•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Autrefois censurés, des nus s’exposent à Montréal

Une femme dont on ne voit pas le visage est peinte nue.

Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté (1869-1937), Kneeling Nude in Profile or Sleeping Muse, 1921, pastel, 21,4 x 27 cm. Don d'Éric Klinkhoff

Photo : MBAM, Jean-François Brière

Radio-Canada

La nouvelle exposition du Musée des beaux-arts de Montréal révèle des corps nus, mais surtout des œuvres qui ont parfois été censurées, et montre l'évolution des artistes dans la représentation d'un modèle vivant.

Depuis le 26 janvier et jusqu'au 5 mai, on peut admirer des peintures de l'exposition Le modèle dans l’atelier, Montréal 1880-1950, mais aussi des dessins et des sculptures de modèles vivants et nus (ou presque), des hommes et des femmes. Une trentaine d’artistes ayant un lien avec Montréal sont représentés.

Jacques Des Rochers, le commissaire de cette exposition, explique que celle-ci suit le travail des artistes, car les œuvres choisies représentent les différentes phases de leur processus de création.

La majorité des œuvres exposées sont inédites et ont été achetées par le Musée. Certaines avaient été censurées à cause des valeurs canadiennes profondément conservatrices de leur époque.

Un homme vêtu d'un slip pose de dos.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

John Lyman (1886-1967), Modèle masculin, de dos, années 1930. MBAM, don de Jean-Pierre Valentin

Photo : MBAM

Jacques Des Rochers précise que les preuves de cette censure sont présentes tout au long de l'exposition. Par exemple, les corps sont drapés d’un tissu ou les seins d'une femme sont cachés dans un dessin de l'artiste français Pierre Bonnard.

Cependant, Jacques Des Rochers souligne que même si cet art était censuré, l'étude de la représentation artistique du corps a toujours été d’actualité à l'école d'art du Musée jusqu’à sa fermeture en 1977.

Il explique que lorsque les cours du soir en arts ont commencé en 1892, la majorité des modèles nus était des hommes. Dans les années 1920, les femmes sont devenues les sujets préférés des artistes modernes.

Une femme nue est allongéeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jori Smith (1907-2005), Nu féminin allongé, vers 1950. MBAM, don de Jori Smith

Photo : MBAM

Cinq femmes peintres font partie de l’exposition. L'une d'elles, Jori Smith, dessinait de façon différente le corps des femmes. « On peut critiquer la manière dont les hommes ont peint la sensualité des femmes, mais ces dernières faisaient la même chose. On montre les stéréotypes, mais aussi la réponse des femmes sur la manière dont elles voulaient être dessinées », explique Jacques Des Rochers.

Dans cette ère du mouvement #MoiAussi, le commissaire de l’exposition a choisi de bien expliquer chaque œuvre et de la remettre dans son contexte. « J’espère qu’il n’y aura pas de controverse. Montrer des corps, surtout celui des femmes, peut parfois être un problème. Mais je ne pense pas que la manière dont nous l'avons fait soit un problème », ajoute Jacques Des Rochers.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Grand Montréal

Arts visuels