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Les entrepreneurs en construction inquiets de la pénurie de main-d’œuvre

Une tour d'appartements dans le centre-ville de Montréal est en train d'être construite.
La pénurie de main-d'oeuvre nuirait à la production de 81 % des entreprises de construction sondées. Photo: La Presse canadienne / Paul Chiasson
La Presse canadienne

Les entrepreneurs en construction résidentielle se disent préoccupés par une pénurie de main-d'œuvre dans ce secteur; 88 % d'entre eux disent être concernés ou même menacés par une telle pénurie.

Cette donnée ressort d'un sondage de la maison Léger réalisé pour le compte de l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ), et dont La Presse canadienne a obtenu copie.

Cette pénurie toucherait surtout les charpentiers-menuisiers, puis, dans une moindre mesure, les plâtriers, les peintres, les carreleurs, les briqueteurs-maçons, les manœuvres et les plombiers. En fait, 43 % des entrepreneurs qui ont répondu au sondage ont affirmé avoir eu de la difficulté à recruter des charpentiers-menuisiers et 14 % ont éprouvé une difficulté similaire pour les plâtriers. Pour les autres métiers, la proportion est de 8 % ou moins.

Les employeurs disent avoir eu de la difficulté à recruter des compagnons (76 %) et des apprentis (66 %).

Croissance touchée

La pénurie serait telle qu'elle aurait touché la croissance de l'entreprise, selon 81 % des entrepreneurs interrogés; la productivité, selon 79 % d'entre eux; et le respect des échéanciers dans 78 % des cas, a mentionné François Vincent, porte-parole de l'APCHQ, au cours d'une entrevue lundi.

Comme les entreprises de construction résidentielle sont souvent petites, avoir peine à recruter un seul ouvrier peut représenter une sérieuse entrave à leur développement. Certaines ont dû refuser des contrats, a souligné M. Vincent.

Ça affecte les entreprises. L'année passée, les entreprises ont cherché à combler quatre postes, deux compagnons et deux apprentis. Quand on considère que la majorité des entreprises de notre secteur d'activité économique ont cinq employés et moins, on voit que ça affecte la croissance.

François Vincent, porte-parole de l'APCHQ

Pourtant, on entend souvent dire que la pénurie de main-d’œuvre touche essentiellement des métiers peu rémunérés et peu qualifiés. Or, c'est loin d'être le cas dans l'industrie de la construction.

Causes et solutions

M. Vincent cite comme causes la pyramide des âges et un nombre insuffisant de jeunes intéressés par les métiers de la construction.

« On peut en former plus. Il faut parler de la construction comme étant un métier qui a de l'avenir et qui est intéressant. C'est un métier qui a de bonnes conditions de travail » et de bons salaires, a rappelé M. Vincent.

Ça prend aussi des solutions concrètes et applicables rapidement.

François Vincent, porte-parole de l'APCHQ

Entre autres solutions, il cite : améliorer le rapport compagnon-apprenti, qui est actuellement de un pour un; améliorer les exemptions pour les cartes de compétence pour les enfants d'entrepreneurs; accélérer l'accès aux cartes de compétence dans l'industrie de la construction; et accroître la polyvalence des métiers.

Le sondage a été réalisé par téléphone auprès de 750 employeurs du secteur résidentiel, des entreprises de toutes tailles et provenant des différentes régions du Québec. Il a été mené du 1er au 15 novembre dernier.

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