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La motion conservatrice pour rééquilibrer les finances fédérales battue

Pierre Poilievre, devant un lutrin installé dans l'édifice ouest de la colline du Parlement.
Le porte-parole du Parti conservateur en matière de finances, Pierre Poilievre, a expliqué que la motion visait à forcer le gouvernement à déposer un plan de retour à l'équilibre budgétaire dans un délai raisonnable. Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Radio-Canada

À quelques mois des prochaines élections fédérales, le Parti conservateur voulait un engagement ferme des libéraux à rééquilibrer les finances publiques. Or, la motion déposée mardi par l'opposition a été battue à la Chambre des communes.

La formation d'Andrew Scheer cherchait à braquer les projecteurs sur l'incapacité du gouvernement libéral de Justin Trudeau à rééquilibrer les comptes publics.

En conférence de presse mardi avant-midi, le porte-parole conservateur en matière de finances, Pierre Poilievre, avait expliqué que la motion visait à forcer le gouvernement à déposer un plan de retour à l’équilibre budgétaire « dans une période raisonnable ».

Les conservateurs demandaient en outre au premier ministre Justin Trudeau de s’engager à ce que les libéraux « n’augmentent jamais aucune taxe » s’ils sont reportés au pouvoir l’automne prochain.

« S’il vote non, son agenda sera clair : un gouvernement libéral de Justin Trudeau réélu va augmenter les taxes des Canadiens », avait prophétisé M. Poilievre, en disant être certain que M. Trudeau nierait le tout.

« Il va essayer de convaincre les Canadiens qu’il peut emprunter pour rembourser la dette et qu’il peut juste forcer les autres à payer le prix pour ses dépenses », avait-il ajouté.

La réalité, c’est qu’après les élections, quand il n’aura plus besoin des électeurs, mais qu’il aura toujours besoin de leur argent, Justin Trudeau va augmenter les taxes. [Ça] va coûter une fortune aux Canadiens.

Pierre Poilievre, porte-parole du Parti conservateur en matière de finances

La motion conservatrice a finalement été battue par 212 voix contre 82, après un débat à la Chambre des communes.

Trudeau défend l'approche libérale

En après-midi, le premier ministre a défendu en Chambre l'approche économique de son parti.

« Nous n’avons pas et nous n’allons pas augmenter les taxes et les impôts pour les Canadiens », a-t-il soutenu, en réponse à des questions que lui posait en Chambre le lieutenant québécois de M. Scheer, Alain Rayes. « Au contraire, c’est nous qui les avons baissés. On les a baissés pour la classe moyenne en demandant aux mieux nantis de payer un peu plus en impôt. »

C’est ça qui choque les conservateurs, parce que depuis le début, eux, ils prônent la croissance économique en investissant et en donnant davantage aux mieux nantis pour créer cette croissance économique. Mais ça ne fonctionne pas.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

« Le trickle down [la théorie économique du ruissellement, NDLR] ne marche pas, ni au Canada ni ailleurs. Et c’est ce qu’ils ne comprennent pas. On a créé de la croissance économique en investissant dans la classe moyenne et on va continuer », a encore dit le premier ministre.

M. Trudeau a aussi fait valoir que des centaines de milliers d'emplois ont été créés au pays depuis que les libéraux ont pris le pouvoir, et que le taux de chômage est à son plus bas depuis des décennies.

Un gouvernement conservateur aura pour sa part un plan pour « graduellement retourner à un budget équilibré, tout en réduisant les taxes », avait assuré M. Poilievre mardi matin, sans donner d'information détaillée sur les compressions qui devraient être mises en œuvre pour parvenir à ce double objectif.

Le porte-parole conservateur en matière de finances allègue que le chef conservateur Andrew Scheer comprend les difficultés financières des Canadiens, puisqu’il est issu d’une famille de la classe moyenne, contrairement à M. Trudeau qui n’a jamais eu à se soucier de questions monétaires, puisqu’il a hérité d’une « grande fortune familiale ».

Les libéraux loin de leur objectif

En campagne électorale, en 2015, Justin Trudeau avait avancé que le déficit fédéral serait de 10 milliards de dollars au cours des deux premiers exercices financiers d’un mandat libéral et qu’il se résorberait légèrement en 2018-2019, avant un retour à l'équilibre budgétaire en 2019-2020.

Le gouvernement est loin de cet objectif à l’heure actuelle. Selon le dernier rapport du ministère des Finances publié cet automne, le déficit budgétaire s’est établi à 19 milliards de dollars pour l’exercice terminé le 31 mars 2018.

Le directeur parlementaire du budget a prévu cet automne que le déficit atteindra 21,3 milliards de dollars en 2019-2020, 17,4 milliards en 2020-2021 et 14,8 milliards de dollars en 2021-2022.

Il estimait la probabilité de voir les comptes fédéraux retrouver leur équilibre pour l'exercice 2021-2022 à 10 % et celle d'y parvenir en 2023-2024 à 30 %.

Dans sa dernière mise à jour économique, en novembre, le ministre des Finances, Bill Morneau, a prédit que le déficit fédéral passera à 11,4 milliards en 2023-2024.

À ceux qui exigent un retour plus rapide à l'équilibre budgétaire, il répliquait que le ratio dette/produit intérieur brut (PIB) poursuivait sa trajectoire à la baisse.

Selon le ministère des Finances, la dette fédérale s'élevait à 671,3 milliards de dollars au 31 mars 2018, ce qui équivalait à 31,3 % du PIB, en baisse de 0,7 point de pourcentage par rapport à l'année financière précédente.

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