•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La radio amateur, un loisir au service de la sécurité publique

Un homme tient un micro de radio amateur.

Frank Gallienne tente d'établir le contact avec le réseau d'urgence de la sécurité civile du Québec.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Djavan Habel-Thurton

Une batterie, une radio et une antenne : c'est tout ce dont aurait besoin le radioamateur Frank Gallienne pour communiquer avec le reste du monde en cas de panne complète du réseau de télécommunication.

Tous les premiers mardis du mois, le président de l'Association radio amateur de Sept-Îles se connecte sur une fréquence précise pour simuler ce type de situation. La sécurité civile du Québec coordonne l'exercice.

Un à la fois, les radioamateurs de chaque région signalent leur présence sur ce réseau d’urgence, commençant chaque intervention par leur code d’appel unique épelé en alphabet phonétique de l’OTAN.

Celui de Frank : VA2FGG.

Des codes notés sur un morceau de papier. Une main qui écrit.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Frank Gallienne note les codes d'appel des autres radioamateurs avec qui il établie un contact.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Lors de l’exercice auquel nous avons assisté, un pépin nuit aux communications. Des intrus semblent avoir syntonisé la fréquence d’urgence par erreur et obligent la suspension de l’exercice pendant quelques minutes.

Une situation qui frustre Frank et le force à intervenir sur les ondes.

Ici Victor Alpha 2 Foxtrot Golf Golf. Ceux qui sont sur le réseau et l’empêchent de fonctionner, est-ce que ça serait possible d’arrêter votre conversation? dit-il avec insistance dans son micro.

Heureusement, le problème est vite réglé et l’exercice d’urgence reprend son cours.

Un homme parle dans un micro de radio amateur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Frank Gallienne durant l'exercice d'urgence dans le locale de radio amateur de Sept-Îles.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

C’est pour éviter ce type de situation que le gouvernement fédéral oblige quiconque désire obtenir un permis de radioamateur à faire une courte formation et un examen.

Les radioamateurs reçoivent ainsi le droit d’utiliser les fréquences qui leur sont réservées.

Un loisir multifonctionnel

De nombreux radioamateurs utilisent leurs appareils comme moyen de communication lorsqu’ils sont en régions éloignées, notamment pour des voyages de chasse.

D’autres s’en servent pour joindre des proches vivant dans d’autres pays. Les adeptes de ce loisir se trouvent partout dans le monde. Pour Jacques Savard, le directeur général de la Fédération des clubs de radioamateurs du Québec, c’est une activité qui dépasse les frontières.

Nous avons des fréquences réservées […] et ça, il y en a dans tous les pays du monde.

Jacques Savard, directeur général de la Fédération des clubs de radioamateurs du Québec

Il existe également des compétitions internationales ou des radioamateurs établissent des contacts difficiles à l'autre bout du monde par la voix ou par le télégraphe et le code morse.

Dernière ligne de communication

À Sept-Îles, l’Association occupe gratuitement un bâtiment municipal.

C'est le rôle qu'elle peut jouer pour la sécurité publique qui a convaincu la Ville d’accorder ce privilège à l’organisation de M. Gallienne.

Un petit bâtiment de tôle et une antenne soutenue par des câbles.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le poste de radio-amateur de Sept-Îles et l'une de ses antennes.

Photo : Radio-Canada / Djavan Habel-Thurton

De l’extérieur, on croirait qu’il s’agit d’un petit entrepôt si ce n’était des deux tours métalliques munies d’antennes qui le flanquent. C’est Frank Gallienne lui-même qui les a installées.

Une antenne en haut d'un mât de métal.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les antennes de la station de Sept-Îles peuvent transmettent des signaux se rendant à XYZ l'autre bout de la planète.

Photo : Radio-Canada / Djavan Habel-Thurton

Pour Patrick Gwilliam, le directeur général de la Ville de Sept-Îles, la vulnérabilité du réseau de télécommunication dans la région justifie la collaboration de la Municipalité avec les radioamateurs.

Ici, sur la Côte-Nord, la redondance pour la fibre optique n’est pas là. Alors quand on a un bris de fibre optique, et bien ce sont les téléphones qui y passent, ce sont les téléphones cellulaires, le lien Internet. Les communications deviennent très difficiles avec l’extérieur. La radio amateur, c’est là qu’elle prend toute sa place, explique M. Gwilliam.

Un homme en chemise assis sur une chaise de bureau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Patrick Gwilliam, le directeur général de la ville de Sept-Îles, croit que les radio-amateurs peuvent jouer un rôle important en cas de catastrophe, surtout dans une ville éloignée comme la sienne.

Photo : Radio-Canada / Djavan Habel-Thurton

Un risque en région éloignée

Le risque de panne majeure est accru dans les régions éloignées des grands centres où les réseaux de télécommunication ne tiennent parfois littéralement qu'à un fil.

La récente panne des télécommunications aux Îles-de-la-Madeleine montre que les craintes de Frank ne sont pas infondées. Le seul lien entre l’archipel et le continent a été coupé et il était quasiment impossible d’établir un contact avec le monde extérieur.

Les câbles sous-marins à L'Étang-du-Nord, aux Îles-de-la-Madeleine.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les câbles sous-marins à l'Étang du Nord aux Îles-de-la-Madeleine

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

Pour Frank Gallienne, c’est la simplicité et l’indépendance de la radio qui explique le mieux son utilité.

Ça a toujours fonctionné, ça va continuer à fonctionner parce que ce sont des ondes directes. On ne peut pas mettre ça à off. On peut toujours communiquer.

Frank Gallienne, président de l'Association radio amateur de Sept-Îles

La vulnérabilité des télécommunications numériques démontre, pour les radioamateurs, l'importance d’avoir des appareils fonctionnels pouvant être mis à contribution lors de catastrophes. En plus des stations, un réseau de répétiteurs qui captent et amplifient les signaux radio à travers le territoire doit aussi être maintenu.

Une carte du Québec indiquant les radios et le réseau de communication.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un réseau de radio et de répéteurs permet des communications simples à travers le Québec.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

La radio amateur a notamment servi lors des inondations de 1996 au Saguenay-La-Saint-Jean et durant la crise du verglas dans le sud du Québec en 1998.

Si ce genre de catastrophe se produisait près de chez Frank Gallienne, la communication entre Sept-Îles et le reste du monde pourrait ne dépendre que d'une batterie, d'une radio et d'une antenne.

Côte-Nord

Télécommunications