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Chine : « John McCallum ne pouvait rester en poste », constate la ministre Freeland

Chrystia Freeland en mêlée de presse dans le foyer des Communes.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, affirme que la tâche première d'un ambassadeur est d'exprimer les positions du gouvernement qu'il représente.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les déclarations de l'ex-ambassadeur John McCallum dans le dossier de Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois des technologies Huawei, arrêtée à la demande des États-Unis, n'étaient pas conformes aux positions du gouvernement du Canada, et c'est ce qui lui a coûté son poste, selon la ministre canadienne des Affaires étrangères.

« La tâche principale d’un ambassadeur est d’exprimer de façon précise les positions de son gouvernement. John [McCallum] ne l’a pas fait et c’est pourquoi il ne pouvait rester en poste », a affirmé Chrystia Freeland en mêlée de presse, lundi, juste avant la période des questions à Ottawa.

Elle a tout de même tenu à rendre hommage à son ami John McCallum. « Il a eu une carrière distinguée en tant qu’économiste, en tant que député, en tant que ministre. Je respecte John beaucoup et il a fait beaucoup pour les Canadiens et les Canadiennes », a déclaré Mme Freeland.

L'origine du conflit

Le litige diplomatique qui oppose la Chine et le Canada a pris naissance avec l’arrestation par les autorités canadiennes à Vancouver de Meng Wanzhou, que les États-Unis soupçonnent d’avoir cherché à contourner, au moyen d’une filiale, les sanctions commerciales imposées à l’Iran. Les États-Unis, qui l'accusent de fraude, ont demandé son extradition.

La semaine dernière, l'ambassadeur McCallum a commenté le dossier de Meng Wanzhou en disant qu’elle avait de bons arguments à faire valoir contre son extradition aux États-Unis. Depuis le début de l’affaire, le gouvernement Trudeau s’était pourtant refusé à tout commentaire, en s’appuyant sur le fait que le Canada est un État de droit et que la classe politique est indépendante du système judiciaire.

Le chef de l’opposition officielle, Andrew Scheer, a immédiatement lancé un appel au congédiement de M. McCallum, mais Justin Trudeau a refusé.

Après avoir publié jeudi un communiqué dans lequel il soutenait que ses mots avaient dépassé sa pensée et où il se disait désolé que ses commentaires « aient semé la confusion », M. McCallum en a rajouté vendredi en avançant que, « du point de vue du Canada, si [les États-Unis] abandonnaient la demande d’extradition, ce serait bien pour le Canada ».

En soirée, il a accepté de démissionner.

« On doit avoir des explications et un sens de la direction où le Canada s'en va; j'espère avoir une réponse de la part du gouvernement assez rapidement », a déclaré le député néo-démocrate Guy Caron en point de presse, lundi.

Le chef conservateur Andrew Scheer a employé le terme « catastrophe » pour qualifier la politique étrangère des libéraux au cours d'une période des questions occupée en grande partie par ce sujet.

Victimes canadiennes du froid diplomatique avec la Chine

Préoccupée par la détention de Canadiens en Chine, la ministre Freeland souligne que leurs dossiers sont prioritaires pour le gouvernement.

Michael Kovrig et Michael Spavor sont détenus en Chine depuis le mois de décembre et accusés par les autorités d’avoir mis en danger la sécurité nationale.

Leur arrestation est survenue peu de temps après celle de Meng Wanzhou.

« C’est une situation difficile et, surtout, je veux souligner que c’est une situation difficile pour M. Kovrig et M. Spavor. Tous nos efforts, mes efforts et les efforts du premier ministre, les efforts de notre gouvernement, ont comme cible la situation de MM. Kovrig et Spavor », a souligné la ministre des Affaires étrangères.

De nombreux alliés autour du monde ont publiquement appuyé la position canadienne dans ces dossiers.

Chrystia Freeland est convaincue que les appuis de l’Union européenne, de la France, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, de l’Espagne, des Pays-Bas, de l’Australie, de la Lettonie, de l’Estonie et des États-Unis feront avancer les choses, tout comme la lettre ouverte signée par plus de 140 professeurs et anciens diplomates qui a été publiée la semaine dernière en appui à MM. Kovrig et Spavor.

La ministre Freeland soutient ne pas avoir de renseignements concernant un autre Canadien qui aurait été arrêté en Chine, relativement à des allégations de fraude. Les informations actuelles proviennent du South China Morning Post, qui cite des médias locaux. « Pour l’instant, nous n’avons pas de détails. Si jamais nous recevons des informations supplémentaires, bien sûr nous les communiquerons à nos concitoyens », a affirmé la ministre.

Justin Trudeau n’a pas encore appelé le président Xi Jinping. Ce serait la dernière carte dans le jeu du gouvernement canadien. À quel moment le premier ministre voudra-t-il la jouer? Cela reste à déterminer.

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