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Rupture d'un barrage au Brésil : plus de 80 morts et cinq arrestations

Une femme autochtone, vêtue d'une coiffe de bois tressé rose et de plumes, contemple un poisson mort, recouvert de boue.

Une femme de la tribu Pataxo Ha-ha-hae, aux bords de la rivière Paraopeba, en contrebas du barrage de Corrego do Feijao.

Photo : Reuters / Adriano Machado

Radio-Canada

Le dernier bilan des autorités brésiliennes suite à la rupture du barrage de Brumadinho fait état de 84 morts et 276 disparus. Par ailleurs, cinq ingénieurs, dont deux travaillant pour une entreprise allemande, ont été placés en détention préventive mardi au Brésil, dans le cadre de l'enquête sur la catastrophe.

Pour le moment, seules 48 personnes ont été identifiées parmi les victimes. Dans un précédent bilan, les autorités dénombraient 65 morts.

Vendredi dernier, une digue s'est rompue sur le site d'extraction de minerai de fer de Corrego do Feijao, dans l'État du Minas Gerais, dans le sud-est du pays, libérant un torrent de boue qui a emporté des habitations de la localité voisine de Brumadinho, des bâtiments et des installations de la société minière.

À Brumadinho, les hélicoptères poursuivent l'évacuation des corps, suspendus dans des filets.

Les secouristes marchent avec prudence, de peur que leurs jambes s'enfoncent dans cette masse visqueuse dont la toxicité est encore inconnue.

À Corrego do Feijao, faubourg de Brumadinho où était situé le barrage, on se prépare à enterrer les victimes.

Je suis dans un film d'horreur. Ce sont des gens avec qui j'ai grandi. Je ne sais pas comment je vais pouvoir surmonter tout ça

Cleyton Candido, résident de Corrego do Feijao, à l'Agence France Presse

La vague de résidus miniers a aussi contaminé la rivière Paraopeba, qui traverse Brumadinho.

« L'eau de notre rivière était cristalline, mais les compagnies minières ne pensent qu'au profit », déplore à l'Agence France Presse Vanderlei Alves, chauffeur de 52 ans.

Cinq ingénieurs arrêtés

Cinq ingénieurs ont été arrêtés dans la matinée, deux à Sao Paulo et trois autres à Belo Horizonte, capitale du Minas Gerais.

Le parquet a précisé que ces trois derniers étaient des employés de Vale « directement impliqués » dans le processus d'octroi des « licences » qui permettent à la mine d'être en activité.

Les deux autres travaillent pour l'entreprise allemande TÜV SÜD, qui avait délivré en septembre un certificat de stabilité du barrage. Contactée samedi à Berlin, cette société a assuré qu'« aucun défaut n'a été constaté » lors de l'inspection du barrage.

La vache blanche est portée dans un filet. Deux personnes casquées assistent à la scène. L'une est debout, et semble donner des indications pour que l'opération soit menée à bien. L'autre est accroupie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une vache est suspendue dans les airs de la ville de Brumadinho, suite à la rupture du barrage.

Photo : Reuters / Washington Alves

Le parquet compte évaluer la responsabilité pénale de l'entreprise Vale dans la rupture du barrage et a placé sous séquestre dix milliards de reais (3,5 milliards de dollars) d'actifs de la compagnie minière afin de couvrir les dommages causés par l'accident.

La détention préventive des ingénieurs doit durer 30 jours et ils seront tous entendus par le parquet du Minas Gerais, a souligné le parquet, qui a également émis des mandats de perquisition.

Numéro un mondial de la production de minerai de fer, Vale a indiqué dans un communiqué que la compagnie « collabore pleinement avec les autorités ». Le géant minier a aussi indiqué « soutenir les familles affectées de façon inconditionnelle ».

Dix sites de Vale vont être démantelés

Le président de Vale, Fabio Schvartsman, a annoncé que la compagnie allait démanteler des structures comme celle qui a cédé à Brumadinho sur dix de ses sites au Brésil.

Ces interventions réduiront de 40 millions de tonnes la production annuelle de minerai de fer de Vale, soit une baisse de 10 %, a indiqué M. Schvartsman lors d'une conférence de presse à Brasilia, après une réunion avec le ministre des Mines et de l'Énergie et le ministre de l'Environnement.

Les actions de la firme Vale ont plongé lundi de 24 % à la Bourse de Sao Paulo, puis ont repris près de 4 % mardi à la mi-journée.

Près de 4000 barrages à haut risque au Brésil

Dans la foulée du drame de Brumadinho, le ministre chargé du Développement régional, Gustavo Canuto, a annoncé que le Brésil comptait près de 4000 barrages présentant un risque élevé.

Parmi ceux-ci, 205 comportent des déchets minéraux, a-t-il ajouté.

Selon ses dires, le pays n'a pas les ressources suffisantes pour réviser tout de suite l'ensemble de ces barrages. L'État va donc se concentrer sur ceux qui nécessitent les mesures les plus urgentes, a-t-il précisé.

Dans la matinée, le vice-président brésilien Hamilton Mourao a tenu une réunion avec plusieurs ministres pour évaluer un durcissement des normes de sécurité des barrages.

Le gouvernement Bolsonaro semblait pour l'instant plutôt enclin à assouplir les règles en matière de protection de l'environnement et critiquait le zèle des agences publiques chargées des contrôles.

Le quotidien économique Valor a notamment rappelé que l'ex-député Leonardo Quintao, parlementaire très lié au secteur minier et qui sera chargé des relations du gouvernement avec le Sénat, avait fait retirer d'un texte de loi deux dispositifs censés améliorer les contrôles des barrages.

Une catastrophe similaire à celle de vendredi dernier s'était produite en 2015, à une centaine de kilomètres à l'est de Brumadinho, sur une autre exploitation minière de la société Samarco Mineracao, appartenant conjointement à Vale et au groupe BHP.

Avec les informations de AFP, et Reuters

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