•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

En ville ou en milieu rural : tous égaux face au don d’organes?

Des chirurgiens procèdent à une transplantation d'organe.
Seulement 3 % des personnes inscrites dans le registre des donneurs d'organes du Manitoba auront l’occasion de donner leurs organes, estime le Dr Denis Fortier, médecin en chef de Santé Sud. Photo: iStock
Gavin Boutroy

Au Manitoba, seuls deux hôpitaux de Winnipeg sont équipés pour prélever les organes des donneurs. Tout comme en Alberta et en Saskatchewan, les hôpitaux en milieu rural ne font pas ces prélèvements. Les personnes vivant en milieu rural ont-elles le même accès au don d'organes qu'en ville?

Pour comprendre comment le Manitoba assure un accès égal aux donneurs provenant des quatre coins de la province, il faut savoir qu’il existe seulement deux situations dans lesquelles ces organes peuvent être prélevés.

Le Dr Adrian Robertson est le directeur médical du programme Gift of Life de la société de transplantation Transplant Manitoba. Pour prélever les organes d'un donneur, explique-t-il, il faut que le patient soit en état de mort cérébrale ou qu'il soit en état de mort cardiocirculatoire, et que les traitements essentiels au maintien de la vie aient été interrompus avec l’approbation des médecins et de la famille.

« La majorité des gens meurent d'une manière qui les empêche d’être donneurs d’organes », note-t-il.

Seulement 3 % des personnes inscrites dans le registre des donneurs d'organes du Manitoba auront l’occasion de donner leurs organes, estime de son côté le Dr Denis Fortier, médecin en chef de Santé Sud. Mourir des suites d'un cancer, d'un accident ou d'une maladie chronique peut exclure un donneur potentiel.

Transportés à Winnipeg

« En général, pour être capable de faire un don d’organes, la personne doit être encore en vie. Elle peut par exemple être intubée. Ses organes doivent aussi être en bon état et elle ne doit pas souffrir de maladie chronique. La probabilité de réunir tous ces critères en milieu rural est à peu près de zéro », indique le Dr Fortier.

Denis Fortier souriant dans l'atrium d'un immeuble. Le Dr Denis Fortier Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

En effet, dit-il, c’est souvent en cas d’accident grave qu’un patient se retrouve en état de mort cérébrale ou qu'il reçoit des traitements essentiels au maintien de la vie. La victime d’un tel accident est presque inévitablement transportée à Winnipeg, dans un service de soins intensifs.

« La procédure de transfert aux soins intensifs serait exactement la même pour une personne ayant une blessure cérébrale majeure, qu’elle soit à Winnipeg, à Beausejour ou à Steinbach », affirme le Dr Adrian Robertson.

« L’accès aux dons d’organes est probablement équivalent partout au Manitoba », en conclut-il.

Deux hôpitaux sont équipés

Au Manitoba, les prélèvements d’organes se font dans deux endroits de Winnipeg : l’Hôpital Saint-Boniface et le Centre des Sciences de la santé. Ces interventions requièrent des équipes et de l’équipement spécialisés.

Tissus ou organes?

Denis Fortier tient à distinguer le don de tissus du don d’organe. « Quand on parle d’organes, on parle du cœur, du foie, des reins, etc. Dans le cas des tissus, on parle des ligaments, des yeux [la cornée], etc. », dit-il.

Si les organes ne peuvent être prélevés que dans les deux grands hôpitaux de Winnipeg, en revanche, les hôpitaux en milieu rural peuvent prélever des tissus, explique le Dr Fortier, affirmant que la région sanitaire du Sud examine la façon de parvenir à extraire et à transporter une plus grande variété de tissus issus de patients en milieu rural.

Ailleurs au Canada

Selon le Dr Robertson, le Manitoba se compare aux autres provinces en matière d’accès aux prélèvements d’organes à des fins de dons, même si certaines provinces ont plus de centres qui offrent ce service.

« Ça dépend vraiment de la géographie de la province. [...] En Alberta ou en Saskatchewan, où il y a un grand centre urbain plus au nord et un autre plus au sud, c’est logique qu’il y ait des centres dans chacun de ces lieux », fait-il valoir.

Le Dr Adrian Robertson.Dr Adrian Robertson, directeur médical du programme Gift of Life (don de vie) de la société de transplantation Transplant Manitoba Photo : Radio-Canada / Lyzaville Sale

En Alberta, les transplantations d’organes ont toutes lieu à l’Hôpital de l’Université de l’Alberta, à Edmondon, ou au Centre médical Foothills, à Calgary. Les prélèvements d’organes se font dans ces établissements, ainsi que dans deux autres hôpitaux d'Edmonton (Royal Alexandra et Grey Nun) et dans cinq autres centres à Calgary (Hôpital des enfants, Centre médical Foothills, Centre Peter Lougheed, Hôpital général Rockyview et South Health Campus).

Un porte-parole de la province indique que, comme au Manitoba, les patients venant de régions rurales et souhaitant donner leurs organes sont habituellement transférés dans le service de soins intensifs d’un hôpital urbain. On procède de la même façon en Saskatchewan, confirme le gouvernement provincial, qui précise que le prélèvement d’organes se fait uniquement dans les centres de soins intensifs de Saskatoon et de Regina.

« Ainsi, des patients de partout dans la province sont des donneurs d’organes potentiels », indique un porte-parole de la Saskatchewan.

En Ontario, on trouve une concentration de grands centres urbains sur un territoire relativement restreint. « Cette situation géographique est bien adaptée à un plus grand nombre de lieux », affirme le Dr Robertson. Il ajoute que les équipes de prélèvement d’organes de l'Ontario sont plus mobiles que dans la plupart des autres provinces et qu'elles peuvent prélever des organes dans un plus grand nombre d’hôpitaux.

Manitoba

Santé publique