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Meurtres en série : Bruce McArthur plaide coupable à Toronto

Bruce McArthur a plaidé coupable en cour le 29 janvier à huit chefs d'accusation de meurtre prémédité.

Photo : CBC/Pam Davies

Radio-Canada

Le Torontois de 67 ans Bruce McArthur a plaidé coupable à huit chefs d'accusation de meurtre prémédité. Les victimes sont pour la plupart des hommes gais qui avaient disparu de 2010 à 2017.

Le tueur en série est resté impassible lors de son audience en cour, mardi matin.

Les restes de ses victimes avaient été trouvés dans des pots de fleurs et dans un ravin derrière une propriété de Toronto où travaillait McArthur, grand-père et jardinier paysagiste.

La Couronne affirme que les meurtres sont de nature sexuelle et qu'ils ont été commis par strangulation avec une corde, le plus souvent. La défense confirme les faits.

Je ne sais pas si on saura un jour pourquoi [McArthur a tué ces huit hommes].

David Dickinson, détective de la police de Toronto

Le maire de Toronto, John Tory, souligne que la commission des services policiers a formé un comité pour se pencher sur les cas de disparition. Il espère que McArthur ne sera jamais libéré.

Il est un monstre qui s'est attaqué à notre ville.

John Tory, maire de Toronto

Tuées lors de jours fériés

Les victimes de Bruce McArthur étaient âgés de 37 à 58 ans.

La plupart avaient la peau foncée, fréquentaient les mêmes bars du quartier gai de Toronto et s’identifiaient à des « bears » (ours), des hommes poilus et corpulents.

Photo en mosaïque de huit hommes.

Les victimes présumées de Bruce McArthur: Skandaraj Navaratnam, 40 ans, Andrew Kinsman, 49 ans, Selim Esen, 44 ans, Abdulbasir Faizi, 44 ans, Kirushna Kumar Kanagaratnam, 37 ans, Dean Lisowick, 47 ans, Soroush Mahmudi, 50 ans et Majeed Kayhan, 58 ans.

Photo : CBC/Police de Toronto

Des documents de cour montrent que les victimes de McArthur disparaissaient lors de jours fériés, ce qui lui permettait d’enterrer leurs restes dans les jardinières d'une maison de l'artère Mallory, lorsque la propriétaire des lieux allait à la campagne. Il avait ainsi accès à sa résidence.

La propriétaire de cette demeure, Karen Fraser, qualifie la situation de surréelle. Elle a toujours connu McArthur comme un homme gentil qui adorait ses petits-enfants.

Un élément important dans l'enquête policière : les images de caméras de surveillance montrant l'une des victimes, Andrew Kinsman, en train de monter à bord de la fourgonnette de McArthur. La police avait ensuite trouvé l'ADN de M. Kinsman dans la fourgonnette.

Le site de rencontre entre hommes gais Squirt a par ailleurs aidé les enquêteurs à faire le lien entre l'opération Houston (de 2012 à 2014) sur la disparition des trois premières victimes et l’opération Prisme sur celle des cinq dernières (2017).

La police a trouvé dans l'appartement du tueur en série un sac contenant du ruban adhésif, des gants chirurgicaux, une corde et des seringues, notamment, ainsi que des objets appartenant à ses victimes.

Un rapport psychiatrique réalisé après que McArthur eut plaidé coupable, en 2003, à une accusation d'agression contre un travailleur du sexe indique qu'il acceptait mal son homosexualité lorsqu’il a quitté sa femme et leurs deux enfants en 1997.

Aucun signe toutefois de psychose ni de dépendance aux drogues ou à l’alcool, ni aucun trouble de la personnalité ou de comportement antisocial n'a été décelé chez McArthur.

La peine

La reconnaissance de culpabilité de McArthur évite la tenue d'un procès prévu dans un an.

Je suis vraiment content de voir que les familles [des victimes] n'auront pas à endurer un long procès, dit l'enquêteur David Dickinson.

McArthur écope automatiquement d'une peine de prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Le juge pourrait aussi lui imposer des peines consécutives pour chacun de ses meurtres, pour un total de 200 ans de prison. Une audience sur la détermination de la peine doit avoir lieu lundi prochain.

La Couronne et la défense se sont refusées à tout commentaire, mardi. Pour leur part, certaines familles n'ont pas voulu parler à la presse, alors que d'autres ont dit qu'elles commenteraient lorsque la peine serait rendue contre le meurtrier.

De son côté, la police continue à éplucher des cas de meurtres non résolus pour voir s'il pourrait s'agir aussi de victimes de McArthur, indique M. Dickinson.

Avec des renseignements fournis par Jean-Philippe Nadeau

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