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Un géant canadien du pétrole s'inquiète des pertes d'emplois liées à la limite de production

Une pompe à essence apparaît en contre-jour.

L'entreprise Canadian Natural Resources avait d'abord soutenu la limite de production de pétrole en Alberta, mais elle a depuis changé d'avis (archives).

Photo : Getty Images / Jeff J Mitchell

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La pétrolière Canadian Natural Resources (CNRL), qui avait soutenu la décision de l'Alberta de limiter sa production de pétrole, s'inquiète maintenant que cette mesure puisse entraîner des mises à pied dans le secteur.

Dans une lettre envoyée à des fournisseurs la semaine dernière, l’entreprise affirme que les modifications de la stratégie gouvernementale pourraient lui faire mal. Elle juge que ces modifications « ne sont pas raisonnables et sont discriminatoires ».

Au moment d’imposer la réduction de production (Nouvelle fenêtre), le gouvernement Notley avait annoncé que le plafond de la limite serait réévalué chaque mois.

Dans sa lettre, Canadian Natural Resources affirme qu’elle appuyait la décision du gouvernement albertain de calculer la réduction pour chaque entreprise, en fonction de la moyenne de ses meilleurs six mois de production, entre novembre 2017 et octobre 2018.

Mais un changement dans la méthodologie ferait en sorte que le calcul serait effectué en fonction de la meilleure production d’un seul mois sur la même période, « ce qui soulève plusieurs inquiétudes », selon la pétrolière.

L’entreprise prévient dans sa lettre qu’elle devra diminuer sa production du tiers en février par rapport en janvier, ce qui aurait des répercussions sur les emplois dans les régions de Bonnyville, Elk Point et Lloydminster.

De son côté, un porte-parole du gouvernement affirme que Canadian Natural Resources a été traitée de manière équitable, ajoutant que les entreprises « se sont battues » pour cette politique imposée par le gouvernement.

« CNRL a tiré beaucoup d'avantages de cette mesure temporaire », écrit Michael McKinnon dans un courriel. « Nous ne sommes pas d’accord avec leur manière de décrire la situation et c’est décevant de voir qu'elle menace ses fournisseurs de pertes d’emploi, alors qu’elle se fait traiter de la même manière que les autres producteurs. »

Des municipalités s’inquiètent

Le préfet de Bonnyville, Greg Sawchuk, affirme pour sa part avoir déjà remarqué des pertes d’emplois dans sa région.

« La limite de production se concentre sur le pétrole brut et c’est ce qu’on produit le plus ici », explique-t-il. Quand la production est réduite, les emplois directs et indirects de ce secteur sont menacés, ajoute-t-il.

M. Sawchuk avance que d’autres pertes d’emplois à Bonnyville auraient un effet « dévastateur », la municipalité étant déjà confrontée à la baisse du prix du pétrole depuis des années.

« On espère que le gouvernement va changer d’avis au sujet [de la méthodologie du calcul] pour permettre aux gens de continuer de travailler. »

— Une citation de  Greg Sawchuk, préfet de Bonnyville

Le préfet demande à la ministre de l’Énergie de l’Alberta, Margaret McCuaig-Boyd, et à la première ministre Rachel Notley de se prononcer à ce sujet. Les deux élues ont refusé de commenter le dossier mardi.

Plus de transparence

« Le programme pour limiter la production a certainement eu des conséquences inattendues », reconnaît Ben Brunnen, vice-président des sables bitumineux et des politiques fiscales pour l'Association canadienne des producteurs pétroliers. « Dans certains cas, on remarque que les investissements sont plus difficiles pour des entreprises. D’autres doivent fermer des secteurs, ce qui pourrait avoir des répercussions sur l’économie. »

Le prix du pétrole albertain a remonté depuis que le gouvernement a imposé cette mesure. Mais selon M. Brunnen, cela l'explique par le fait que cette mesure a rétabli la confiance dans le marché et non parce que les réserves de pétrole ont été écoulées.

Il demande plus de transparence de la part du gouvernement albertain pour que les entreprises sachent comment cette limite sera calculée et quand il y mettra fin.

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