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Le bureau pour lutter contre la radicalisation à Gatineau accuse du retard

Une affiche sur laquelle on peut lire : « Un doute? Une inquiétude? C'est le temps d'en parler! »

Une affiche du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Agnès Chapsal

Annoncée pour 2018, l'ouverture du bureau du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV) se fait attendre, tandis que la province commémore mardi les deux ans de l'attentat qui a fait 6 morts et 8 blessés à la grande mosquée de Québec.

Le 1er septembre 2017, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, et le directeur du CPRMV, Herman Deparice-Okomba, avaient annoncé l'ouverture d'un bureau à Gatineau pour 2018. Depuis, la Ville a tenu un premier sommet sur le vivre-ensemble, au printemps 2018, à l'issue duquel plus de 400 policiers ont été formés pour prévenir la radicalisation.

Mais pour l'heure, c'est le statu quo à la Ville de Gatineau dans ce dossier. Aucun financement n'a été attribué pour l'ouverture du bureau et pour son bon fonctionnement. Aucune date de lancement n'a été divulguée.

Ce dossier n’est pas revenu au conseil municipal pour être discuté lors du vote du budget. Il n’y a donc aucune décision de prise quant à l’exploration de ce dossier par la Ville de Gatineau, a indiqué le cabinet du maire dans un courriel adressé à Radio-Canada.

C'est un dossier qui appartient au maire, a précisé, pour sa part, le Service des communications de la Ville.

Maxime Pedneaud-Jobin n'était pas disponible pour une entrevue à Radio-Canada lundi.

Une radicalisation d'extrême droite

La Ville de Gatineau est toutefois toujours en discussion avec le CPRMV dans ce dossier.

On est encore en discussion avec le maire de Gatineau. On travaille de manière complémentaire avec [la Ville], a souligné Benjamin Ducol, responsable de la recherche au CPRMV.

Un homme dans un studio d'enregistrement.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Benjamin Ducol, responsable de la recherche au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV)

Photo : Radio-Canada / Philippe Couture

Gatineau est classée troisième au niveau provincial en ce qui concerne le volume d'appels reçus au CPRMV à Montréal.

On travaille de manière très récurrente dans la région sur un certain nombre de situations, avec un certain nombre de partenaires, a assuré le responsable.

Créé en mars 2015 et basé à Montréal, le centre opère au niveau du Québec dans son ensemble, mais selon M. Ducol, la radicalisation et l'extrémisme violent possèdent des spécificités locales dont il faut tenir compte.

Depuis 2017, on est en contact avec la mairie de Gatineau pour éventuellement développer une approche beaucoup plus locale, parce que la radicalisation et l'extrémisme violent possèdent à la fois une dimension globale - on a des traits communs -, mais ont aussi des fondements et des articulations extrêmement locales. , a-t-il conseillé.

Ce qui se passe à Québec n'est pas la même chose que ce qui se passe à Montréal ou à Gatineau. Et donc il faut tenir compte de cette spécificité locale pour être en mesure de bien dresser le problème.

Benjamin Ducol, responsable de la recherche au CPRMV

Depuis 2015, le contexte a évolué, passant de la radicalisation d'un certain nombre de jeunes du Québec vers des groupes djihadistes à une radicalisation d'extrême droite. Le centre reçoit annuellement de 200 à 300 appels pour des signalements en lien avec des phénomènes de radicalisation dans la province.

Sensibilisation et prévention

M. Ducol croit que beaucoup de prévention et de sensibilisation restent à faire pour lutter contre la radicalisation, en particulier contre les crimes haineux, et ce, d'autant plus que ce ne sont pas toutes les victimes d'actes haineux qui les signalent aux autorités policières.

Le terrorisme, c'est seulement la pointe de l'iceberg. Heureusement, on n'a pas des risques d'attentat ou des risques d'actes terroristes chaque semaine, a affirmé Benjamin Ducol. La plupart des conséquences ou des manifestations de la radicalisation des extrémismes, c'est plutôt des actes haineux du quotidien : des insultes à caractère raciste et des comportements xénophobes ou haineux [...] Et là-dessus, on a énormément de sensibilisation et de prévention à faire parce qu'il y a tout un tas de mécanismes qui ne sont pas en place.

Pour sa part, la communauté musulmane de Gatineau se dit toujours favorable à l'ouverture de ce bureau.

Un imam.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ahmed Limame, imam au Centre islamique de l'Outaouais

Photo : Radio-Canada

Nous, en tant que communauté musulmane et en tant que composante de la société gatinoise, nous avons accueilli favorablement l'idée et nous la supportons encore, a réitéré Ahmed Limame, imam au Centre islamique de l'Outaouais.

J'espère qu'il verra le jour, a-t-il ajouté.

Commémorations

Le Centre Islamique de l'Outaouais commémore mardi l'attentat de la grande mosquée à Québec. Tous les citoyens sont conviés à une cérémonie qui aura lieu à 18 h 30 au 4, rue Lois, à Gatineau. Deux invités d'honneur seront présents : Aymen Darbali, victime de l'attentat, et l'imam Hassan Guillet.

Avec les informations de Yasmine Mehdi

Ottawa-Gatineau

Crime haineux