment, Claude Lebel, fait remarquer que les prix ont baissé énormément. Cela oblige les entreprises comme la sienne à axer leur production sur les produits haut de gamme. Malgré tout, je crois qu'on va être capables de vendre notre production, indique-t-il aussi, admettant que l'année 2019 sera difficile à prédire.

Le MFFP veut aider l'industrie

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec sait qu'il doit agir pour revigorer l'industrie. Le ministre et député d'Abitibi-Est, Pierre Dufour, tient à soutenir l'industrie rapidement.

Il veut aussi revoir les modalités du système des garanties d'approvisionnement, afin de s'assurer que les méthodes utilisées actuellement sont maximisées.

Pierre Dufour acorde une entrevue dans nos studios de Québec.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pierre Dufour, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Il faut voir si les volumes qu'on donne sont tous utilisés. Parfois, il peut arriver des situations où le bois a été coupé mais qu'il n'a pas été utilisé. On veut s'assurer que cette dynamique-là est bien rodée et si tout le monde utilise à bon escient la garantie qu'on leur donne.

Les compagnies qui exploitent les usines et les entrepreneurs forestiers souhaitent que le prix du bois ne poursuive pas sa chute en 2019.

Abitibi–Témiscamingue

Industrie forestière