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Élections partielles dans Outremont : les partis testent leur machine électorale

Des affiches électorales des candidats politiques peuvent être vues dans une rue commerciale d'Outremont.

Le NPD va tenter de conserver la circonscription d'Outremont, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Virginie Gagnon-Leduc

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les néo-démocrates tiennent mordicus à garder orange la circonscription d'Outremont, à Montréal, laissée vacante par leur ancien chef Thomas Mulcair, mais les troupes de Justin Trudeau entendent bien reprendre cet ancien château fort libéral. L'issue de l'élection complémentaire pourrait donner un avant-goût du scrutin général d'octobre.

Un texte de Fannie Olivier

Si, il y a quelques semaines, beaucoup d’électeurs de la circonscription ne savaient pas qu’ils seraient appelés aux urnes sous peu, c’est désormais difficile de l’ignorer. Les pancartes électorales ont envahi les rues du Mile-End, d’Outremont et de Côte-des-Neiges, trois quartiers regroupés dans la même circonscription montréalaise.

Armée de ses dépliants, la candidate néo-démocrate Julia Sanchez sillonne les rues d’Outremont et interpelle les passants.

« Vous habitez le quartier? Vous savez qu’il y a une partielle? Thomas Mulcair a pris sa retraite », signale-t-elle aux résidents. Certains s’arrêtent pour en savoir davantage, d’autres s’excusent et tentent d’attraper au pas de course leur autobus.

Une femme portant des lunettes et un foulard autour du cou sourit.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Julia Sanchez, candidate du NPD dans la circonscription d'Outremont

Photo : Radio-Canada / Virginie Gagnon-Leduc

Julia Sanchez, ancienne présidente du Conseil canadien pour la coopération internationale, croit que sa carrière en développement humanitaire sera un atout dans cette circonscription où la diversité est bien visible.

Mais la néophyte en politique est lucide : la bataille électorale sera féroce.

Ça va être difficile, c’est évident. C’est compréhensible que les libéraux vont tout faire pour essayer de reprendre Outremont. Et nous, on va tout faire pour le garder!

Une citation de : Julia Sanchez, candidate du NPD dans Outremont

La pression sur ses épaules est forte. Julia Sanchez est pleinement consciente du caractère symbolique que revêt Outremont pour les troupes néo-démocrates. En 2007, la victoire de Thomas Mulcair a jeté les bases de la vague orange qui a déferlé sur le Québec cinq ans plus tard.

« C’est tellement important de garder Outremont. Pas juste pour le NPD, mais pour le mouvement progressiste à Montréal, au Québec et au Canada », affirme-t-elle.

Libéraux mobilisés

À quelques rues du local de campagne de Julia Sanchez, la candidate libérale Rachel Bendayan ne ménage pas les efforts pour lui damer le pion et enchaîne les coups de téléphone aux électeurs.

L’avocate et ancienne chef de cabinet de la ministre de la Petite Entreprise et du Tourisme était candidate en 2015. Elle pense que cette fois sera la bonne.

On sent vraiment un engouement ici, dans le comté [...] Je pense que ça aide aussi que les gens aient vu à quel point nous avons mis des politiques en place qui les touchent.

Une citation de : Rachel Bendayan, candidate libérale dans Outremont
Une femme aux cheveux longs et frisés regarde la journaliste lors d'une entrevue.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Rachel Bendayan, la candidate libérale dans Outremont

Photo : Radio-Canada / Virginie Gagnon-Leduc

Une affiche géante de Justin Trudeau a été installée au centre de son local de campagne. Le premier ministre a également mis la main à la pâte lundi soir en l’accompagnant dans ses activités de porte-à-porte.

Si Rachel Bendayan mise sur la notoriété de son chef pour se faire élire, elle dispose aussi d’un autre atout : une machine électorale bien rodée.

« Hier soir, on avait 17 équipes de bénévoles sur le terrain à faire du porte-à-porte », note-t-elle.

Elle doit toutefois défendre la décision du gouvernement Trudeau d’acheter le pipeline Trans Mountain. Beaucoup d’électeurs rencontrés dans la rue s’y opposent. Une irritation sur laquelle promet d’ailleurs de miser son adversaire néo-démocrate.

Un test pour cet automne

Le Québec jouera un rôle de premier plan dans la stratégie des partis fédéraux cet automne. Pour conserver leur majorité, les troupes de Justin Trudeau espèrent ravir une bonne partie des sièges néo-démocrates de la province.

« Le Québec, comme vous le savez, est une grande priorité pour le Parti libéral du Canada », affirme Pablo Rodriguez, qui coprésidera la prochaine campagne libérale fédérale au Québec.

Il est déjà à l’œuvre sur le terrain.

« On sillonne le Québec, non seulement les ministres, mais les députés aussi. On l’a fait récemment – on le fait encore – dans l’espoir de gagner un plus grand nombre possible de sièges », précise le ministre du Patrimoine.

Le lieutenant québécois du NPD, Alexandre Boulerice, refuse de lui laisser le champ libre. Il veut défendre les 15 sièges actuellement occupés par des néo-démocrates au Québec, mais également trouver le moyen de faire des gains.

« On regarde les endroits où Québec solidaire et Projet Montréal ont eu des résultats qui sont forts et intéressants. Il n’y a pas d’automatisme de transfert, mais c’est les mêmes types d’électorats. C’est sûr qu’on regarde ça de manière très attentive », explique M. Boulerice.

Le politologue André Lamoureux, chargé de cours à l’UQAM, estime toutefois que le NPD aura beaucoup de mal à conserver ses acquis dans la province.

Selon lui, l’actuel chef Jagmeet Singh n’est pas aussi proche du Québec que l’étaient Thomas Mulcair et Jack Layton avant lui.

« Il y a eu sur certains dossiers des positions du NPD diamétralement opposées aux aspirations des Québécois. Et ça, ça va lui faire mal, croit M. Lamoureux. Peut-être que le Bloc québécois va en profiter aussi pour se placer dans des circonscriptions en province. On sait aussi que les conservateurs sont en pleine forme. »

Un homme portant un manteau noir discute avec une journaliste lors d'une entrevue sous la neige.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le politologue André Lamoureux

Photo : Radio-Canada

À ses yeux, le port des signes religieux et les seuils d’immigration risquent de constituer des enjeux qui nuiront aux néo-démocrates dans la province.

Autres partis

Dans la rue, alors qu’elle distribue des dépliants, la candidate libérale Rachel Bendayan croise par hasard sa rivale conservatrice, Jasmine Louras. Les deux candidates éclatent de rire avant de poursuivre leur chemin.

Si l’on se fie aux résultats électoraux obtenus en 2015, les chances de Mme Louras de l’emporter le 25 février prochain sont limitées.

Tout comme pour que le candidat du Bloc québécois, l’auteur Michel Duchesne, le candidat du Parti vert, Daniel Green, ou celui du Parti populaire du Canada, James Seale.

Mais ce pourrait être une tout autre paire de manches ailleurs. À neuf mois du scrutin général, bien des facteurs peuvent encore influer sur le vote des électeurs.

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